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SERVICE DES ANTIQUITES DE L’EGYPTE
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LE CAIRE
IMPRIMERIE DE L'INSTITUT FRANCAIS D’ARCHEOLOGIE ORIENTALE
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ANNALES DU SERVICE DES ANTIQUITES
DE LEGYPTE.
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SUITE
DE LA NOTE SUR UN TEMPLE MYSTERIEUX
QUI EXISTERAIT DANS LE DESERT A LOUEST DU SAID
PAR
M. GASTON MASPERO.
Vai publié il y a huit ans, dans ces Annales"), quelques documents relatifs 4 un temple qui existerait 4 l’ouest du Nil, dans le désert de Nubie, a la hauteur d’Amada ou d'Ibsamboul. Je montrais que la tradition en était déja fort ancienne et qu’elle se rattachait 4 des notions mythologiques connues : depuis lors un fait s’est passé qui prouve combien elle reste vivace, et avec quelle facilité les Européens eux-mémes se laissent aller 4 1a croire vraie.
En janvier 1906, M. Breasted Yentendit raconter tandis qu'il était d Ibsamboul, et il apprit en méme temps que plusieurs voyageurs s’étaient lancés 4 la recherche du temple, mais sans réussir 4 lapprocher. «Un cindigéne me dit que M. Maspero prit huit chameaux, il y a beaucoup «d’années de cela, et qu'il battit le désert pendant trois jours en poursuite svaine de ce temple fabuleux. Je n’ai jamais demandé 4 M. Maspero ce
© G. Maspero, Sur l’existence d’un Temple mystérieux, dans les Annales du Ser- vice, t. II, p. 146-153. Annales du Service , 1909. :
-« @
[2] ache
«qu'il y avait de vrai dans cette histoire. En tout cas, un des villageois s’ap- «procha de moi pour répondre aux questions que je leur faisais poser, et cil m’assura qu'il avait découvert ce temple depuis Pexpédition de M. Mas- pero, et quil pouvait m’y conduire. Engageant done le nombre de cha- smeaux nécessaires, je piquai droit dans le désert avec cet homme, un «beau matin, résolu 4 voir le temple fantéme. Dans une exploration de ce sgenre, on ne devrait jamais oublier que les naturels de la Nubie appli- «quent le terme birbéh «temple», toute espéce de constructions; ils yont ejusqu’d appeler birbéh une niche ou une tombe ordinaire creusée dans rune paroi de rocher. Nous enfilames un ouady 4 un quart de mille au «sud du temple du Soleil, puis nous abandonndmes le Nil, et nous mar- schdmes dans la direction du nord-ouest l’espace de vingt minutes apres sayoir escaladé le plateau. A ce point nous tourndmes au nord et nous che- «mindmes dans le désert I’espace de deux heures, en nous écartant du Nil «sous un angle de 45°. Mon guide m’indiqua alors quelque chose qui, je «dois l’avouer, ressemblait singulitrement 4 un édifice & moitié enseveli
esous le sable, dans la direction du nord, et je poussai allégrement devant —
«moi pour l’examiner de plus prés, curieux de savoir ce qu’était ce sanc- «tuaire mystérieux du désert. A mesure que nous approchions, le prétendu cédifice se résolut en une masse de roche isolée qui jaillissait brusque- «ment du sable, et que percaient de part en part deux ouvertures a travers elesquelles on apercevait distinctement des collines de Vhorizon lointain. «Une de ces ouvertures ressemble beaucoup a une porte, cet, pour com- «pléter Villusion, un des cétés est couvert de nombreux dessins préhis- «loriques — deux bateaux, deux girafes, deux autruchés, une quantité de «petits animaux — qu’un indigéne peut prendre aisément pour de I’écriture chiéroglyphique. On ne saurait douter que cette curieuse formation natu- crelle et les dessins qui la recouvrent n’aient donné naissance & la Iégende edu temple qui existe dans le désert derridre Abousimbel \), »
J’ai déja montré, dans la note d laquelle je faisais allusion plus haut, que toute la Haute-Egypte et toute la Nubie, d’Esnéh A Ouady Halfah, est per- suadée de Vexistence de ce temple. Le paysan qui conduisit M. Breasted s'imaginait lavoir découvert, mais ce n’est pas son rocher pereé qui a donné
" G. H. Breasten, The Temples of Lower Nubia, 1906, t. 1, p. 35-36.
1 : 7
sath iver [3] naissance d la légende : il a appliqué 4 celui-ci histoire qui court depuis des siécles dans ces contrées, et dont la variante la plus ancienne suppose un temple réel. Quoi qu’il en soit, je puis assurer M. Breasted que je n’ai jamais entrepris l’expédition un peu vaine dont son guide lui parlait, ce qui ne veut pas dire qu'elle n’ait pas eu lieu. L'inspecteur d’Edfou, Moham- med Effendi Mahmoud, !’accomplit il y a dix-sept ans par ordre de M. de Morgan. Ia bien voulu m’adresser, Ala date du 25 janvier 1907, une lettre par laquelle il m’informait des circonstances dans lesquelles elle eut lieu.
«En 1893, un des habitants du village de Koubbania, district d’Assouan, informa M. de Morgan, alors directeur du Service des Antiquités, que, «dix années auparavant, son esclave ndgre s’enfuit de chez lui. Il le chercha «dans le désert de l'Ouest, et il apercut, apres deux jours de voyage, un «petit temple bati en pierre et peint de couleurs vives. Il rentra alors chez «lui, pria ses parents de l’accompagner, et, tous ensemble, ils partirent a sla recherche du temple, mais ils ne réussirent pas 4 le trouver de nou- x veau. M. de Morgan ayant appris le fait, chargea l’inspecteur d’Edfou d’en svérifier Vexactitude. I partit donc avec d’autres personnes sur des cha- xmeaux de Koubbania, et, poussant toujours avant, il finit par atteindre ele mont El Féra a soixante-dix kilometres du Nil; il explora pendant «quatre jours sans résultat, puis il regagna la vallée par Ramadi, n’ayant «point rencontré le temple en question “!), »
® Voici le texte arabe de cette lettre qui porte le n° 31 au registre de 1907 :
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Ree sie) sp us’ lay SF eolett BI frie a 14:V Kia yalin bo 1.
(4) —4—
C'est, on le yoit, une histoire du genre de celle qu’Ahmed Effendi Néguib m’ayait contée en 1g00 : un homme de Koubbanich est obligé par une cause fortuite de voyager dans le désert, et il y rencontre des ruines anti- ques qu’il ne peut plus retrouver par la suite, si assiddment qu'il les cherche. Le souvenir de la course entreprise en 1893 a élé transféré de M. de Morgan \ moi : il passera, je n’en doute pas, 4 mon successeur, et aussi longtemps que la légende subsistera, on affirmera aux voyageurs que le directeur des Antiquités est parti comme les autres 4 la recherche de la ville introuvable, et que, pas plus que les autres, il ne I’a trouvée.
G. Masprro.
NOTES DE VOYAGE
_ PAR
M. GASTON MASPERO.
IV
Sur le montant sud de la face est de la grande porte d’entrée du temple de Kalabchch, deux inscriptions coptes ont été mises au jour pen- dant les derniers travaux de restauration. Elles sont superposées l’une a ‘Yautre, et séparées par une croix de la forme latine -+. Elles ont été ___ tracées a la pointe par un ouvrier maladroit, peut-ctre par ’homme méme _ dont elles nous rappellent le souvenir : les lettres sont claires mais rapides, et les lignes sont irréguliéres. Celle d’en haut se lit :
ANOKMAYAOC MpECcBy TEPOC TA2G@)AHA MNGIMA nq@opn
«Moi, Paul, prétre, j'ai prié en ce lieu pour la premiére fois» : une _ grosse croix grecque , égale en hauteur aux trois lignes, est gravée assez _ profondément sur la droite. La seconde inscription est ainsi congue :
Te anoxnAY?OF€ (sic) XPpc MpéECcBy TEPOC : A TAOyw2ncTayPpoc @ MniMANdopn
«J.-Christ, a-w! — Moi, Paul, le prétre, j’ai dressé la Croix en ce lieu pour la premiére fois!» Une petite croix grecque est gravée sur la droite, 4 1a hauteur de 1a seconde ligne. .
: Le prétre Paul ne m’est pas connu dailleurs, et jai cherché son nom _ yainement dans le reste du temple. Si !’on en croit ses inscriptions, il joua
3 dans Talmis le meme réle que l’évéque Théodore 4 Phile : il fut le premier
[2] ates
dy dresser la Croix et A y prier selon le rite chrétien. Rien ne nous dit 4 quelle époque il le fit, mais on peut croire que ce fut vers la fin du régne de Justinien, aprés que la chute de l'empire blemmye eut ouvert officiel- lement la Nubie au christianisme. L’église daterait en ce cas de la fin du vi’ siécle, et c'est bien 4 cette époque que nous raméne le style des pein- tures dont on voit les traces sur le mur du pronaos.
Les deux inscriptions offrent, la premiére sirement, la seconde avec doute et en surcharge, une particularité grammaticale curieuse, ce temps en —ae—, —2—, dérivé de %, har, dont on a signalé tant d’exemples depuis quelques années"), Il semble s’étre conservé dans le dialecte de Nubie, ou du moins dans le dialecte que le prétre Paul employait avec le préfixe en ‘ra, mais pour le passé. On remarquera dans la seconde inserip- tion que le graveur avait d’abord oublié le 2 hort, et quil Va rétabli ensuite en plus petit entre les lettres : c'est done bien le temps en —2— que le prétre Paul voulait employer.
V
Comme je regardais la paroi nord du vestibule du petit spéos de Beit-Oualli, M. Barsanti appela mon attention sur un cartouche qui lui paraissait avoir été gravé en surcharge sur un cartouche plus ancien. Il
eroyail y voir, entre -— du premier prénom de Ramsés II et
le bas du cartouche LJ, un signe = : Ramsés II aurait usurpé un monument de ( © d = . Nibmaouriya Aménéthés HI. Vérification faite,
il n’y a pas de = échappé a la destruction d’un cartouche antérieur, mais la saillie de la pierre comprise entre —-— et le bas \_J de l’enroulement (= donne Timpression du signe += et explique la lecture de Barsanti. Tou- tefois un point ressortit de cet examen : les deux cartouches de Ramses II, placés en avant de la téte du souverain, en contre-has du reste de l’inseription , sont d’un ciseau moins précis que le reste, et ils occupent la place de deux
‘ E. Stern, die Koptische Apokalypse des Sophonias, dans la Zeitschrift, 1886, p. 132, ef. en dernier lieu Exman, Grammatisches, dans la Zeitschrift, 1907, |. XLIV, p- 119-113,
as -
eg [3]
cartouches antérieurs. Cette observation m’amena & ¢tudier la technique du monument plus attentivement que je ne l’avais fait jusqu’alors.
Il m’a paru que les deux cétés du vestibule n’étaient ni de la méme . exéeution ni du méme temps. Sur le cété nord, en commencant pres de la paroi du spéos, les trois premiers tableaux et une partie du quatriéme ont leurs légendes sculptées en un relief aussi fort que celui des sculptures; le reste des représentations a ses inscriptions incisées en creux dans le rocher. De plus, il semble que, dans les premiers tableaux, les figures des harbares ont été altérées en partie pour transformer des Libyens en Asia- tiques. Au contraire, la paroi sud est tout entiére d’une seule venue, et les inscriptions y sont incisées en creux uniformément. D’autre part, sur la facade, les deux petites portes qui flanquent la baie principale ont été pra-
tiquées aprés coup, lorsque la paroi rocheuse était déji décorée : on voyait
4 la place de chacune d’elles un tableau représentant le roi en adoration 4 droite devant un Horus, 4 gauche devant un Amon, dont les portions subsistantes ont été stuquées puis recouvertes de Iégendes. A Vintérieur du spéos, la décoration des deux chambres ne semble pas avoir été modifiée.
Si l'on se demande 4 quelle époque ces remaniements eurent lieu, les cartouches nous prouvent que ce fut sous Ramses II, de préférence dans le
temps oti celui-ci avait son prénom simple (0 id) ou (© 1¢ —] n
Quasimariya, mais aussi, en quelques endroits, lorsqu’il avait déja pris
son prénom complet , Ouasimariya satpenrtya. L’indication
la plus précise 4 ce sujet se trouve aux deux portes latérales ot, tandis
que les inscriptions du montant offrent la forme Ouasimartya gravée sur les figures mutilées d’Amon et d’Horus, celles de la feuillure ont la forme Ouasimariya satpenriya. On en arrive donc a penser que le monument de Beit-Oualli fut exécuté pour la plus grande partie pendant la période initiale dactivité de Ramses II, celle ot il régnait en commun avec Sétout I*, mais complété dans les premieres années ot il régna seul avec le cartouche développé. Le style des figures confirme ces conclusions : il semble que, dans certains endroits, le roi et les dieux aient le profil de Sétout plut6t que celui de Ramsés. Si mes yeux ne m’ont pas trompé et que Sétout I* ait été vraiment représenté dans ces endroits, les cartouches que Ramsés II a surchargés auraient été ceux de son propre pére.
[4] —8—
Pour en finir, je dirai que, selon toute apparence, le projet du spéos aurait été concu et Texécution commencée sous le régne commun de Sétoui I* et de Ramsés II, probablement lors de la course que Ramsés II fit en Nubie peu aprés son association au tréne. Sétout I* aurait été repré- senté a cdté de son fils et peut-étre la paroi nord du vestibule lui était-elle réservée, mais il mourut avant qu’elle fat achevée et Ramsés II se l’'appro- pria. Le tout devait étre terminé dans I’'an V, car on ne rencontre aucune allusion 4 la guerre d’alors contre les Khatis : les Syriens figurés sur la paroi nord doivent étre ceux qu’il battit en l’an II ou en Pan IV.
VI
La chaussée qui commence en avant du pyléne du temple de Dakkéh, et qui se prolongeait naguére assez loin vers le nord a travers le village, est ~ composée de débris antiques. Le 6 janvier 1909, me trouvant sur les lieux avee M. Barsanti, je fis venir quelques-uns des ouvriers qui travaillaient au temple, et je leur ordonnai de dégager les premitres pierres. Je consta- tai aussitét que la route était bordée de chaque cété par des fragments de piliers carrés et d’architraves en grés du pays, mais que lintervalle entre ces deux parements avait été bourré avec des tambours de colonnes poly- gonales, également en grés, sur lesquels avait été placé un pavé en dalles de grés non décorées, empruntées aux fondations d'un édifice. Le tout provenait évidemment des ruines d'un temple antérieur a YY celui d’Ergaméne.
dawn, a | commen | Les colonnes étaient ’ seize pans, avec les quatre bandes symé- Ky triques dont une seule, celle qui était tournée vers le dehors, 2 portait une inscription : elles mesuraient de o m. 88 cent. a pond o m. g2 cent. de diamétre. Sur deux fragments qui se rajustent g
on lit : (—)
iN
sur un autre, le début du nom dHorus : (—+) seg) sur un troisieéme Tee WM AS on , sur un quatriéme (—-) yk, enfin sur le cinquiéme (+—)
tl >
ait [5]
ce qui nous raméne au régne de Thoutmdsis III. Les piliers mesuraient de om. go cent. 40 m. 95 cent. de cété, et les fragments qui restent d’eux portaient les scénes ordinaires du roi embrassé par les divinités locales. On lit sur Pun d’eux en gros caractéres (—*) 3, nous montrant que le dieu désigné est Horus de Baoukit, sur un autre le début d’une légende royale
(—+) ]j. sur un troisitme, les Iégendes placées
au-dessus d’une scéne (—) _—| =) | wa La hauteur des architraves était de 118
FHI
o m. 68 cent: en moyenne : il y avait, sur l'un des fragments qui furent ramenés au jour : (-—)
© wit lw et sur l'autre : (—+) 42,» +7 en gros
caractéres. Comme je n’avais pas le temps de pousser plus avant, j'inter-
— |
rompis la fouille et je confiai 4 M. Barsanti Je soin de la reprendre, dans les loisirs que la consolidation du temple actuel pourrait lui laisser. Il y a des chances pour que, donné le nombre des blocs, il retrouve de quoi rélablir plusieurs des piliers et des colonnes.
Autant que jen ai pu juger par la nature des pieces dégagées, le temple deyait ¢tre d’un type analogue a celui de Médinét-Habou, qui fut construit et décoré partie par Hatchepsouitou, partie par Thoutmdsis III.
Vil
Il est assez rare de rencontrer des monuments qui appartiennent en propre a 1 Ethiopien Kashta. C’est pourquoi le fragment de stéle suivant, que jai recueilli moi-méme a Eléphantine, prés et un peu au nord-est de la porte de granit d’Alexandre II, présente de Tintérét.
C’était une petite sttle en grés, cintrée, qui devait mesurer a lorigine
de o m. 35 cent. 4 o m. 4o cent. de largeur, mais dont il ne reste plus
que la partie du haut trés mutilée. Dans le (=) | :
4 cintre planait un disque solaire, d’ou. une —| ureus relombait sur la gauche et qui était t-—| muni dune seule aile, la gauche : un wil #3 1 ©] faisait contrepoids a Vaile, du cdté droit. Sous
ILS
cette composition, il y avait originairement : 4 droite, deux divinités, Khnoumou-RA, seigneur de la cataracte, dont il
|. ib
ne reste plus qu’une corne et un bout de sceptre }, puis Satit, dame d’Eléphantine, qui a disparu complétement, et
1K xe 5 | devant eux, le roi leur présentant ce qui parait étre idea Z un autel enflammé f, et de qui la téte seule subsiste = coiffée d'une taki¢h collante devant laquelle se dresse
# | : une seule uraus. L’artiste lui a donné un nez ca- < mard, un menton en retrait et de grosses lévres #2 saillantes, bref, un type 4 demi négroide, assez
semblable 4 celui de Taharkou, sur la téte en granit noir du Musée du Caire. Je ne me rappelle pas avoir vu ailleurs le prénom de Kashta. La lecture n’en est pas entidrement certaine, par la négligence du graveur ; il m’a paru devoir se lire Mémrd avec un —, mais il pourrait n . . 4 : ’ étre interprété Matrd avec un =+. Comme, jusqu’a présent, nous n’ayons aucun indice de l’existence d’un second Kashta, c’est sans doute le Kashta dont les cartouches ont été martelés sur tant de monuments.
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Acheté 4 Edfou, le 13 janvier 1909, une statuette en calcaire, trouvée dans le sebakh, au sud du grand temple. Elle représente un homme accroupi, les genoux au menton et les mains croisées a plat sur les genoux. Elle mesure o m. fe cent. de hauteur. En avant, sur la face extérieure des jambes, elle porte une inscription en cing lignes horizontales :
itd WoC US TTD Toe
j=H=iF? Taw DM im BF Le personnage est un
bourgeois Fuduinive d'Edfou, et il n’a joué aucun réle historique : d’aprés le style des hi¢roglyphes et aspect de sa perruque a grosses méches, il vivait quelque part entre la XX* et la XXV° dynastie. Sa statue n’a d’autre intérét que de nous montrer ce qu était Part 4 cette époque, dans une petite ville de province. La téte est d'un bon modelé, malgré que le nez soit mutilé, mais les pieds et les mains sont médiocres, et le corps est trop droit, avec des formes trés sommairement indiquées sous létoffe.
IX
On n’étudie pas assez les légendes et les superstitions de l'Egypte
| | |
263 i — [7] moderne; pourtant jamais pays ne fut hanté de plus de génies ou de reve- nants que celui-ci.
Le 12 janvier de cette année, revenant d’Assouan, nous nous arrétAmes pour passer la nuit au Gebel-Serdg, sur la rive gauche du Nil, a dix-huit kilometres environ au sud d’Edfou. J’envoyai le matelot Gafari chercher du lait au village voisin d’El-Serdg. Comme il franchissait la chaussée du chemin de fer, il apergut 4 quelque distance vers la gauche, assis sur la voie, quatre hommes immobiles, enveloppés dans leur manteau, et dont il ne distingua pas la figure. Hl leur adressa le Salam aléikoum ordinaire; comme ils ne répliquaient pas, il crut qu'ils ne l’avaient pas entendu et il redit la formule plus haut, mais ils continuérent silencieux. Il s'approcha un peu deux, leur répéta le salut d’une voix plus forte, sans obtenir de réponse, et soudain il eut peur. «Mes genoux, dil-il en rentrant, trem- blaient sous moi; je voulais m’en aller, mais je ne pouvais pas lever les pieds et je restais sur place. Au bout d’un peu de temps, un cheikh vint a passer sur un baudet. Il me demanda ce que je faisais li, et pourquoi je ne marchais point. Je lui répondis que j’étais parti pour aller chercher le lait au village, que javais salué les hommes, qu’ils ne m/avaient pas répondu et que javais peur, mais qu’il m’était impossible de bouger. Il poussa son baudet vers eux, il leur dit quelques paroles que je n’entendis pas et auxquelles ils ne répondirent pas davantage, puis il me cria : «Tu cas élé imprudent de sortir seul la nuit, dans un pays que tu ne connais «pas. Pour cette fois, il ne arrivera rien, mais va-ten et ne reviens splus». Alors mes jambes m’emportérent, et je rentrai a la dahabiéh sans cle lait». Aprés beaucoup d’hésitations — car il est mauvais de parler de ces choses, surtout dla nuit close — il finit par déclarer qu’a’ses yeux le cheikh était bien un fils d’Adam, un homme comme nous, mais que les quatre autres étaient des afrites, les afrates du chemin de fer. Javais noté autrefois Tafrite de notre bateau a vapeur le Menchiéh), mais c'est la premiére fois que j’entends parler des afrites du chemin de fer. Ces quatre-la sont-ils alliés aux quatre afrites musiciens , deux joueurs de fliite et deux joueurs de tambourin ou de darabouka, qui hantent le désert dans les mémes parages? [ls jouent sur le passage des voyageurs et c'est toujours
“) Maspeno, Etudes de mythologie et d’archéologie égyptiennes, \. II, p. 249-250.
[8] — 2 —
un mauvais présage que de les rencontrer : si on s‘éloigne vite sans leur adresser la parole et, autant que possible, sans les regarder, on a quelque chance d’échapper au mauvais sort, sinon l'on est perdu.
Un soir de l’an dernier, vers cing heures et demi, 4 la nuit tombante, revenant de Karnak, j’apercus de loin, assis sur le parapet du ponceau qui traverse le canal un peu en avant des cimetiéres chrétiens, un homme, un Européen, téte nue, mais vétu d’un habit couleur kakt, assez semblable lhabit d’uniforme des soldats anglais. Mon Anier poussa une exclamation d sa yue et se serra contre ma jambe, et, comme je lui demandais ce qu'il avait, il me fit signe de la téte qu'il ne parlerait pas. Je sais qu’il faut garder le silence lorsqu’on est en présence d’un étre non-humain, et je n’insistai pas, mais j’essayai de distinguer les traits de Pinconnu : il s’était levé, marchait 4 grands pas dans la direction de Louxor, et il disparut au tournant du dernier cimetiére. Ce fut seulement d la hauteur du tribunal, en vue des premiers reverbéres, que mon Anier sentit sa langue se délier, et histoire qu'il me raconta est des plus curieuses. Il parait qu’en 1885 ou 1886, un soldat anglais appartenant 4 l'un des régiments qui allaient combattre les mahdistes tomba dans le Nil en débarquant 4 Louxor et se noya. Il fut enterré dans le cimetitre protestant qui venait d’étre transféré a la place of il est aujourd’hui, et mon Anier prétend méme qu’ll linau- gura, mais il paraft s’y ¢tre trouvé mal car il ne tarda pas a revenir. De temps.en temps, il sort au crépuscule, et il se proméne sur la route ou il va s'asseoir sur le parapet du ponceau : quand un passant survient 4 pied ou 4 baudet, il va au-devant de lui, le regarde bien en face comme s'il cherchait 4 le reconnaitre, puis il reprend sa promenade ou retourne sasseoir sans rien dire. Jusqu’d présent il n’a jamais fait de mal a per- sonne et son apparition n’a jamais, ét¢ de mauvais présage pour le pays, mais on ne s’y fie pas, et personne n’a osé lui demander ce qu’il veut.
‘On m’a conté une histoire analogue, mais qui se serait passée 4 Minich. Il y avait dans la sucrerie, il y aune trentaine d’années de cela, un méca- nicien francais, trés habile de son métier, ivrogne par malheur : une fois ou deux par mois, il buvait a ne plus savoir ce qu'il faisait, mais alors linstinct subsistait, et il fournissait ses rondes de nuit, essayant ses robi- nets, tapant ses chaudiéres, vérifiant le jeu des courroies, examinant !’état des sirops, et son service n’en souflraib pas. Une nuit, il fut saisi dans un
— 13 — [9]
engrenage et tué avant qu’on edit eu le temps de le dégager. On Venterra, mais deux nuits plus tard, ’homme de garde prés d’une chaudidre percut un bruit de pas, entendit des robinets qu’on ouvrait, une chaudiére qui sonnait sous le marteau, et vit bientdt le mécanicien passer devant lui. | Depuis lors, il n’a cessé de se promener. Chaque hiver, pendant les mois de la fabrication, il s’acquitte de ses rondes 4 intervalles trés irréguliers mais avec la plus grande conscience : les gardiens et les mécaniciens arabes, qui le connaissent, n’ont plus peur de lui, et Yingénieur qui m’a raconté cette histoire, un Francais, m’a affirmé l’avoir entendu et vu plus une fois.
Ces deux récits procedent d’une méme croyance : lindividu qui meurt de mort violente ou subite revient hanter toujours le lieu ou son sang a été versé ou sur lequel il a expiré. Il y a deux ans, l'un des ghafirs de la porte nord-est du Musée, celle qui ouvre sur la rue Mariette-Pacha, fut frappé d’apoplexie et tomba dans une plate-bande, 4 quelques métres de Pentrée. Ses camarades n’eurent de cesse que je ne Veusse fait relever vivant encore et transporter 4 son domicile : s'il était mort sur le gazon, il serait revenu t6t ou tard garder la porte avec eux.
G. Masprro.
SUR
DES BRUITS ENTENDUS A EDFOU DANS LA MATINEE PENDANT QU’ON REPARAIT LE TEMPLE
PAR
M. GASTON MASPERO.
‘
Lorsque, en 1901, deux des grandes dalles qui recouyraient la salle hypostyle au temple d’Edfou s‘écroulérent subitement, je fis sans retard donner aux autres un soutien provisoire, par le procédé rapide que Carter décrivit sommairement dans son rapport de 1903"), Aussitét le travail achevé, la pierre, qui était demeurée muette jusqu’alors, prit soudain la parole, 4 1’étonnement des visiteurs et 4 leffroi des indigénes : chaque matin, au moment ot le soleil, montant sur l’horizon, se trouvait assez haut pour que ses rayons vinssent effleurer la face supérieure des blocs, des détona- tions se faisaient entendre d’intensité diverse, s¢ches, courtes, strépitantes, tantot isolées , tantot se succédant par séries de trois ou quatre. Je les entendis pour la premiére fois en janvier 1 go3. Liinspecteur d’Edfou, Mohammed Effendi Mahmoud, m’ayant signalé le fait de leur existence, j’avais hésité dle croire, et javais pensé tout d’abord que la description qu'il men faisait était exagérée, Je montai done sur le toit de la salle, wn matin, quelques instants avant l'heure indiquée : dés que la lumiére toucha la pierre un éclat se produisit sur ma droite, semblable 4 explosion d’un revolver de fort calibre, puis, aprés un silence de quatre ou cing minutes, une décharge de bruits moindres, qui rappelait-4 s’y méprendre le crépitement dune fusillade lointaine. Deux gros coups résonnérent ensuite a trois ou quatre secondes d’intervalle, un long silence et, enfin, une sorte de soupir clair et vibrant. La manifestation avait duré un peu plus d’une demi-heure,
Hi. Carrer, Report of Work done in Upper Egypt (1902-1903), dans les Annales du Service, t. IV, p. 171-172.
— 45 — [2]
Vattendis une heure encore, puis; comme tout demeurait silencieux, je redescendis dans la cour. Il parait qu’apr’s mon départ il y eut une reprise légére, mais j’étais alors trop éloigné et je n’entendis rien, si bien je dois m’en rapporter pour ce dernier point au témoignage du ghafir qui était alors de service sur la terrasse.
M. Barsanti, qui fut chargé peu aprés de démonter le mur ouest et le portique voisin puis de les remonter, eut souvent l'occasion de faire des observations analogues 4 celle que je viens de rapporter, pendant les deux _ hivers que ses travaux le retinrent 4 Edfou. Les phénoménes cessérent en avril 1905, lorsqu’il supprima les barres de fer qui traversaient les blocs du plafond et que, passant des poutres de fer en dessous, il établit 4 1a place des architraves tombées naguére un plafond de bois et de béton. M. Carlo Oropesa, peintre du Musée, qui accompagnait M. Barsanti, et M. Pieron, membre de l'Institut francais d'archéologie, qui dressait alors le plan du Mammisi pour M. Chassinat, entendirent également les bruits, et M. Pieron a bien voulu me confirmer par la lettre suivante le récit qu'il m’en avait fait :
Le Caire, le 25 mai 1905. Monsieur le Directeur général ,
Pendant les quelques mois que j'ai passés dans le grand temple d’Edfou, de janvier & mars 1904 et de janvier a avril dernier, j'ai pu me rendre compte du travail auquel
__ les architraves de ce sanctuaire étaient soumises sous l’action solaire.
A plusieurs reprises, vous aviez constalé vous-méme et vous aviez appris d’autre
part que des détonations soudaines se faisaient entendre, assez violentes pour effrayer
les touristes; il s'en produit, en effet, qui, sans ¢tre semblables au bruit que ferait un revolver qu’on décharge, n’en sont pas moins trés intenses. Vers g heures, chaque jour, au moment ott le soleil commence & friser de ses rayons la surface des terrasses , les premiers bruits sont perceptibles, et, peu aprés, une heure environ, ceux-ci _ résonnent dans toute leur intensité. Vers une heure de l'aprés-midi, le phénoméne se renouvelle, mais amoindri; il ne redevient aussi puissant que le malin, qu’au moment _ oit le soleil est assez bas vers Vhorizon pour permettre au mur d’enceinte du temple Wabriter de son ombre les terrasses surchauffées. Malgré ce travail de dilation et de compression journalier, je n'ai jamais vu tomber des fragments d’architraves au moment oit les explosions se produisaient.
Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur le Directeur général, l’assurance de mes
meilleurs sentiments,
Henri Preron.
[3] ee
On conviendra que le phénoméne observé i Edfou présente des analogies frappantes avec ce que I’antiquité nous rapporte des voix qui s'échappaient de la statue de Memnon chaque matin au lever du soleil : il se manifeste pour la premiére fois aprés l’accident de 1g01 et 1a consolidation provi- soire qu'elle rendit nécessaire, il dure tant que l'état spécial eréé par cette consolidation se prolonge, et il disparait quand une restauration plus com- plate remet les choses dans un état semblable 4 celui od le toit se trouvait avant l'accident. La voix de Memnon ne devait pas différer beaucoup de celle que nous avons cntendue : mais les anciens, accoutumés d inler- préter comme des manifestations divines les bruits dont ils ne comprenaient pas la cause, ¢tablirent une sorte de code d’aprés lequel ils traduisirent ce prétendu langage du héros en langage humain, et ils transformérent en oracles concertés ce qui n’était que sonorités accidentelles. .
G. Mists Caire, 28 mars 1909.
LE ROI MERCURE A TAFAH
PAR
M. JEAN MASPERO.
Linseription suivante, qui vient d’arriver au Musée du Caire, en mai ; 1909, a été découverte par M. Barsanti dans les environs immédiats du
4 _ temple antique de Tafah, devant la face sud. Elle est gravée sur un bloc de
grés, les lettres passées 4 la couleur rouge. Dimensions : haut. o m. 79 c., larg. o m. 425 mill., épaiss. o m. 16 cent.
KENONOMATOVOVTOVNA(T] > Ev évdya(zs) tod O(co)8 rod Mar(p2s)
STOVVIOVSTOVATI (xal) ro8 Yeod (xal) rod dyi- OVNNC -& ErPA/M ov T»(evparo)s Ey pd(n) un(vds) XOIAXIHINAI/ Xolay tn’, ivds(xridvos) 0’, HNITOVAIOKAHTIAN[OV] im) tod Atoxdntiavot VKZ * ENITOVITET uxt! % Em) rod ty’ &(ous) TOVOIA/BACIA/MEPKO Tod Qir(oxplolov) Bacsd(faxov) Mepxo- PIOVEFENOITOOVTW plou éyévorto ouTw €PFWNATASONENI oye dyabov, em TOVETOVEENITO[V] tov erov e' én) tod BEOOVASNPSIW SeoQua(durov) @p(erburgpov) Iw- ANNOVCTOVATIAC dvvous, TOU dyiac- MOVTOVNNOVTOVT{OV] wot Tov. .ov tovrou,
. ENMX{OIJAXiH ev pn(vt) Xofay, en’
AMHN > Aury ik
Ligne 4. Xotay pour Xolax, — Ligne 5. Uni : lire émi. — Ligne 8. Byévorro “ours = éyévero totto. — Ligne 9. Koywv = épyor.— Ligne 10, Krou=érovs. — Ligne 12. Iwdvvous (?) pour lwdvvov.
Ce texte offre quelques difficultés dinterprétation.
Ligne 7. Je lis : tod Qrdoyplotou Bacitonov. L’adjectif rrdxpro7os fait partie de la titulature des empereurs byzantins , auxquels les roitelets nubiens Annales du Service , 1909. 2
[2] — it
ont emprunté leurs titres et le cérémonial de leur cour. Une lettre contem- poraine du roi Kyriakos ou Kyrikos ), un des successeurs de notre Mercure, lappelle neNMAINOY TG NPpO KYPIKOC, ce qui me semble la traduction exacte, en copte, des termes grecs de notre inscription. Quant au mot BACIA/, il se laisserait facilement compléter en BACIAEWC, et c'est peut- étre, de fait, la véritable lecon. J'ai préféré le diminutif Bacw/oxos, puisque — tel était le titre dont se parait officiellement Silco, et dont on a quelques autres exemples),
Lignes 9-11. Ex) rod érou(s) e' én) rod 5 Seoun(chesor), etc.; la traduction littérale serait : «en l’an 5, sous le presbytérat de Jean», ete. Mais quelle est cette ére nouvelle, dont année d’alors était l'an 5? Tl est évident que la phrase est incorrecte, ou qu'il faut supprimer le second é7}. Nous aurons ainsi : sen l’an 5 du prétre Jean».
Lignes 19-13. La ligne 13 renferme un mot que je n’ai pu déchiffrer avec certitude. Toutefois, je ne crois pas me tromper en supposant que les lettres MINOV cachent le mot TONOV, mal compris par le graveur. Les lettres TOVT, qui suivent immédiatement, sont évidemment l’amorce du mot TOVTOV, qu’un accident fortuit a endommagé. Mais, ce membre de phrase ainsi restitué, tod dy:acpod tod témou rovrou, il est malaisé de lui assigner un rdle grammatical dans l’ensemble. Je ne crois pas possible de raltacher ce génilif au nominatif épyov, placé trois lignes plus haut. Le nom "propre Iadvvov est suivi d’un signe légérement ‘endommagé qui ressemble ; 4 un C: pour cette raison j’ai transerit WANNOVC (faute pour IWANNOV ), Peut-étre ce signe est-il en réalité une abréviation, tenant lieu par exemple de la préposition vxgp; le sens reste identique dailleurs, et dans son ensemble il n’est pas douteux. Je proposerais donc la traduction suivante :
Au nom de Dieu le Pere, du Fils et du Saint- -Esprit. Kerit le 18 du mois de Khoiak, indiction IX, l'an 427 de Dioclétien. En an 13 du roi ami du Christ, Mercure, a été —
aceomplie cette bonne ceuvre, pour sanctifier (ou de la sanctification de) ce lieu, en lan 5 du prétre gardé de Dieu, Jean, le 18 du mois de Khoiak. Amen.
Kratt, Beitrige zur Geschichte der de Xapaynv, aotretoxos tHv BAcuiwy Blemyer und Nubier, p. 16. (publié par Banter, Comptes rendus de
® Cf, les feuillets de parchemin con- —_‘U’Académie des inscriptions et belles-lettres , servés au Musée du Caire, portant le nom — 1888, p. 326 et seq.).
ee it
eenidee [3]
Les. nombreuses fautes d’orthographe de l’inscription n’étonneront per- sonne. Quelques-unes cependant sont assez singuliéres pour attirer l’atten- tion: ce sont les mutations arbitraires de voyelles, qui feraient croire qu’d cette époque tardive, on ignorait en Nubie la réelle prononciation des lettres grecques. Par exemple, des fautes comme ym? pour én), éydvorto pour éyévero, attestent, au moins chez le graveur de ce texte, une mécon- naissance complete de la loi de Viotacisme.
Mais la pierre présente surtout un réel intérét historique. Le roi Mercure était déjd connu, assez vaguement du reste, par des documents littéraires. Quatremére) a publié un extrait dela Vie du patriarche Khail, par le diacre Jean, dans lequel il est question de ce prince : «La Nubie avait eu pour
roi Mercure, que l’on appelait, 4 cause de ses bonnes euvres (cf. l’expres-
sion ovtw geywv dyabév, de l'inscription), le nouveau Constantin». Les dates certaines sont rares dans l'histoire de la Nubie; celle que nous fournit notre stéle est d’autant plus précieuse, qu'elle permet de fixer d'une ma- nitre précise layenement de Mercure.
Lian hoz de Dioclétien commence le 29 aodt 710; 1a 9° indiction coincide exactement avec cette donnée (1* septembre 710-31 aotit 711). Linscription a done été gravée le 14 décembre (18 Khoiak) 710 : et ceci se passait, nous dit-on, en l’an 13 du régne de Mercure. Hl suit de 14 qu’au
1h décembre 698, on était en Yan 1 du méme prince. Les empereurs
byzantins ayaient posé en principe formel, au moins depuis Justinien ™, quelan premier d’un régne courrait du jour méme de l’avénement du basileus jusqu’au premier anniversaire; les roitelets nubiens ont sans doute adopté cette coutume. En ce cas, l’avénement de Mercure ne pourrait
_ remonter plus haut que le 15 décembre 697, puisque le 14 décembre 698
est encore dans an 1. En pratique, nous pouvons négliger ces quinze derniers jours de 697, et aflirmer avec la plus haute vraisemblance que ce roi est monté sur le tréne dans le courant de l'année 698.
Ce dut étre un fort zélé chrétien, A le juger d’aprés son surnom de snouveau Constantin»; inscription qui nous occupe en est une autre preuve. Sans aucun doute, il a fait consacrer, par le prétre Jean, une
église dans la ville de Tafah.
Mémoires géographiques et historiques sur U Egypte, Ul, p. 55. — © Nov. 47, 4
ae “a>
Nous connaissons d Tafah une église antique : le temple lui-méme, occupé par les chrétiens comme le prouvent plusicurs dessins et graffiti sur la face intérieure des murs. L’inscription qui nous occupe ne peut pas étre celle de son inauguration : il serait surprenant que le christianisme, triom- phant depuis Justinien, ait attendu un: sitcle et demi avant de s'installer dans Védifice paien. L’évéque de Phile, Théodore, dés le rdgne de Justinien, avait désaffecté le grand temple d’Isis qui couvrait 1a moitié de son fle, et, sur ses ordres, un de ses vicaires, Joseph, plantait la croix sur celui de Dendour, en 559". En outre, Vinseription relatant cet éyé- nement edt été écrite sur le mur lui-méme, et non sur une stéle séparée. Précisément, on peut lire sur le mur du fond du temple de Tafah, en face de la porte, une inscription infhtelligible, mais qui, d’aprés sa position, parait bien ¢tre la vraie dédicace. J’ai noté cette inscription I’an dernier, en 1908, et comme je ne Iai vu signaler nulle part, je transeris ici gette copie, quelque imparfaite qu’elle soit, ayant été prise en hate dans un endroit sombre : Bs ENIKOAATECEMAEIKHMGZZY KAINAPXOCCVNAMATI ENOIHCENCTOAAETETAI XANTANHAWCENY @ G CIABANIXHMNAMOVCNIPHT
CEBATATAMATIOIKO AOMHCEN
Je eroirais plutét que inscription rapportée par _M. Barsanti a fait partie d'un monument élevé par le roi lui-méme, car elle a di s’encastrer dans un mur qui, par conséquent, lui serait contemporain. Abou-Selah®), dans le paragraphe relatif 4 Tafah, mentionne une église de Varchange Michel, sans affirmer positivement, il est vrai, quelle était située dans cette localité. Avons-nous la un fragment de cette basilique , qui aurait été, en ce cas, Yeuvre du roi Mercure? C'est ce qu'il est, pour toujours, yen
ai peur, impossible de déterminer. J. Maserro.
" Voir Revittowr, Mémoire sur les © Abou-Selah, f* 100 6 (p. 1rv-274 Blemmyes. de 'éd. Evetts).
ee ee
LA SEMAINE DES EGYPTIENS
PAR
M. GEORGES DARESSY.
Dans un précédent fascicule des Annales") mon collégue Ahmed bey Kamal a publié la stéle n° 39505 du Musée et a méconnu le caractére des représentations qui y sont gravées. Les images de divinités qui la cou- vrent ne sont pas en effet celles qui figurent sur les stéles d’Horus sur les crocodiles, mais nous donnent une série incomplete des génies des décans, tels qu’on les voit dans les temples ptolémaiques et sur quelques monuments comme la statuette de Maut n° 38924 du Musée du Caire™, :
L’étude de ce monument doit done se réduire 4 sa comparaison avec les autres tableaux pour signaler les variantes et les lacunes.
Premier registre. Le personnage agenouillé en adoration; son nom qui était gravé au-dessus de sa téte est illisible; puis les génies: 1,2, 3, 4, 5 (la déesse semble tenir un sistre ¥ plutét que le ?).
Deusxieme registre. 6, 7 avec un support tres bas. 8, 9, 10, 11, 12, 13 (la déesse tient deux fouets au lieu du papyrus et du fouet ou du sistre), 14.
Troisidme registre. 15, 16,17, 18, 19, 20, 21, 22.
“ Quatriéme registre. 23 (d peine visible), al (Yureus est sur un gros socle a), 25, 26, 27 (la queue du serpent revient en avant), 28, 29 (dont les bras n’existent plus). A la place de 30, 31 et 39 ily a une lacune.
Cinquiéme regisire. Place vide de 33, puis 34, 35, 36, 37, 38, 39 ho et An.
® Voir Annales du Service, t. IX, Statues de Divinités, p. 231, pl. XLVI. p- 192. Je suivrai pour la description de la sléle
™ Daressy, Catalogue général des le numérolage des images que j'avais antiquités égyptiennes du Musée du Caire, appliqué a celte statuette.
[2] oe
Siviéme’ registre. Ce registre est vide, soit que les figures des décans n'aient jamais été gravées, soit qu’elles aient été effacées; on y lit seulement le mot Ht harass >. qui pourrait faire supposer que l'on devait sculpter en — ébene des statuettes de ces divinités.
La place est suffisante pour les génies ho a Ag.
Septiéme registre. 50 (Osiris assis a terre, { sur les genoux), 51, 5a (Horus hiéracocéphale coiffé du pehent, assis a terre, { sur les genoux), 53, 54 (indistinct), 55, 56 (Isis accroupie, avec ] sur la téte), 57 (mutilé), 58 et 5g n'ont laissé aucune trace.
La concordance de cette liste avec celle de la statuette était done par- faite, les deux monuments sont du reste 4 peu prés contemporains ; la stdle est saite, ou peut-dtre méme Iégérement plus ancienne.
Sans youloir entrer dans un examen détaillé de ces tableaux je ferai part de quelques observations les concernant. II existe deux séries de listes de ces génies astronomiques. L’une compléte comprend cinquante-neuf noms : cest celle que nous avons ici, sur la statuette n° 38994 ,4 Dendérah, 4 Esneh. L’autre qu’on voit 4 Edfou, et qui, sauf variantes, correspond aux listes des cercueils du moyen empire, des tombes royales, du sarcophage de Nectanébo et aussi aux listes grecques, ne comprend que trente-six personnages : cest cette derniére qui, 4 proprement parler, est la liste des décans, mais 4 quoi correspond la premiére?
Dune fagon générale la seconde liste est extraite de la premitre en supprimant chaque quatritme personnage. A partir de 49 on trouve les figures d’Osiris, Horus, Set, Isis et Nephthys qui étaient les divinités dont on célébrait la naissance dans les jours complémentaires et qui sont séparées les unes des autres chacune par un autre génie; on peut done considérer ces dix derniers personages comme en rapport avec le complé- ment de l'année, Reste 4 trouver sur combien de jours les 4g autres exer- caient leur influence; or si on leur accorde sept jours et un quart a chacun, un jour aux dix derniers on a :
hg x 71/4 = 355 1/4 10X 1 = 40 365 1/4 ou l'année entire.
sag [3]
Ces génies auraient donc présidé chacun 4 une semaine, plus un quart de jour; quatre d’entre eux avaient 4 x 7 1/4 ou 29 jours a surveiller, soit _prés des 30 jours de trois décades ou du mois, ce qui fait qu’on a supprimé chaque quatriéme génie quand on a transformé le systéme des semaines en celui des décades.
Cette explication ne résout pas toutes les difficultés; faut-il supposer __ qwaprés les 4g semaines il y avait une décade pour compléter l'année, _ tandis qu’avec 36 décades le nombre des jours complémentaires a dii étre ~ -péduit d 5?
Je ne puis m’étendre sur ce sujet, les documents me font défaut, mais il me parait que cette donnée que les Egyptiens employaient en astrologie une semaine de 7 jours 1/4 doit résulter de I’étude de ces listes.
G. Dansssy.
NOTE SUR UNE INSCRIPTION LITURGIQUE D’EGYPTE
PAR M. GABRIEL MILLET.
M. Lefebvre a notablement amélioré la lecture dune intéressante in- scription d’El-Bagaouat, autrefois publise par W. de Bock. Son fac-similé, dabord, puis la photographie (fig. 1) qu'il vient de m’envoyer m’ont sug- géré quelques essais de restitution, dont son.article n’a pas profilé de facon satisfaisante “),
Voici une lecture acceptable :
[354] | 354 bis | ayioo che| nolov ayiog ced Reed ayiog xu| pre xarar| xupiog to modu ehelor 5 aabawl cou a|ysacov tolue 5 mAnpe|t|o vioug auto Ev TH 0 oupavog a| ya|O|orn| re gov oxe xo n yn THO ma|cov avtjove uo tyy oxemny dof|no alou tov m|Tepluyav cou apny 3 10
[354 bis]. Ligne 2. Nom de femme, probablement Tyt:avnv. Comparez avec les noms d’hommes Tir1s), Tytavds), pour Titius et Titianus. — Lignes 1-5. Onattendrait é¢ncov. . . xatdtd wéya eAeds cou (psaume 1, 1). Mais la lettre M n’est pas possible, tandis que M est presque certain. M. Lefebvre me propose wodv, qui équivaudrait 4 wéya : l’épithéte biblique el liturgique wodvédeos me parait en effet expliquer cette substitution, —
" Annales du Service des Antiquités, 1908, p. 180. — ® B.G.U., II, pap. 618, col. 2,1. 11 et 19. — Anthologie, 9, 445, daprés Bailly, s. v.
ae oe [2] Ligne 5. Crest par effet d’un malentendu que M, Lefebvre a pu croire que je suggérais &xoucoy qui gouverne le génitif.
Cette inscription, qui occupe le tympan d’une chapelle funéraire, ne
| q ; , peut étre qu'une sorte d’épitaphe. Des trois formules groupées a droite [354 bis], la premiére parait s’appliquer 4 une morte. Elle se retrouve dans une épitaphe de Nubie et fait partie de loflice funébre dans l’Eucho- - . f . . f al 4 loge byzantin®), En revanche les deux autres concernent des vivants®), Ce
sont les fils survivants de la morte qui implorent pour eux-mémes la sane-
ih
tification et la protection divine.
G. Miturr.
" Lerepyre, Recueil des inscriptions
grecques-chrétiennes d’ Egypte, n°663,1.7. °
) Euchologe, Venise, 1891, p. 180. ) Comparez par exemple: dylacov Huds tH hapmpdtytl cov, tH ioxyvi cou (Office de ?' Exaltation de la Croix, Ménée de septembre, Venise, p. 89 B; Athénes, p- 107 A); dylacov ijudst@ ddyw tis
ons xéptros (liturgies syrienne et éeyp- tienne, avant la communion, Bricnrman, Liturgies eastern and western, vol. 1, 1896, p- 64, 1. 93; p. 137, 1.31).— Sxémacov Huds év tH oxémy TAY Wleptywy cov (dans la proscomidi byzantine, Bricur- MAN, op. cil., p.. 360, 1. 20); de méme a la fin de la liturgie syrienne (p. 65,1. 4).
NOUVEAUX VESTIGES
DU TEMPLE DE KOM-EL-AHMAR PRES DE CHAROUNA
PAR
M. THADEE SMOLENSKI.
J'ai déjd remarqué dans ma premidre note sur ce temple" que des fragments de cartouches royaux, transportés depuis des siécles de Kom- — el-Ahmar, sont encastrés dans quelques maisons du village de Charouna. Au commencement de 1908, jeus Voccasion de passer par Charouna et. d’étudier de plus prés ces fragments. La plupart furent inutilisables pour moi, mais deux d’entre eux m’ont donné les cartouches suivants :
"A
quil est facile de compléter en: {===
C'est le protocole de Ptolémée II Philadelphos®. Nous trouvons donc ainsi un nouveau souverain qui a laissé des traces dans ce temple de Kom- el-Ahmar, que son pére avait fondé.
Je mentionnerai aussi une énorme table d’offrandes que les indigénes ont déblayée tout pres de la ligne locale du chemin de fer, un peu au sud de Vendroit ot javais trouvé en 1907 les fragments publiés dans le tome IX des Annales. Cette table mesure 2 m. 20 cent. de longueur, sur om. go cent. de largeur et o m. 5o cent. de hauteur (fig. 1).
Annales du Service, 1908, p. 6. —) Buvew, The Book of the Kings of Egypt, vol. If, London, 1908, p. 113.
of iridGeatt Teau au x point a. Le cercle C ao m. 5o oe:
Tuanée Smovensxt. |
MONUMENTS RECUEILLIS PENDANT MES INSPECTIONS
PAR
MOHAMMED EFFENDI GHABAN,
§ I. — Au mois de juillet 1907, quelques paysans de Temay, qui prenaient le sebakh au nord-ouest de Tell-el-Rob, découvrirent un sar- cophage en caleaire. Prévenu aussildt par le gallir du Musée, je me rendis i Vendroit signalé et jy trouvai le sarcophage encore enfoui a sa place primitive; jen avisai M. Edgar, inspecteur en chef de la Basse-Egyple, qui consentit 4 m’envoyer les fonds dont javais besoin pour le dégager. Je constatai que, des antiquité, des voleurs avaient brisé le couverele du cdté nord et mis la momie en pices; je trouvai méme, devant le trou quils avaient pratiqué, les débris des feuilles d’or dont la momie ayait été couverte, quelques perles également en or et une téte de statue en granit rouge. J’en conclus que, pendant leur opération, les voleurs, aprés avoir dépouillé la momie, avaient tout déposé sur le sol, tandis qu’ils enlevaient les menus objets. Le sarcophage ne porte que les inscriptions suivantes : —
(—) 2 WAYLU=ESAIZ=eCIIS A" ITIAS IOUS WOMT ACIS. test
en calcaire, et il mesure 2 m. 10 cent. de longueur sur o m. 60 cent. de largeur et 0 m. 70 cent. de hauteur.
$ 11. — Au commencement de I’année 1 908 , uncertain Hossein Abdallah ~ obtint l’autorisation de faire quelques sondages dans une nécropole antique d Tell-Tiblah, district de Dikernés. Il y recueillit suecessivement quelques
scarabées au nom de (cm un casque de bronze en mauvais état,
une hache en bronze, quelques statuettes en bronze représentant Osiris, le tout dans une, tombe bAtie en briques crues, enfin une statuette en
ae Te ae ee
7a
> ade (2]
caleaire siliceux de o m. 70 cent. de hauteur. Elle est assise, t¢te chauve, nez mutilé, et le bras droit manque; elle est vétue de la shenti, avec un socle long de o m. 39 cent. et large de o m. 215 mill. Elle est brisée en morceaux, puis recollée, et un fragment manque dans la région des reins, sous le coude gauche"). Elle est de facture correcte, bien proportionnée, et Yon yoit encore quelques traces de la peinture jaune dont elle était couverte. Elle porte plusieurs inscriptions. En premier lieu, sur le-devant de la
“dite: (--) FATS LS—i Sai Stem Wiis “mT : a femrsT — Aa T+
etK2 2 Bio SEOMET co Xf. Ensuite, sur le cété ae de la chaise, une ligne verticale courant de droite A gauche ;
mT dy, eo ee NT! Enfin, on le cdté droit de 5 chaise, une ligne également verticale : id Ae an: o al Ay ar lg
aif. On lit, de Bs sur le dossier, deux lignes verticales courant de
droite & gauche : (-— a pee ee a
1S Oo a!
aH - i— -~ im\y ~ pee (6) ete 11118 i Pow PW cel at holmes — Lereritt OQ ....\ a e: eee ~ tial GOR +... Pe tee coma 2S TICS cA = mh 24+8=K TE.
Les tombes qu’on trouve 4 Tell-Tiblah sont toutes baties en briques : celles-ci étaient crues 4 Yorigine, mais elles ont été cuites fortement par un incendie qui a transformé les murs en homrah. Les momies y ont presque toutes des masques en terre cuite.
La nécropole a un feddan de superficie. A la suite de ces constatations je m’y rendis avec M. Edgar, et j’y fis des fouilles qui donnérent, a la profon- deur de 3 métres, sous un petit tertre, un grand sarcophage de calcaire mis en piéces dans Vantiquité par les voleurs. Il contenait, outre des débris Wossements, deux statues en bronze dorées, dont l'une représentait un
scorpion, Selkit, et autre un serpent, Ranen, plus une statuette d’Osiris ayee figure dorée. J’y recueillis également un collier en perles avec des
“ Elle est inserile au Livre d’entrée sous le n° 4oohi.
[3] — 3
pendants en or, en cornaline et en lapis-lazuli, quelques petits scarabées, et une boucle d’oreilles d’une belle facture représentant une couffe remplie d'une matiére noire que j'ai cru étre du parfum.
§ If]. — Jai trouvé A Tell-Bastah, prés de Vendroit ot le trésor fut découvert, un bassin en*granit rouge de forme carrée qui mesure de chaque cété o m. 5o cent. On y lit les inscriptions suivantes sur le pourtour : (—+)
i+-d $+ 1.1E <TR Set Arfe eee a
mW SZ, et symétriquement : (—) $= SIV eee VFRISosP rd bal oe TZ i> oe
§ IV. — Un habitant de Mansourah m’a présenté récemment une pierre avec inscriptions qu'il désirait vendre au Musée. Eile se trouvait 4 Talklia, et c'est un socle de granit sur lequel était posée une statue de Ptolémée.
Elle mesure 0 m. 70 cent. sur les cdtés longs, o m. 45 cent. sur les cétés courts et on y lit une inscription ainsi concue :
PROP TELLTALE Wes a CICEIESHIAD renee,
Le Musée a fini par acquérir ce morceau pour le prix de L. E. 10.
Monammep Cuapin,
EINE DEMOTISCHE INSCHRIFT VOM GEBEL EL-TARIF
VON
WILHELM SPIEGELBERG.
Der Giite des Herrn G. Lefebvre verdanke ich den Abklatsch und die auf der zugehérigen Tafel veréffentlichte Photographie einer demotischen Inschrift, die sich jetzt in der Sammlung des Herrn Beaugé zu Assiut hefindet. Sie stammt aus den Kalksteinbriichen des Gebel Tarif gegenii- ber von El-Debbah, die augenblicklich von der Verwaltung der aegyp- tischen Kisenbahnen ausgebeutet werden. Bei einer Sprengung ist der Stein, auf dem sich die Inschrift befindet, in zwei Stiicke gespalten, und
-es ist das Verdienst des jetzigen Besitzers, dass er diese Stiicke gerettet
hat. Auf diese Weise ist das eine Proskynem, zu welchem die F igur gehort, vollstindig erhalten gebliecben, und nur rechts ein Text, wohl ebenfalls ein Proskynem, verloren gegangen, von dem noch die drei Zeilenenden erhalten sind.
Ich gebe zunachst eine Transcription :
gm (?) P’-nfr s; Pth(?)-..(?).. mw-t-f. ..-smr.t(?) pri msh
P3(?)-wr rn-f ’w-f tj nht-f
’w-f?r sm n p shn
nz W'(?) rm p3 wt n n3i
rmt mb3h Bin[.. .
Shk nb Sn(?)-. (2). pz ntr ° Sbk rm Mjn *rm nz hl (?)-"3 n t3 h-t(?)
—ee OO etre
UBERSETZUNG.
«Es hat gefunden (?) P*-n’/r(Panophris), (Sohn des . . Al ies j und der ...(?)... dieses Krokodil, j das P3-wr (d. i. das Grosse)
[2] ~~ —
heisst, und er nimmt seinen Schutz } und segnet (cmoy’)"!) das Werk (?) ; der Steinbriiche (?) ® und das Woblergehen (?) © dieser | Leute vor dem Phoenix, [....-. | 7 (and) Suchos, dem Herrn von . . -(?).., dem grossen Gott, (und) Suchos und Min, } und (er segnet) die Altesten (?) “ der Arbeitertruppe (?) ©. »
BEMERKUNG.
Die Inschrift, die vermutlich der rémischen Kaiserzeit angehért, bietet viele Schwierigkeiten, Wenn mir die Lesung der ersten Gruppe ge- gliickt sein sollte — aber es ist mir sehr zweifelhaft — so ware der Inhalt dieses Proskynems, welches sich als Graffito in einem Steinbruch befand, folgender ; Panophris hat ein Krokodil gefunden und das heilige Tier als frommer Aegypter in seinen Schutz genommen), d. h. es nicht elwa frevelhaft getétet sondern vermutlich einem Tempel geschenkt, nicht ohne dem Tier vorher einen Namen gegeben zu haben. So lasst er sich nun stolz auf seine fromme That mit dem Krokodil im Arm dar-
stellen’ ‘). Dadurch glaubt er die besondere Gnade der Gétter erworben °
zu haben, benutzt sie aber nicht allein fiir sich sondern fiir alle seine in dem Steinbruch arbeitenden Kameraden, die er dem Schutze der benach- barten Gétter empfiehlt. In der That sind ja die genannten Goller soweit
© Aehnlich in den Serapeumsinschrif- ten, Revue égyptol., VII, S. 167, 168.
® Die Identifikalion dieser Gruppe mit dem alten /2-t «Steinbruch» ist sehr fraglich.
® Die Gruppe ist aus dem n. pr. Sto- toelis bekannt und vielleicht mit dem wt des Setne V, 14 identisch, das «Glick, Segen» o. a. bedeutet.
“ Der Ausdruck wirde wpeoStrepor enlsprechen.
) h-t — falls die Lesung richtig ist — ist demotisch durch den Demot. Pap. Cairo 30619, 8, freilich als Masculinum, in dieser Bedeutung bekannt. Auch die llere Sprache kennt *~ in dem Sinne
von «Kérperschaft, Schaar» o. a. z. B. Bauerngeschichte 1g0, und Serue, Untersuchungen, Wl, S. 41 Anm. 2.
‘* Beachte die‘Schreibung von shn.
‘) Das ist vielleicht der Sinn des «seinen Schulz (?)(naayr¢?) Nehmens >», Freilich kénnte der Ausdruck «seinen Schutz nehmen» nach einer Vermutung von Enno Littmann auch bedeuten esich in seinen Schutz stellen» Dann kénnte
der Sinn etwa der sein, dass Panophris
das heilige Krokodil besucht (?= finden) und dadureh fiir sich und seine Kameraden dessen Schutz und Segen gewonnen hat.
‘) Zu dem Typus vgl. Aeg. Zeitschr. , 43,8. ga.
F: $ j 4
ae [3]
sie sich sicher lesen lassen, in der Nahe des Steinbruches zu Hause“), und
a _ gerade nicht zu weit vom Gebel Tarif war das Krokodil besonders verehrt.
Zwei Kultstatten des heiligen Tieres Chenoboskia (Steph. ) @ und Diospolis
2 parva (tb.) liegen ja den Steinbriichen des genannten Gebirges gegeniiber
auf dem anderen Ufer des Nils. Auf Grund dieser Erwagung ist mir der Gedanke gekommen, ob nicht in dem Namen der Stadt, als deren « Herr» der erstgenannte ©) Sbk (Suchos) bezeichnet wird, der aegyptische Name
yon Xyvo6sex steckt, der im kopt. agenecuT erhalten geblieben ist.
In der That lasst sich aus der ersten etwas zerstorten Gruppe leicht sn herauslesen, nur die Schlusszeichen sind unklar. Wenigstens wiirde ich es fiir mehr als gewagt halten, darin die Gruppe fiir «Gans» s-¢ zu sehen “), deren Verhaltniss zu ecur ja auch zunachst ganz dunkel blei-
E _ ben warde.
Wie man sieht, ist die Inschrift noch in mancher Hinsicht ratselhaft. Die obigen Bemerkungen sollen nur zeigen, wie ich auf grund der mir -yerstandlichen Stellen des Textes den Gesamtinhalt des Proskynems — denn
-_ um ein solches handelt es sich sicher — auffasse, und andere zur Nach-
priifung anregen. In jedem Fall diirfen wir froh sein, dass das Stick dank
der Fiirsorge des Herrn Beaugé fiir die Wissenschaft gerettet worden ist.
W. Sprecevsere. Strassburg ‘/, Januar 1909.
© Der Phoenix wurde in der Niihe ) Der zweite Sbk ohne Zusatz kénnte _ von Diospolis parva verehrt (Brucscu, dann der von Diospolis parva sein. Diet. géogr., p. 192). Min war iiberall Auch die Gruppe fiir «Erdboden» in Aegypten der besonders in Stein- | ecu'r (83m) kann nicht in Frage kom- briichen verehrte Berggott. men.
) Siehe Serue bei Pauly-Wissowa, s.v.
Annales du Service, 1909. 3
ALTAR OF PTOLEMY NEOS DIONYSOS XIII
BY
M. DOW COVINGTON.
April last, while examining the ruins of the ancient Koptos, near Kuft, I re-located a partly concealed and broken altar of the above monarch (pl. I-IT). It had been broken at this place, and into about three parts, the two principal parts (counter-parts) of which remained. It is possible that this missing part could be found here. The stone is greyish basalt, and measures some 1 m. 05 cent. x o m. gf cent. x 1 m. 24 cent. It was seen in 1883 and left in situ by Prof. Maspero, while making the exeava- tions, which led him to the discovery of part of the great Temple. Prof. Petrie mentions in his Koptos that he saw this stone there, where it had lain visible for many years. As it makes an interesting exhibit, and is of considerable importance, it is surprising that it was not sent at that time to the Museum, and an effort made to find the missing part.
-The greater part of the inscriptions remain intact, and relates to that
ast male Ptolemy numbered XIII, and entitled Philopator Philadelphos Neos Dionysos, whose parentage is uncertain. According to Prof. Mahaffy, there is no reason to doubt, however, that on his father’s side he was a legitimate descendant of Ptolemy Lathyros, because it is infinitely more probable that the Alexandrians would select for succession to the throne a man who, although he might be termed a bastard, was a son of a mistress of the
Pharaoh, than have chosen one who could make no blood or birth claim .
to the crown. Still more likely was it also that the Romans, by whose per- mission and countenance alone he could reign, would see that the new prince was one who could allege a reasonable dynastic or inheritory claim to the position, The internal immorality of the Ptolemaic harem would be a matter of common knowledge to many personages of Alexandria, who doubtless limited their choice of the king on that information.
i [2]
_ By taking the name of Philopator and Philadelphios, Ptolemy XIII affixed officially his relation to Ptolemy Lathyros and to his daughter Cleopatra, Berenice III, suggesting he was son of the one and brother of the other. To further legitimate his right to the throne from the Egyptian ‘priestly ¥ 4 point of view it was necessary to espouse a princess of true Pharaonic blood, a descedant of Ra. The earlier Ptolemies, by some arrangement with the a Egyptian theocracy, had settled this apparently rather difficult matter satis- a factorily, and all required was to marry within the Lagide royal family. a A demotic papyrus at Leyden tells us that, in the third year of his reign, Ptolemy XIII married a princess, a sister ( half-sister) named Cleopatra, a and, to distinguish her from the many other similar titled princesses or a daughters of concubines, surnamed Tryphaena. The union with a lady of __ the blood royal was consummated B.C. 78, and the divine blood strain being thus duly received, the king was canonically crowned at Memphis at the spring equinox of 76 B. C. The High Priest Pasherenptah mentions this great official function of his career in his funeral stele. It is possible the king had another wife named Mithridalis, ayagher of Mithridates, the Asiatic monarch.
Dow Covineton.
SOCLE DE STATUE DE COPTOS
PAR
M. GEORGES DARESSY.
Depuis un quart de sidcle") on voyait au milieu des ruines du temple de Coptos un bloc de basalte brisé en deux morceaux couvert inscriptions qui n’ont pas encore été publiées. L’ar- rivée récente de ce monument au Musée
A B du Caire®), par les soins de M. Dow E Covington, me permet d’en donner main- tenant la copie. 1) er ss ag Ce socle mesurant 0 m. gg cent. sur
1m. o7 cent. 4d la base, haut de J 1m. 26 cent., est a parois 1égtrement inclinées avec corniche ornée de plumes comme couronnement; le dessus est uni;
le pourtour est orné de figures et inscrip- a tions gravées dans un style médiocre sous le régne de Ptolémée XIIT, Phi- ; lopator III, Néodionysios, j
Face antérieure. — Le croquis ci-contre indique la disposition générale 4
de l’ornementation. A. Corniche, chargée d’un disque ailé.
B. Frise ornée également du disque ailé, de chaque cdté duquel on 4 lisait ag mais la partie gauche est brisée. j
) Maspero, Sur les fouilles exéculées chapelle édifiée par un des Ptolémées.» 3 en Egypte de 1881 a 1885, dans le Bul- — M. Flinders Petrie mentionne aussi ce letin de I’Institut égyptien, 1885, p. 68. «large cubical altar of black basalt» dans cLa ville gréeo-romaine est presque in- . son volume sur Kopios, p. 22. tacle..... un autel carré en basalte noir “) Journal d’entrée, n° 4o643.
y marque encore l’emplacement d’une
ENT Tg oe See Ree Po eS eh ei r.
PAR Oe ae Se Oe eee
en BE oe [2]
C et D. Montants sur lesquels était inscrite la Iégende royale de
Ptolémée XIII. A gauche il ne reste que 7/7 ( al, Pa pee } da —li : tos: | Be a droite, sous le signe —, on lit : \
—Si DTT SaACAGini= alz—li FO} WR.
E. Un dieu agenouillé sur res. Hl est coiffé du disque 4 deux ureus ws,
il tient dans chaque main le sceptre des panégyries ‘| posé sur 9 et a un 4 passé dans son bras droit.
F. Légende accompagnant le tableau précédent, en cinq colonnes tournées vers la droite :
Pree t ot Sis Mofo rt Che SBI ree NS —Gaeeee ee ee Ee sl Cetera) I SRMIDA RAL Rh COM Tee miiotoe—lel tel G. Colonne @hiéroglyphes explicative du tableau H : (-—-) S+ KE TREES =tit HEE SUMMIT Tes
ar trad Le ali)
H. Ptolémée debout, le casque en téte, tourné vers la droite, supporte
= le ciel —+. Devant lui on lit verticalement : vs (a1™ ns SS ie
tatty al ~ amt. Le roi est monté sur un socle mane
‘L. Colonne d’inscription faisant pendant a G : Ser | "Se nit EL reed hie) rad eee Lit pees pea ey
pee
[3] ae =
J. Le roi casqué, tourné 4 gauche, supportant le ciel. Devant lui :
O(a Ae fiz a] TL}, ot derritre tui Ro{i—T otal
La décoration des autres faces se compose d’un encadrement, BC D, et de tableaux semblables 4 H sur la gauche, a J sur la droite, accompagnés dune colonne d’inscription. En tout, il y a dix représentations du roi sou- tenant le ciel, moitié tournées 4 gauche, moitié tournées A droite.
Céré cavcnz. — Bandeau : V7. (Nore tT tm - (ZAZ WM SSIS }-
Bordure de droite : 777, . 1 ee
Bordure de gauche : SeGlce SEY)! = ate eS.
Premier tableau. — Il est en partie mutilé et la fin du nom royal subsiste
seule : | ES gee Fe
Premiére colonne : Y Vj, re wy » = l= {= 6— a
Deusxiéme tableau. — Le nom est détruit, i reste la formule : 2 4 \ ~vT
— oud) ; e i car 2 oe = we = Deuxiéme colonne : 11S er
SBOE. Troisiéme tableau. — Le roi portant le ciel. Devant lui : ru Clk, te
ESE EATS | alli ot dervio ti set 9.
Céré pnorr. — Bandeau : f “ she ¥l— Tol i"*'z
Wma \\\t 2 Te Bordure de gauche : + \ H 7 2 O14) ae GT BI
yr 138¢— 42 -¥— gee
ss Pore’ Oe ee ae SeCASWeos fiz = \1s- \°y
4, Y, WD YW 42'S.
we [4]
Premer tableau. — Le roi, tourné vers la gauche, soulevant le ciel. Devant
lui : vos ( ANS Ef ise ala, et derritre lui la for- mule de protection. Premitre colonne : ttt? | mG 4 ® = E-2.,.F7 5 Ti -_—-_ Coal, J -_ a nent ills: Deusxiéme tableau. — oe premier. Deuxiéme colonne : | % om) Py Tila feral he pal tsF i eat ST.
Troisiéme tableau. — Pareil aux précédents.
Coré v’arrtére. — La disposition est semblable a celle de la face anté- rieyre, mais le personnage agenouillé au milieu n’existe pas, et les quatre colonnes d'inscriptions occupent toute 1a hauteur. La corniche n’a que les plumes, sans disque ailé.
Dans le bandeau, deux inscriptions affrontées y sont gravées, ayant le
premier =a commun; a gauche : (——)§. & “— ~ 3's" fit d;
a droite :(—-)}. St eTY2 30. i de gauche : ] f= (SQ IF Dea on Oe SIZZAY? >. Bordure de droite : ]7= alecunti =the VE) 2 A—i= 2 - ale Hi a-
Tableau de gauche. — Ptolémée tourné vers la droite, soulevant le ciel. Légende avec le cartouche-nom et la formule de protection.
-Colonne de légende : 7-2 > & 4 '°O G8- TY SPS
re at
Tableau de droite. — Ptolémée tourné vers la gauche portant le ciel. Légende avec cartouche-prénom et formule de protection.
Colonne de légende : we tx — pies PA y—> oe py 2s oa one aca
ae centrale : j ‘=x <\ | - > aig
SIR REI a 3
Lee =A SiS WW eee Oo tl eis
[5] | — —
ANY MISS ASUS S
ral Soa] — baat SOOPER de eee I
= y° mate — = [tS 8 ee
—_— e@ \— 888 ae I ee ke ee
Cette dernidre inscription nous indique la destination du monument qu'elle désigne comme : «Un socle pour la reine des déesses figurée sous son aspect, un siége du Seigneur universel, un escabeau de Shou, un support de son pére, un reposoir de sa sur, une estrade pour son fils, sur lequel elle est posée perpétuellement afin de régler les destinées des hommes et maintenir les dignités de son fils, Horus sous les traits des humains, le fils du Soleil Ptolémée vivant 4 toujours, aimé de Ptah et d’lsis. Elle lui ouvre les grandes mines des vallées de la terre d’Orient, de la région qui lui fournit les minéraux précieux depuis l’or jusqu’au cuivre. li a done fait pour elle ce beau monument sur lequel elle repose assise a cété de son pere, accompagnée de sa sceur et son fils sur elle, régente des étres. » >
C’éiait done la base d’un groupe représentant Isis avec Horus sur ses genoux assise entre Nephthys et un dieu que le texte appelle son pére, ce qui devrait se rapporter 4 Qeb, mais qui évidemment devait étre son mari, Osiris.
G. Dangssy.
Annales, T. X.
Statue du prince Ra.... encore en position dans sa niche,
Phototypie Berthaud, Paris,
LA
TOMBE DE LA MERE DE CHEFREN
PAR
M. GEORGES DARESSY. ~
—_ Lorsqu’a la date du 7 février 1909 je fus chargé de la surveillance des ‘ fouilles entreprises par M. le comte de Galarza 4 Gizeh, qui jusqu’alors avaient été dirigées par mon collégue Ahmed bey Kamal, la situation était la suivante.
Une profonde tranchée avait été creusée 4 travers un monticule de sable” au sud du Sphinx, rencontrant un certain nombre d’édifices peu impor- tants : constructions en briques crues de la XVIII* dynastie dans les _ couches supérieures, murs en pierre et mastabas 4 la surface du sol. Cette ~ tranchée, dont la direction générale est de quelques degrés seulement Youest de la ligne sud-nord, aprés avoir été poussée en ligne droite sur une longueur de 45 métres, avait alors tourné vers l’ouest, et, 10 metres plus loin, avait rencontré un groupe de chambres creus¢es dans le roc de _ part et d’autre d’une avenue centrale A, large de 3 m. 15 cent. et abou- lissant, g métres plus loin, 4 une porte entourée d'inscriptions, percée dans la montagne taillée presque 4 pic. Le rocher est surmonté d’un mur en magonnerie de 3 métres de hauteur, destind a retenir le sable se pro- longeant de 8 métres de chaque cété de la porte; au nord, il tourne a angle droit vers Vest") sur une longueur de 10 m. 30 cent. On avait done une sorte de cour bien délimitée 4 déblayer, le cété sud étant fermé par un grand mastaba 4 7 m. 5o cent. de Vallée centrale. La salle C avait seule été visitée 4 fond et Yon en avait extrait deux statues en calcaire; pour les
" Cet angle est 455 métres au sud _ prendre pour moi, & 61 m. 30 cent. de du flane du grand Sphinx et, selon les I'angle nord-ouest de la salle a dix piliers mesures que M. Hélscher a bien voulu _—_du temple du Sphinx.
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[te nay”
autres parties on n’avait enlevé que la couche supérieure de sable, il res- tait & descendre partout jusqu’au sol; c'est le travail qui fut effectué du 7 au 18 février, et je vais maintenant décrire en détail cet ensemble.
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A. L’allée centrale, non couverte, se dirige de l’est 4 louest ot elle est arrétée par la paroi a pic. Sur la gauche elle dessert le portique B et le passage I’, sur la droite le portique C et la chambre G. Sa largeur moyenne est de 3 m. 15 cent.
B. Portique de 4 m. 60 cent. d’ouverture et 5 m. 5o cent. de profon- deur, haut de 3 métres en moyenne, taillé dans le roc. Le plafond, épais de o m. 80 cent. 4 1 m. 5o cent., était tout fissuré et tomba tout a fait pendant le déblaiement; il était soutenu par deux piliers carrés, pris dans la masse, et dont I’écrasement amena la chute finale. L’un de ces piliers
re eee isc Seika nit cach i i a ict
er
a [3]
était en bordure de l’allée, il mesurait 0 m. 63 cent. sur o m. 68 cent., Yautre en arriére avait o m. 80 cent. de largeur et o m. 65 cent. d’épais- seur; sur sa face antérieure était creusée une sorte de niche au milieu de laquelle se détachait l'image grossiérement sculptée d’une femme debout, les bras pendants. Des lignes rouges indiquaient sommairement les traits du visage, ainsi qu'une corniche et des montants de naos autour de cette statue. C'est peut-étre en prévision de la chute du plafond qu’on avait élevé un mur reliant le pilier aux parois est et ouest, qui divisait ainsi la salle en deuv.
Dans la chambre darriére furent retrouvées quatre statues en calcaire. La premiére, dans langle sud-est, haute de 0 m. go cent., représente une femme assise dont aucune inscription ne nous apprend le nom. Tout a cété un groupe large de o m. 77 cent., haut de 1 m. 05 cent., figurait un homme et une femme assis l'un prés de l'autre; comme pour toutes les statues découvertes en cet endroit les traits n’existent plus, la surface est rongée, la pierre s’étant délitée sous l’action de Phumidité. Il ne reste que .2du nom de homme; a cété des pieds de la femme on distingue a grand’peine |“ | > & =k D,. Un peu plus loin, étendue le long de la paroi sud, gisait une statue en calcaire siliceux de 1 m. 34 cent. de hauteur, privée de sa téte et de ses pieds, d’un type non encore rencontré. La femme quelle représente est debout, appuyée 4 un dossier, enroulée deux fois dans une grande pitce d’étoffe plissée verticalement qui l’en- veloppe des épaules aux pieds. Le bras droit ramené sur la poitrine est caché sous V’étoffe, le bras gauche orné d’un bracelet plat pend le long du corps. Il est regrettable que nous soyons privés de toute indication de nom 4 défaut de la téte qui aurait pu caractériser I’¢poque de ce monument (pl. 1). Je ne puis croire que cette statue soit de basse époque et je Pattri- buerai a Ja IV° dynastic, ainsi que toutes celles trouvées dans cette fouille, en la rapprochant de la statuette en bois n° 115 du Musée du Caire, ot le personnage a une pose différente mais est également drapé dans un manteau. Une quatriéme statue garnissait langle sud-ouest; haute de 1 m. 60 cent., elle représentait une femme assise; le visage est mutilé et il ne subsiste pas de traces de l’inscription.
Dans le sable qui remplissait la salle on a recueilli quelques fragments de statues en albatre et une plaque de diorite, ayant pu appartenir au dos- sier d’un groupe, sur laquelle on lit seulement : +8.
[ej — hk —
C. Cette salle, située 4 droite de Vallée, vis-d-vis de la précédente, a un front de 5 m. 96 cent. et une profondeur de 3 m. 35 cent. Deux piliers quadrangulaires de o m. 45 cent. 4 o m. 5o cent. de cété placés en facade soutenaient le plafond élevé de 2 m. 50 cent. 4 3 m. 10 cent., qui s'est effondré en partie. La paroi ouest n’est pas rectiligne; la masse rocheuse, 4 1 m. 60 cent. de la facade, s'avance de 1 m. 37 cent., si bien que le fond de la salle n’a plus que 4m. 5a cent. de longueur. Deux statues étaient en place dans le fond de ce portique. L’une occupail une niche de o m, 6g cent. de largeur, 1 m. 10 cent. de hauteur et 1 métre de profondeur, prés de Pangle nord-ouest. C'est celle d’un homme assis, et sur le socle je lis avec incertitude : —*, + 4 /H—_,}. La seconde statue occupait langle sud-est; elle représente une reine assise dont les traits sont effacés. Ses cheveux peints en noir sont bien divisés au milieu de la téte, bouffent légérement de part et d’autre de la ligne médiane et tombent ensuite droit jusqu’d hauteur des seins. Ses titres sou gravés sur le devant
du siége et le socle; a gauche : ae +e. a wt biim'
droite : y= ‘>. Ce w2t7 7.
D. ‘Dens l'avancée de la paroi ouest de la salle précédente est pereée une porte donnant accés a une petile piece, de 1 m. 22 cent. sur 1 m. 72 cent., servant de vestibule 4 une salle D, de 5 m, 60 cent. de long et 3 m. 20 cent. de large, creusée dans le roc, sauf le mur ouest, la
séparant de la chambre F’, qui est construit en maconnerie. La destination —
funéraire de cette pitce est marquée par une fausse stdle en forme de porte, sculptée dans la paroi ouest et dont les inscriptions, qui n’étaient que peintes, sont totalement perdues. Le mur opposé a. une niche qu'on a prolongée plus tard, en faisant l’amorce d'une chambre D restée in- achevée. Dans ce réduit de 2 métres de long et 1 m. 12 cent. de large, haut de 1 m. 20 cent., se trouvaient quelques ossements ainsi que des fragments de vase et bols des formes.§ ES] Wen polerie rouge, épaisse, grossitrement fagonnés 4 la main, évidemment contemporains de la
IV° dynastie.
E. Dans langle nord-ouest de la salle D s’ouvre Pouverture d’un puits profond seulement de 3 métres el qui donne accés a une chambre sou- terraine mesurant de 3 métres 4 3 m. 30 cent. de longueur sur
se
=a [5]
1m. 85 cent. 4 9 m. 10 cent. de largeur. Sur la couche de débris qui en couvrait le fond on voyait les débris d’au moins deux squelettes humains et dans les décombres on a recueilli plusieurs coupelles en albatre. La paroi ouest, prés de l’angle sud, est creusée d’une niche de o m. 5o cent. de largeur et o m. 55 cent. de hauteur, ayant dd servir 4 ranger les canopes, mais tout le mobilier funéraire a disparu.
F. Entre le mur ouest de la salle B et le fond de la cour restait un _ espace de 2 m. 30 cent. de large formant probablement un passage pour aller vers le sud. A une époque postérieure, lorsque les salles étaient déja _ remblayées par le sable, peut-étre sous la XVIII*° dynastie, un particulier savisa daménager sa tombe en cet endroit. I] fit maconner a partir du niveau du toit de Ja salle B un puits descendant jusqu’au sol antique et don- nant accés 4 une chambrette de o m. 80 cent. de largeur et 2 m. 25 cent. de longueur, haute seulement de o m. 80 cent., juste suflisante pour loger son cercueil. Dans ce réduit on n’a guére retrouvé qu'une partie du crane, tout le reste ayant été détruit par Phumidité due 4 Veau qui s’accumulait dans cette tranchée.
G. La chambre G, au nord de allée centrale, a ses parois en partie taillées dans la pierre, en partie construites en magonnerie. Elle mesure 3 m. 60 cent. de longueur et 2 m. 60 cent. de largeur; elle ne faisait qu'un primitivement avec la salle D quand cet ensemble était une carriére avant d’étre transformé en édifice funéraire. Le sol n’a pas été égalisé : la partie occidentale, sur 0 m. 75 cent. de largeur et sur toute la longueur, est plus élevée de o m. 30 cent. que la partie orientale, quia 3 m. 25 cent. de hauteur sous plafond. Vers le milieu de la paroi ouest est encastrée une stéle de 1 m. 15 cent. de largeur et 2 m. 12 cent. de hauteur; les inserip- tions qui n’étaient que peintes sont perdues.
Ponrs. — L’avenue A se heurte d louest 4 une muraille de rocher taillée presque verticalement et surmontée d’un parement en pierre; mais presque dans son axe on voit une porte de 0 m. 95 cent. de largeur et 3m. ho cent. de hauteur qui était flanquée de contreforts, et dont l’en- tourage était orné comme les portes de mastabas. Au-dessus de la baie un linteau de o m. 5o cent. de hauteur donne en deux lignes superposées les
[6] ie He titres des deux princesses pour lesquelles on avait creusé ’hypogée auquel donne acces cette porte :
PKS LAT
4 ww " ts balled tiki eal
Les jambages de la porte étaient aussi ornés, mais celui de gauche est entidrement détruit et celui de droite est en fort mauvais état. Sur la face extérieure on lit en haut, en une ligne horizontale: } >>> RU7.
Au-dessous, en colorines verticales, un texte qui faisait les louanges de la
défunte et dont ne subsistent que quelques groupes : | rien j bee, eee On A W3~ enon —WHi1-—GWeey "7
La face interne avait en haut des inscriptions verticales ; voici ce qui en
subsiste: | Jei V7litc@eT*4i 77 Alin| |W
Au-dessous on reconnait l'image de la reine debout, tenant un papyrus ] \ tige ondulante, suivie d'une de ses filles qui la tient par le bras et l’épaule. A la partie inférieure on distingue vaguement quatre personnages en marche, de petite taille, probablement des serviteurs.
La porte avait été murée avec de gros blocs de pierre, sauf 4 la partie supérieure ov elle était bouchée par une simple dalle‘dressée que les voleurs ont brisée dans l’antiquité. Cette maconnerie, haute d’un métre et qui se continue dans la chambre par un massif de 1 m. 05 cent. de profondeur
et 1 m. go cent. de largeur, avait sans doute été faite en vue d’arréter Virruption des eaux dans la tombe lors des orages. —
H. La salle H, creusée dans la montagne, a 11 métres de longueur sur 3 m. 70 cent. de largeur et 3 metres de hauteur; elle n’a aucune ornementation et les parois sont 4 peine dressées (0), Vis-d-vis de la porte
‘© L’axe de cette salle forme un angle de 8 degrés & Pouest du méridien magnétique.
a on [7]
existe un enfoncement de 2 m. 28 cent. de largeur et 1 m. 65 cent. de _ profondeur, plus ¢levé que le reste du sol de la salle de o m. Ao cent.
Plus loin, 4 droite, l’entrée de la chambre I a été murée en ne Iaissant
_ quun étroit passage de o m. 72 cent. de cété, 4 un métre au-dessus du sol. En avant de la paroi sud un mur en pierre montant jusqu’au plafond _ barrait la pitce; T'usage de cette cloison m’échappe, car l'espace qui était _ derritre, large seulement de 0 m. 65 cent., ne renfermait rien autre que
de la terre et des débris de la taille des pierres; quelques débris de poterie grossiére y élaient mélangés. Le sol de la partie sud de la salle était _ recouvert de sable et déblais amenés par les eaux; on y a trouvé des frag- ; ments de statuettes de serviteurs en caleaire, bras, jambes, et le corps de deux pétrisseuses. Le plafond du milieu de la pidce s’était effondré et les débris recouvraient une tranchée creusée dans le sol, un chemin en pente douce large de 1 m. 10 cent. conduisant & Ia salle souterraine J.
I. La chambre I, longue de 3 m. 20 cent., est séparée de la salle H x par une muraille de 1 m. 05 cent. d’épaisseur. Elle renferme un sarco- phage en calcaire sans aucune ornementation, qui s'est recouvert d’une _ brillante couche cristalline de sel. La cuve est rectangulaire, longue de 2m. 30 cent., large de 1 métre, haute de o m. 70 cent.; les parois ont o m. 2h cent. d’épaisseur et le creux intérieur est de o m. 54 cent. Le couvercle, épais de 0 m. 22 cent., plat en dessous, légérement voité au- _ dessus, est muni de deux oreillettes 4 chaque extrémité. La sépulture avait été violée das Pantiquité; les voleurs avaient soulevé le couvercle et le _ poussant un peu de cété, le faisant reposer sur des pierres, ont brisé la momie dont on n’a retrouvé que quelques os.
Les murs de Ja chambre ne sont pas paralléles; on ne s’est pas donné la peine de tailler tout le cété ouest comme il aurait di Pétre, on y a seu-
___ lement ménagé & la partie inférieure un enfoncement oblique, qui atteint
om. 27 cent. de profondeur 4 son extrémité nord, pour permettre de _ loger le sarcophage parallélement a la muraille est. Le mur sud présente _ dans sa moitié inférieure un retrait de o m. 23 cent. dans lequel est encore _ ereusée une niche de o m. 64 cent. de cété et o m. 52 cent. de profondeur : qui devait servir 4 contenir les canopes. Enfin le plafond quia 2 m, 22 cent. de hauteur 4 louest s’abaisse jusqu’d 1 m. g3 cent. pour remonter
(8) | — 48 —
brusquement 4 2 m. 45 cent. pres de la paroi est. En l’absence de toute inscription on ne peut dire si c’était bien 1A la tombe de la reine.
J. La tranchée creusée dans le sol de la salle H est d’abord & air libre, puis couverte, et conduit 4 une chambre située 4 un niveau inférieur A celui de la piéce I sous lequel elle se trouve en partie. Elle ne parait pas avoir été terminée; longue de 3 m. 32 cent., large de 3 métres et haute de 2 m. 5o cent., une autre piéce de 3 m. 10 cent. de longueur sur 1m. 80 cent. A 9 m. 20 cent. de largeur lui est adjacente, mais 4 un niveau plus élevé de o m. 50 cent. Dans chacune des parois de cette annexe on peut remarquer, 41 m. 5o cent. de hauteur du sol, une petite cavité semi-circulaire ayant di servir 4 poser des lampes.
Mélangée avec les débris venus de la chambre supérieure qui remplis- saient le couloir, on a’ recueilli une statuette en caleaire, acéphale, repré- sentant un servileur assis 4 terre, pétrissant entre ses mains un pain rond et plat. Sur le sol de la chambre gisaient deux squelettes incomplets. L’un deux se faisait remarquer par un défoncement du sommet du crane et une fracture de l’arcade sourcilitre gauche, en sorte qu’on peut aflirmer que l'individu avait péri de mort violente; ces ossements, sans consistance par suite de ’humidité, n’ont pu étre conservés; on ne peut savoir si ¢'étaient les débris des corps des propritaires de la tombe, jetés 14 aprés le pillage des cercueils, ou ceux des victimes d’une agression.
Aucun des objets trouvés pendant la fouille ne porte le cartouche du souverain sous le régne duquel les tombes que nous yenons de décrire ont été aménagées. Le principal personnage qui y avait été enterré est la 3b =S, Merti-r-merer, jusqu’ici inconnue; mais ces hypogées sont trop voisins du Sphinx et du temple de granit pour ne pas appartenir a la série de tombeaux du temps de Chéfren rangés de part et d’autre de la voie
conduisant de la plaine d la seconde pyramide et toutes les probabilités.
sont done pour que cette Nebti-r-merer soit la mére de Chéfren. Ses titres ainsi que ceux de sa fille qui sont presque identiques, sont aussi les mémes que ceux de la reine KF, dont Je mastaba est & Saqqarah", et qui est
. Manterte, Mastabas , p. 183; Lepsius, Denkm., Il, 14; Gavrurer, Le Livre des rois d’Egypte, t. 1, p. go.
+ ae fae " . ee ee ee ne ne ee ee a
|
— 49 — eae:
‘rée comme une femme de Chéfren. Le nom de sa fille commencant par Nebu est malheureusement incomplet; peut-étre est-il a lire 2S si la statue décrite page 44 lui appartient; elle serait dis- inete de la Nebti-khd-merer figurant au tombeau n° g2 de Gizeh'!) comme mme du prince —- j. Le prince =}, apparemment un fils de Chéops, wait pas non plus été signalé jusqu’d ce jour. i p : G. Dangssy.
Lepsws, Denkmiler, 11, 34 g; Mariette, Mastabas, p. 548.
EGYPTE CHRETIENNE® |
PAR
M. GUSTAVE LEFEBVRE INSPECTEUR EN CHEF DU SERVICE DES ANTIQUITES.
Il
A. A PROPOS DE SAINT LUC. — B. INSCRIPTIONS COPTES. — C. INSCRIPTIONS GRECQUES.
A
M. Clédat a récemment publié, dans les Annales (t. IX, 1908, p. 916- 293), deux intéressantes chapelles coptes de la montagne d’Assiout. Je viens d’avoir l’occasion — en faisant nettoyer et fermer d'une grille ces deux monuments, précieux restes du christianisme égyptien — de copier
mon tour les inscriptions peintes aux murs de ces chapelles. Si je donne ;
ici mes copies, ce n’est pas tant pour rectifier ou compléter (sur quelques rares points) les lectures de M. Clédat, généralement exactes, que pour indiquer quel est, en 1909, I’état de conservation de ces textes qui ont souffert du temps et des hommes, depuis six ans, et que nous espérons avoir mis désormais a l’abri de toute atteinte.
Je voudrais surtout, grace 4 un fac-similé et un essai d'interprétation, —
altirer l’attention des historiens ecclésiastiques sur une inscription copte de onze lignes, dont le premier éditeur n’a pas, 4 mon gré, suflisamment souligné limportance, en disant qu'elle «se rapporte a divers apdtres et aux Evangiles ».
) Voir le paragraphe I de cette série, dans les Annales, t. IX, 1908, p. 172.
ee ee a ee ee
si ae (2)
Ce texte, peint en noir sur la paroi du fond de la chapelle I (1a seule qui renferme des inscriptions), mesure o m. 15 cent. de largeur (ligne 11, dans son état actuel) sur o m. 08 cent. de hauteur. Il a <té tracé soigneu- sement, par une main experte.
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- MKATA MAOAIOC NEYALTAIAION : KZ
fiayoprt ne 2 NEeyarrataion [rature du scribe |
10 NTAYCA24 2N [OY AAIA
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-} MAPKOC 2@WB NTAYCA2Z4 2N OITAAIA :
Ma copie ne complete celle de Clédat qu’aux lignes 3 et 4. Ligne 3, je lis : Munca@c, non [m| nic@c, — et ligne 4 : awep 2MENETAITE npomne (Clédat : wzep2mMenmraaTe).
Fajoute que, ligne g, c’est le scribe lui-méme qui a effacé les derniéres lettres qui suivaient neyarrataion. — Ligne 10, il a refait sur une
h.
in ~~ Se
lettre ronde précédemment tracée, le 1 de 1oy.A.ata. — Enfin, ligne 11, im, vu par Clédat, a la fin de la ligne, a disparu. — Le platre est abimé ou a disparu aux endroits que j'ai marqués d'une hachure %.
Je traduis littéralement :
- Pour ce qui est (wév) de Luc, le médecin, il fut disciple (poOnrrs) des apdtres (dméoTonos)\"), Puis, tl suit Paul. Il vécut quatre-vingt-quatre ans. 5 Il écrivit cet Evangile ( edayyédtov) se trowvant en Achaie : 28. Ensuite il éerivit les Actes ( wpatis ) : 94, - L’Evangile (edayyédtov) selon Mathieu : 27. C'est le premier des Evangiles ( evayyéduov ). 10 IL fut écrit en Judée, fF Quant 4 Mare (son Evangile) fut écrit en Itahe |: 18].
Ce texte concerne donc la personne et les deux ouvrages de Lue, — ceux-ci dans leur rapport avec les Kvangiles de Mathieu et de Mare. Que Luc — celui dont il est trois fois question dans les Epitres de
Paul — soit l’auteur du troisiéme Evangile, cest une tradition admise — .
sans conteste, adoptée déja par saint Justin (Dial., 103) et qui remonte. au moins a la premiére moitié du second sidcle de notre ere. Qu’il ait été médecin, — médecin privé de saint Paul, qui l’appelle Aotxas 6 iarpds 6 dyannrés expression équivalant, suivant la remarque de Harnack®), a 6 éuds iarpds; quil ait été enfin le compagnon et le collaborateur de l’Apétre des gentils, ce sont 1a des faits suffisamment attestés et indiscu- tables. :
Moins connu et moins stir est le détail de sa vie. Il naquit 4 Antioche. Il
" Corriger le texte en NtATIOCTO- ‘) Dans son livre Lukas der Ariz. Je Aoc. citerai mes références d’aprés la traduction
® Lisez : d Jérusalem; plus bas, en anglaise de J. R. Wilkinson, 1909. — Italie=d Rome. Harnack (Wilkinson), p. 3 et note a.
ay | ge [4]
mourut en Bithynie, 4 73 ou 74 ans, selon la presque unanimité des manuserits de ’Argumentum Evangelit secundum Lucam\"), —a 84 (2mene- rAd TG) suivant notre texte copte. Il aurait écrit son Evangile en Achaie, in Achaiae paribus, non pas a Athénes, peut-étre 4 Corinthe, peut-étre a Thessalonique. Cette tradition”) est suivie par notre inscription d’Assiout (1.6: 20 Nea wTAxaia).
C’est une question débattue de savoir si les Actes sont, comme le troisiéme Evangile, Yeuvre de Luc). L’Argumentum est affirmatif sur ce
point, et notre texte copte reproduit la méme tradition: Muncwe aAqc2ai
NNGMpAZiC : KA.
On voit Vintérét de inscription d’Assiout; maintenant quelle en est la valeur, et quelle créance lui accorder? De quelle époque est-elle? Les peintures, dit M. Clédat (op. cit., p. 218), peuvent étre du vi’ sidécle ou du début du vn'; cest sans doute 4 la méme époque que notre texte a été peint sur le mur de la chapelle. Mais il est évidemment extrait d’un livre de priéres, ou plutét d'un livre d’enseignement beaucoup plus an- cien, et ce livre, quelle en est la source? Ne serait-ce pas ce document, existence hypothétique, mais trés vraisemblable qui, suivant Harnack“), aurait déja inspiré Eustbe (Hist. eccl., III, 4, 6%), et, avant lui, Pauteur de cet Argumentum Evangeli secundum Lucam (datant, au plus tard, du début du 1° siecle) qui s’accorde, sur plusieurs points importants, on l’a vu, avec notre inscription d’Assiout? Comparons en effet ces trois textes :
o
© L’Argumentum dans Peer Corssen, Monarchianische Prologe zu den vier Evan- gelien. Ein Beitrag zur Geschichte des Kanons (Texte und Untersuch., 1"* série, t. I, fase. 1, Leipzig, 1896).
) Blass (Evang. sec. Lucam, Teubner) pense que Lue écrivit son Evangile en Palestine ( Praefatio, § 3). Harnack ( Wil- kinson), p. 150, dit au contraire : «From the proeminence given to Ephesus, it surely follows that it was wrilten in some region for which Ephesus was an
important centre ( Achaia therefore remains open)». —Deméme, p. 152: «AtEphesus or some place in Asia or Achaia».
) Harnack (Wilkinson), p. 26-145.
( Harnack (Wilkinson), p. 4: «... Eusebius is scarcely dependent upon the Argumentum..... Rather we are here compelled to assume a common source, which must therefore be of very early date. »
(5) Eusebius, Werke, t. Il, éd. Schwartz, Leipzig, 1903.
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(4) GNOWWOD FOUNOS
i fs [6] Dans le texte précité de LArgumentum [p. 8, 1.9], annorum LYXI[] —
ou LXYYX et tres — est donné par dix manuscrits, tandis que dix autres donnent sepluaginta quatuor ou LXX et quattuor, ou encore sepluaginta et quattuor. Un seul est d'accord avec notre version copte, un manuscrit d’Autun (Gr. Séminaire, n° 4), portant : octuaginta et quatuor), Ce détail qui n’est pas sans importance, l’arrangement et la rédaction des lignes 8-11, des omissions capitales, comme celles de la nationalité et du célibat de Luc, me semblent démontrer — malgré les lignes 1, 2, 3, 4,5, 6, 7 — _ que la version copte n’est pas, non plus que le passage correspondant d'Eusébe, une traduction de l’Argumentum; ces trois textes, Argumentum, Euséebe, inscription d'Assiout, dont le témoignage concorde dans l’ensemble , sont vraisemblablement des cuvres indépendantes, s'inspirant d’une trés ancienne tradition pouvant remonter aux premiers Ages de lEglise.
Quelque chose reste pour moi inexplicable dans cette inscription : les nombres 28, 24, 27, [18], qui suivent respectivement la mention du troisiéme Evangile, des Actes, de lEvangile de Mathieu, de celui de Mare. On songe naturellement 4 une indication du nombre des chapitres de cha- cun de ces ouvrages; mais c’est 24 chapitres qu’a le troisitme Evangile, et non pas 28; 28 les Actes et non 24; 28 VEvangile de Mathieu, non 27; 16 enfin lEvangile de Marc, et non point 18. Faut-il mettre cette erreur — si erreur il y a — sur le compte de I’étourderie du scribe?
Voici le texte des autres inscriptions peintes sur les murs de cette méme chapelle (cf. le plan donné par Cripar, op. cit.).
ABSIDE.
Dans arc :
1 GON O OGOC AYT@M NPOCKHNHCOMET Te)
™ Ce manuscrit est du 1x* siecle, postérieur certainement a notre inscription.
in oie
Au-dessous du cintre :
2 2AMOi1 2AMOi
3 - iw2annc ‘- macon 1@2ane (sic) 4 nae NIACTAM@N Ap! TAMGYE dO
5 MACON MHNA
6 TABBLMNORD
1, texte grec : |wy 6 Ocds* atta wpoox(v) mower: duxjv. Est-ce une cilation? @pooxvveiy se rencontre suivi du datif dans le Nouveau Testament. — 4, api MAMEYE GO (souvenez-vous de moi, amen) est omis par Clédat. — 3-4, graffiti pos- (érieurs. — 6, lire na[con A]NO0AA@.
PAROIS.
Sur la paroi, 4 droite de l’abside, au-dessus d’une niche en forme de conque :
7 O YAAB 2AMHN Plus loin, aprés une petite niche rectangulaire :
pe ae ATIA TIATEPMOY TE 7 AY Sous l’abside et sous les deux niches :
9#OC7ANA POlBAM@N fOC”aAnNA rewmpre POC” ANA MHNA foc x
Pilier A: 10 NENIWT AAAM TGENMAY ZMH TENMAY MaApl4 Pilier B :
11 wPOPuT HC “ NGEKPLTHC 4“ MAPTHPOC “ MENS d Pilier € | [ : b nep
19 (a) yaep “ANA 1B NpMGOY 13 (6) MATA 1M2ANHC MNAKE 1 Aw
14 (c) el (d) MN AMA MAYAG ATA COYPOYC AMA ICAK AIA ICAK 7 AY
Mur est :
(sie) 15 AKAPE MNGIUHPG 7 ATA MMYCHC. . .%
eae, , ple En face l’abside :
16 ANA TA...
7, Giédat a encore pu lire: eroy ads 2Amun. Je pense que ero de[eTo]y Aas était 4 gauche de l’abside; a disparu. — 8, Clédat a vu aria ATEpMoy'Te deux fois répélé; aujourd’hui « initial du second ana subsiste seul. — g, la -F de [-F Joc a disparu. — 10,1 et w de neni@r combinds en un seul signe. — 11, po de [m|rpodurue existe : ces deux lettres élaient cachées sous du platre que jai fait
-tomber. — 11, men[, non plus neni. @: c
— 12, dana oynogep vu par Clédat, ¢ a a
il ne reste plus que |aep. — Lire Paces — rep mlep Rane ims 6
npmco[ ya] et non mpmool[ya] : le me
texte porte bien un © (voir le fac-similé),
il n’y a done aucune correction a faire. —
1h, ama icax est répété, sans doule par
étourderie du scribe. — 15, MAP 7 ATTA —_—
Ma vus par Ciédat en téle de Ja ligne ont — —
disparu. — a dans mneawurpe n'est 4 |
pas, comme dit Ciédat, représenté par
elo (= @), mais bien par ce sigle augmenté
en bas, & droite, d’un petit trait vertical, de maniére a représenter exactement un a). — Lire mwy cue, non pas Moycuc. — Les trois lettres qui suivent ce mot sont illisibles. — 16, aprés and mA, trois lettres illisibles.
La litanie (7-16) se traduira : « [Le Pere, le Fils, le| Saint-Esprit, Amen! Apa Patermoute, A[pa..... ], Christ)! Apa Photbamon, Christ! Apa George, Christ! Apa Ména, Christ! — Notre pére Adam, notre mére Zoe), notre mére Marie |... .les| prophétes, les juges, les martyrs, notre ee
) gan, n’est-ce pas le nom déguisé dEve? «Et vocavit Adam nomen uxoris suae Heva : eo quod mater esset cuncto- rum viventium> (Gen., 1, 20). Aprés
“) Sans doute le nom du saint patron dun des personnages cilés lignes 2-6, peut-étre Apolld.
“) Roc =xpicroc (=Xpio7é) le
Christ est invoqué, ainsi que dans les litanies de PEglise, apres le nom de - chaque saint considéré comme interces- seur.
Adam, apres Eve-Zoé, il est tout naturel de trouver Je nom de la Vierge Marie. ela nouvelle Eve».
(9] a
apa Ouno|phir, apa Phib de Pergo|usch
. ++], apa Jean de Paké®), a[pa. . .]
et apa Paul, apa Sourous, apa Isaac, apa Isaac, a[pa..... apa Ma|caire et ses fils, apa Moyse|....... ] apa Pa{ul(?).»
B. INSCRIPTIONS COPTES.
1° Plaque de marbre, 0 m. 32 cent. x o m. 38 cent., incomplete a droite (excepté 4 la hauteur des lignes 3, 4 et 5), brisée en bas. Elle appartient 4 M. Beaugé (Assiout), qui I’a achetée au village de Rodah; elle provient tr’s probablement des nécropoles chrétiennes d’Antinoé,
Cid) a
rte EWXEEPEN
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NY ENOYTENAP XIATPOCAL
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IMANAT Ay
CTNNN YTEEIAITE
" Cf. Crépat, Annales, t. IX, 1908, p-220,n.2,et Améuingau, Géogr., p.319. ® ATTA 12ANHC MITAKE N’est pas un inconnu. M, Crum me le signale parmi les graffiti de Deir-el-Gebraoui (Dér-el-
Gebrawi, II, pl. XXIX, 3, I. 9), et ceux aussi de Denderah (ibid., p. 46, Appen- dix 1). Paké, dont toute trace a d’ailleurs disparu, n’élail peut-étre pas trés dloigné de Lycopolis.
ae ee [10
* EQ)XE6 GPE NENBIOC THPG ANON NPMME TNTON 6Arary a(n] NCA OYP2@4 NKANNOC ANOK (O)yN MENOY TE MApxIAT POC Ai = 5 [ma]pare Nee Noy2aizec na = [com]A Mn 2MmiMma mai ma[rina] [Ac 2]aeTn nn(o)y Te e1arre! [ Jamn |
3, traces d'une lelire aprés Anox (??). — 6, apres ma final, on voil la partie supérieure du mi de [ria]. — 8, traces de lettres a Ja fin de Ja ligne, aprés ani, mais illisibles. — 5-7, restilulions dues & M. C. Schmidt.
Si notre vie tout enticre d nous autres hommes n’est semblable d rien qu’é une euvre de fumée, — moi done Schenouté, médecin en chef, j'ai passé telle une ombre. Mon corps est en ce lieu, mais (ev... 58) mon dme repose en Dieu.
Je demande |...
Sans doute demande-t-il qu’on prie pour lui. 4 On rapprochera de cette inscription un texte publié par M. Clédat dans Te Bull. Inst. Fr. Ar. Or., t. Il, 1902 (p. 4 du tirage a part), provenant de léglise de Dér Abou Hennés, a quelques kilometres de Cheikh Abadéh (out je suppose qu’a été trouvée la pierre ici publiée). La vie de Thomme a y est également comparée a une fumée (nBioc THpd npwme 6462@4 Noe NOYKANNOC), et les solicitudes de l’existence 4 une ombre qui s’éva- nouit (Ay@ Npooyay THPOY NTEMBIOC GCOYO NOE NOY2AIBHC). Ce sont 1a des idées et des comparaisons bibliques : «dies nostri quasi _umbra super terram » (Par., I, 29, 15); «dies mei sicut wmbra declina- verunt» (Ps., 101, 12), etc.; «defecerunt, sicut fumus, dies mei» (Ps.,
101, 4h).
2° Linteau de la porte d’une chapelle, long de 1 m. 96 cent., large de o m. 33 cent., trouvé 4 Abou-Hamed (Fayoum), et transporté au Musée du Caire en décembre 1908. Au centre du monument, une croix inscrite dans un cercle; a droite et 4 gauche, le texte trés réguli¢rement gravé. — Date : 959 (675 de Vere des martyrs, A1OKAH X06).
[14] — 60
m6C IC NE XC BOLOGIC KYPM ray AWKATa 2NNEG pIHA MQ)HPG MUIMAKAPIOC @MeEn21C6 » MMINM ie eas |Mn-reaceime MN eek MAG ALOKAH XOG [NéaapHp]e x6 NTAG AG corcle,
3 Se ete jews
C'est une dédicace. On peut la traduire : «Seigneur Jésus-Christ, vous viendrez en aide d Cyrus Gabriel, fils de feu |... .|, 4 sa femme et a ses enfants. Car c'est lui quia... . et qui| a érigé (ce monument) par ses propres soins. Année de Vere dioclétenne 675.» Le début de Vinseription est léquivalent de la formule paienne, si fréquente dans les dédicaces : dmép avtod xal tis yuveinds xat rv téxvev. — On notera lorthographe raypina, et les
formes dialectales n'raa, AaKATS et MMA.
3° Belle pierre tombale, provenant des fouilles de M. Gayet 4 Antinoou- polis (1908), transportée au Musée du Caire en juillet 1909. — Calcaire :
1m. 60 cent. x o m. 55 cent. Les lettres ont été passées au rouge.
10 6 TIpco NATOY
NOoCcT iC
: :
S 5 :
Oar os, [12]
1-9, Jésus-Christ, ne les efface pas du livre jusqu’au jour du Jugement. — 3, B1=41. — 5, mAaz = wA4E, tabella, plutdt que liber; mais il s’agit, je crois, ie livre ow sont inscrils les noms des élus. Pour V'idée, comparer Exode, 32, 32 dele me de libro tuo», et 33, «Qui peceaverit mihi, delebo eum de libro meos, et surtout Apocal., 3,5, enon delebo nomen ejus de ithro vilaen; 22, 19, rauferet Deus parlem ejus de libro vitae», ete.
Je ne comprends pas bien la fin de l'inscription : epe. . . IC... . me ressuscitera — Jésus. Qu’est-ce que npco")?
NATOYNOCT
* * *
C. INSCRIPTIONS GRECQUES ™). 814
Cuerku Axapéu, dans les ruines de la ville antique d’Antinooupolis, mars 1909. — Musée du Caire. — Beau linteau, décoré, 4 la partie supé- rieure, de rinceaux et de perles. — Calcaire : 1" 60 x 0™ 35.
EILBEDLOBOHBCONAMAAWE TOVATIOY TOTIO Ce ATIAKEPAKO ¢
ets Deoo 0 Conbay apa hw Tov ayiou tomo
Inédit ; ma copie :
ama xEpaxor Les noms propres sont étranges : xepaxoo) peut étre une mauvaise orthographe de Kupiaxds (la variante KApaAKoc est connue). Quant au nom féminin Aw, je ne sais rien qui lui ressemble. Ce texte funéraire, si bref qu'il soit, n’est pas sans intérét. Ll se compose de deux parties, que la croix sépare. On peut le traduire : «Il n'y a qu'un “Dieu; il est Vappui de (la défunte) ama Lé. — Sépulture du saint apa
/
© M. Crum voit dans 7 XC initial et i€ final de simples ornements, et il me propose cette traduction : «1¢ xc : De- Sense @enlever cette pierre (wA4E) jusqu’au jour du jugement, (quand) le Seigneur (?) me ressuscitera. 1». (On sait que le souci de Pinviolabilité de la sépulture était aussi poignant pour les chrétiens que pour les paiens. )
) Je leur donne les n* 844-818; sur Ja méthode de publication de ces textes grecs, cf. Annales, t. IX, 1908, p. 172, a propos des inscriptions n” 809-813.
) Kepaxds est pour Kepaxod [rémos tov dylov awa Kepaxo(d)|. Une pareille faute est Join d’élre un cas isolé dans nos inscriptions grecques-chrétiennes
d'Egypte.
[13]. oo 8 oe
Cyriaque.» L’interprétation des premiers mots ne peut donner lieu a aucun doute : le Recueil fournit une vingtaine d’exemples d’inscriptions ot Yacclamation els Oeds 6 Bonbaiv, suivie du nom du défunt, constitue toute 'épitaphe : es Ocds 6 Bonbav, Mérpos (Recueil, n° 498); ets Ocds 6 Bonbav, Zdpa (ibid., n° 518)", ete.
Mais I'ama Lé ne s’est pas contentée d’une sépulture quelconque. Elle a youlu que son corps reposat prés des restes d’un saint’. Qu’on ne voie pas dans ce veeu un sentiment d'origine paienne, une survivance du pieux désir qui animait tant d'Egyptiens de reposer, en Abydos, prés du tombeau d’Osiris. Ici, l'idée est toute chrétienne. On la trouve exprimée sur des épi- taphes de toute provenance ), et résumée dans ces passages de saint Maximin de Turin et de saint Ambroise) : «... hoe a majoribus pro- vidum est ut Sanctorum ossibus nostra corpora sociemus...%, eb «... commendabiliorem Deo futurum esse me credam, quod supra sancti corporis ossa quiescam. . . ».
Comme tant de chrétiens d’Occident, l’ama Lé voulut done étre inhumée dans la méme sépulture — rézos °) — que cet dy:os dd Kepaxds d’Anti- nooupolis. Elle voulut étre «sociata martyribus, sociata sanctis», comme s’expriment les épitaphes latines. Le fait valait la peine d’étre noté en
Egypte. 815
Axumim, février 1909. — Musée du Caire. — Colonne de marbre,;,
® Gf. Recueil, n* 414, 438, 449, 488, 492, 493, 498, 499, 500, 501, 518,519, 524, ele., et n” 415, 424, 453, 483, 490, 495, 502, 511, 512, 516, 517, 520, ele., ot la formule est la méme, avec, en plus, une date, une acclamation supplémentaire, elec.
“ Un saint, dyos. Les Chrétiens d’Egypte n’étaient pas prodigues de cette épithéte, qui n’est pas synonyme de pa- xdptos; elle s’applique & des défunts dont la vie a été particuliérement édi-
fiante, & un moine (Recueil, n° 575), & une vierge (ibid., n°? 577), bref & des saints, ,
‘) Cf. Le Brant, Manuel, p. 144-151.
Cités par Le Brant, loc. cit.
) Téros, fréquent dans I’épigraphie chrétienne d’Attique et d’Asie Mineure, avec le sens de sépullure, serait un 4ma& dans l’épigraphie chrétienne d’Egypte, si Breccia n’en avait trouvé un exemple & Hadra, l’an dernier (Bull. Soc. Arch. Al. , XI, 1909, p. 282).
ht [14]
haute de 3™ 50, trouvée dans une maison au sud-est de la ville. Au haut du monument, une croix latine, bien gravée; par-dessous, ce texte également sculpté avec beaucoup de soin. (Le fac-similé ci-dessous d’aprés
‘e Inédit ; ma copie: umep euxna ndsodw@pov Hot KAAPONT Kab TOW
TEXVGY AVTDY
___ Formule plutét rare, et d’ailleurs spéciale 4 l’épigraphie chrétienne" : - _ sEx-voto d’Héhodore, de Kallirhoé (sa femme), et de leurs enfants oe
816
Puix. — Stele destinée au Musée du Caire. — C’est 4 Assouan que cette stéle a été découverte (dans le jardin public), le 5 juin tgog. Nul a doute qu'elle n’y ait été transportée jadis de Vile de Phile (cf. Recueil, ~ n® 584-604, et surtout n* 592-600). — Grés 0™ 50 x o™ 66. Les lettres ont été passées a 1a couleur rouge.
7 ETT OCA PATTON oc
ay oY K D0 Cc ] WUAEN Oy evr Pr(aousov) TUPATELWVOT ; TPA TTOCITOYK AI cap] tov xabosimpsvov ; OV TTPIF KITTOCANENEw mparmocrtov xt cabs e.N P OCEK EE AE N vou Mplyximog avevew ‘ Be ekn Gace 5 On 0 mupyoo ex Depers WC W 7 TTAXONKE WY EWT AVG) TAYGY KE THC = INA KTIWNOcz tz & ivdintiwvoed
) Cf. Rewacn, Trailé d’épigraphie grecque, p. 383.
[45] | ws Gh
On trouvera dans le Recueil, sous les n® 584-604 (Phila), un certain nombre d'inscriptions similaires. Le titre de wpamésitos, preposilus, donné a FI. Sarapion, désigne ordinairement les préfets (préfet du prétoire, de la Ville, etc.). Mais il a aussi le sens de legionis dua"), et c'est proba- blement ainsi qu'il faut l’'entendre dans notre inscription ®), Ce prepositus est qualifié de xa6(w)orwpévos) «devotus; titulus datus tribunis, secretaris sacri consistort, magistrianis », etc. “),
Si Fl. Sarapion est le commandant militaire de ile, Sabinos en est le premier dignitaire civil. I] porte le titre de @psyxA), qui parait bien signifier «6 pares tv wodutindy takewrésy » ©), Ce méme terme, dans les inscriptions du Recuedl, n° 603 et surtout n* 594 et 597.
Pour lexpression dd ou éx Sepedrlor, ef. Recueil, n* 597, 598, 601.
817
Pura, 1 909. — Stéle destinée au Musée du Caire. — Petit fragment, trouyé au milieu d’autres stdles et fragments de stéles, devant le temple d’Ari-hes-nefer. — Grés : 0" 11 X 0" 31.
Inédit ; ma copie :
X C K Bs P IG a xupte [ > Y apapt | nara
fe |
Je n’arrive pas a identifier ce médiocre fragment. Le cas duaptnpdrev
ne se rencontre que dans ce passage de Jérémie (Lament., 1, 22) : wep) .
adytay TAy duaptnpdtow pov.
“) Du Cange, s, v. ou lon a mponbatros. ® Ce serait un équivalent de l'érap- ) Cf. Recueil, n° 603. yos Asyed@vos de Recueil, n° 597 (de “ Du Cange, s. v.
méme n° 594). — Cf. Recueil, n° 468, ) Du Cange, s. v.
he
cael aes WAS [16] 818
. Kiivanscutu, 1908, — Stale destinée au Musée du Caire. — Stdle en grés :
07 18x 0™16.
Inédit ; ma copie:
e CNteo KA TAS TALAN MA PI AN ie O' AX ENGEANE GS OH
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5 AVaATAVTOY THY
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eo xwWATNST a
Conny xat woo ax (xat) caxw 46 + :
Les stéles de ce type se rencontrent trés fréquemment en Nubie, et surtout 4 Kélabsch¢h : ef. Recueil, n* 622, 623, 624, 625, 629, etc. Le nom propre mis a part, la stéle est identique a celles du Recueil, n™ 649, 654, 655, 660.
Aussi, quoique la fin de la ligne 4 soit tres endommagée, et que je n’y aie pu rien lire avec certitude, si ce n’est un x, il est trés probable cependant qu’aprés le quantiéme de Thét (xz? ou simplement x?), on doit avoir — plus ou moins abrégé — le mot évd:xtidivos, dont je crois lire ailleurs «x. Le nombre ry est douteux, bien que possible.
Le nom propre ®) reste pour moi énigmatique. La lettre qui suit 7 initial
est ronde. La lacune est ensuite d’une lettre probablement : 7. [ . ]Oca.
La fin se lit, bien entendu: dvomavcov tiv Puy ry aur(is) (v) x(4)Az(oss) A€pady xa) loadx xad Laxd6, cpr (40).
G. Leresyre.
Assiout, juin 1909.
® Voyez cependant, sur ce texte, la note de Weigall, dans les Annales, t. 1X, 1908, p- 106. — Il est précédé de I’épithéte ordinaire 1) paxapéa, écrite par erreur » papla. Annales du Service, 1909. 5
CINQ INSCRIPTIONS GRECQUES DE KALABCHAH (NUBIE)
PAR
M. HENRI GAUTHIER.
Parmi les nombreuses inscriptions grecques peintes 4 la couleur rouge sur les parois de la cour d’entrée et sur la facade du pronaos du grand temple de Kalabchah (Nubie), l’'ancienne Talmis des Grecs et dés Romains, il s’en trouve cing qui présentent un intérét particulier. Tandis que les autres consistent presque uniformément en proscynémes adressés au dieu Mandoulis par des légionnaires romains du camp de Talmis, celles que nous allons reproduire et commenter ici sont d’un caractére bien différent; quatre d’entre elles (sur cinq) sont écrites en vers et constituent de petites pieces poétiques comme on aimait tant 4 en composer 4 I’école d’Alexan- drie pendant les premiers siécles de I’ére chrétienne. Ces quatre textes, d la vérité, ne sont pas nouveaux; mais ils ont été si mal copiés et si peu soigneusement édités que nous avons cru bon de les présenter 4 nouveau,
aprés leur avoir fait subir une revision rigoureuse sur l’original pendant.
“notre séjour 4 Kalabchah Phiver dernier. Quant a la cinquiéme inscription, elle n’avait pas encore été remarquée, et. nous la publions ici pour la premiére fois.
I
Le plus considérable et aussi le plus curieux de ces textes est celui qu’on
peut lire sur la paroi sud de la cour (4 gauche en entrant), au-dessus de »
la porte donnant aecés a la chambre Jatérale la plus rapprochée du pronaos.
Il se compose de trente-six vers (dont trente-quatre seulement ont été copiés et publiés par les différents savants qui s’en sont occupés) soigneu- sement écrits en belles et réguliéres majuscules rouges; la couleur est assez _alténuée par le temps, mais on la fait rapidement réapparaitre en versant sur la pierre de l’eau, ou mieux encore, de lalcool a braler.
eG we [2]
Avant de reproduire ce texte, je crois utile de dresser la liste complete des publications successives qui en ont déja été données :
1° Linscription ne figure ni dans louvrage de Gau, ni dans celui de Lepsius, ni au Corpus inscripiionum grecarum de Beeckh; elle a été décou- verte seulement pendant Phiver 1893-1894 par MM. Sayce et Mahafly, au cours d'un voyage 4 dahabieh que ces deux savants anglais accomplirent en Basse-Nubie, entre la premiere et la seconde cataracte. Leur copie fut com- -muniquée au monde savant par M. Mahaffy, dans le tome XVIII du Bulleuin de Correspondance hellénique (1894), aux pages 150-151, et un autre savant anglais, M. Bury, fit suivre cette copie d’un assez long commentaire aux pages 154 4157 du méme volume.
2° En 1894 également, M. Sayce publiait la méme copie dans le tome VII de la Revue des Etudes grecques, aux pages 28h et 285, et M. Henri — Weil, aux pages 285 & 291 du méme volume, donnait une transcription en lettres cursives, avec la séparation des mots et leur accentuation, puis un long commentaire, et enfin un essai de traduction du texte.
3° L’année suivante, en 1895, un helléniste allemand, le professeur Erwin Rohde, de Heidelberg, donnait une transcription en lettres minus- cules, avec la séparation des mots et leur accentuation, suivie d’un com- mentaire important, dans le Philologus, Zeitschrift fiir das classische Alterthum (Gottingen), t. LIV, p. 11-15, sous le titre : Metrische Inschrift aus Talmis.
h° La méme année 1895, M. G. Gastinel reproduisait le texte, en lettres majuscules, d’aprés la copie de Sayce, et en coupant les mots, dans les Mélanges d’archéologie et d'histoire de U’Ecole francaise de Rome, t. XV, p- 485-491, sous le titre : Une inscription grecque acrostiche. Il remarquait le premier le nom de l'auteur du poéme, et se livrait 4 une assez longue étude sur cet auteur, 4 qui il attribuait une autre inscription grecque de Maharrakah (Nubie), l’ancienne Hierasykaminos (voir au Corpus inscrip- tionum grecarum de Beckh, n° 5119).
5° En 1902 enfin, M. Henri Weil reprenait purement et simplement, sans y rien changer ni ajouter, son étude de la Revue des Etudes grecques,
5.
[3] | pe es
et la transportail telle quelle dans ses Etudes de littérature et de rythmique grecques, p. 112-119, sous le titre : Un potte éthiopien),
Toutes ces diverses éditions, on le voit, ne reposent, en somme, que sur la copie de MM. Sayce et Mahaffy a laquelle les commentateurs posté- rieurs ont fait subir toutes les corrections et conjectures qui leur ont paru nécessaires \ la bonne compréhension du texte, mais sans jamais avoir eu la bonne fortune de pouvoir lire Yoriginal et en prendre une nouvelle copie. Plus favorisé que ces savants, jai pu revoir le texte sur place, et voici la copie que j’en ai faite; elle différe, en certains points, de celle de MM. Sayee et Mahaffy, et fixe définitivement quelques-uns des points douteux que cette derniére avait laissé subsister. Elle donne, en outre, les quelques mots qui existent encore du vers 36, lesquels n’avaient pas encore été remarqués,
MAKAPIONOTEBHNHPEMIHCTONMONECAGPHCAI > AEPITONOGEINONYYXHCMNEYMENANEINAI > ZENAMOIBIOTHNEPIOPENANANTOOENEAONEITO > * |CTOPAKAK: 1H: CEMAYTONOYKEXWNEAELXON > MYCTHNTOTE: KI-KAHCKE®YCICMONONIEWPTLEIN > OCO%OCTOTEFWNOIKIAONHPMOZONAOIAHN > CEMNONANOSEWNKWTIAONENITYXWN*NOHMA > AHAONOTE@SEOICAPECTONHPFAZETOMOYCA > EAIKWNIXAOHCANOEMONAMETINAZAKWMON > 10 KAITOTEMETICYNNOYMYXOCHP(*)EGICEMEPECOAI > OAIFONENMI®OBON - ®ANTACIHCONAPT(?)PAM()HNAI (sie) YMNOCAEMEAEIYACTAXYNAMEKOMICEOP(®), . . TC) PCHN (+) PEIOPOICEAOKOYNIAPNOTAMOYCWMAANOJAO}JYEIN (ae) iIKANOICAMONIAOYIFAYKEPOYY AACINPOC()H()]NWC (ie) 15 WPMHNA€CEMNHNMOYCWN{KAAJAIENEIAN > [NYMAICAM]AM[ACAICME(C)CHNKWMONAEIAEIN] >
co
® Je dois la plus grande partie de ces renseignements bibliographiques a Yobligeance de M. G. Lefebvre, inspec- teur en chef du Service des Antiquités & Assiout. Aucun de ces textes ne figure dans le Sylloge Inscriptionum grecarum de Dittenberger. Quant aux Inseriptiones
grecae ad res romanas pertinentes , récem-
ment éditées par les soins de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, je n’ai pu en avoir 4 ma disposition le tome II contenant les textes d’Egypte, et je ne sais si les inscriptions de Kalabehah y figurent.
— 9 — [4]
EAAAAOCTIKAFWBPAXYAEIY¥ANON : NOMIZ[WIN > FPAMTONAMOCOVHCEMNEYCA®YXHCMOYNOHMA > PABAWAE€ETICOIAKATAMEAOCAEMACAONHCE. . (sie)
20 APMOFHNMEAGICYNEPFONEMEKAAOYNXA, .T()TEIN > YOFON-: AAAOTPIOICHOECINAMOAINWNAAH[AOIN: > APXHAEMEKAHZEN (si) CO®ON - MOHMA- AGZAI(?), . (sie) AAMMPOCTOT[E|MANAOYAICEBHMET AC: ANOAY|MJNOY > @EATWNBAPBAPIKHNAEZIN- AMAIOIONWN >
a5 KAITAYKEPHNECMEYCENE®EAAAAAMOYCANAEICAI > AAMMIPAMAPEIA®EPWNKAIAEZIOCICIAIBAINWIN] > PWMAIWNMEFEOEIAOZANATAAAOMENOC > MANTIKANYOIOWNATEAHOEOCOYAYMNOIO > WCBIOCANOPWNOICNPOOPW)MENOCEZEGENAYXE! >
: 30 WCHMAPKAINYZCECEBEI-WPAIAAMANACAI >
: KAIKAAGOYCICEBPEIOKAIMANAOYAINC()YNOMAIMOY{C(?)] >
ACTPAQEWNEM()ICHMAKATOYPANONANT()EAAONTA >
KAITAAECOIC(TEIXEMIC(). ..A. WCEIN- AYTOCEAEZAC >
KAICO@AT PAMMATANAPAGEOICMETICTOICECOPACOAI > f
OE
... KAKAIAY()C@I@)TOICNPWTOICFPAMMACINEIGOMENOC >
La copie de MM. Sayce et Mahafly ne tient aucun compte du sigle >, qui est pourlant trés nettement lisible a Ja fin de chaque vers (exception pour les vers 11, 19, 13, 14, 19, 22 et 35).
Les points qui sont semés a tort et 4 travers dans ce texte, et jusque dans Vintérieur d’un méme mot, n’ont pas davantage été relevés; ils sont, du reste, sans aucune espéce de signification ni importance, et je ne les ai reproduits que par souci de rigoureuse exactitude. Voir aux vers 4, 5, 7, 11,17, 21, 22, 23, 2h, 30 et 33.
Le vers 16, qui était fort nettement lisible en 1894, se trouvant écrit sur un joint entre deux assises de pierre, a été recouvert de ciment lors des travaux de protection contre les eaux du barrage d’Assouan surélevé , qui ont été exécutés pendant Vhiver 1907-1908; il n’en reste plus que les deux lettres AN. Il en est de méme du vers 35, qui a complétement disparu, et qui, d’ailleurs, avec le vers 36, n’avait méme pas été apercu des premiers copistes.
Avant de présenter les quelques remarques que comporte ce texte, je vais le transcrire en lettres minuscules, en coupant les mots, et en ajoutant
[5]
l'accentuation et la ponctuation, ce qui le rendra plus facilement lisible et
See SINE eae
compréhensible :
20
30
Maxedpiov br’ &nv ypeplns (sie) témov éoabpica, dgps 7 mobewey Puxis wvedp’ emavelvar ,
Elva por Groth wep) Opéva wdvtober edoveiro. fotopa xaxins éuavtoy oux Sywy Beyxov, pian» rére xixdnoxe Qvots wovov yewpysiv. Oo coQos tor éyw aotxldov Hopotov aod, ceuvoy amd Sedv xwtlhov emituyow vOT UM. “Aijron bre (sic) Seots dpeolov ripydleto Motion, Exixeve (sic) yrofs dvbeuov dmerivata x®Bpov. Ka) tére pd tis dmvou puxds rip(?)ice Péperbar, dAlyov ém) Oé6ov avrasins dvap tpamijvas(?).
Yrvos 88 pe retbas taydy dmexdpsze Ool?). . . T(2)p(?)mv*
pelOpats edéxouv yap wotapod capa dmolholvew, ixavots dnd Nédou yAuxepod vdact @poa(?)|n] vas. Qopnv 53 cepviy Movodiv [xad]Asemelay
[wWuGas dule aldous pelc)onv xapov aeider| Barddos te dyes Bpayd retbavor voule|w|y,
ypanloy dnd coQiis Emvevoa Puxiis pov vdnya. : Pode (sie) SE tis ola xara pedds déuas Sovrfa(?)| exs (2) ; dppoy iy péres ouvepyor émexdhouv xa. .(?)TEW(?), Pbyov drotplos HOeow dmwodimadn ddn[roly. -
Apyii 5€ pe xdriRevt0 odGov edna (sic) AéGats2). ‘Aapmpds réz[2] Movdoudus &y weyas dm’ Ors [u|rrou, SAyav BapSapixiy rE dm AiOiérew,
xal yhuxepny (sie) Eomevcen EQ’ Enrdde povsav asion, hapmpd wapeia Pépwv xak S08 Loud Batveo[r], Pewpalor peyber SéEav dyadddpevos,
povtind auvbidev, dre O) Seds OdAdurot0,
css Glos dvOpairois wpoopaipevos elev abyer,
as yap nar wE ce oder, dpa J dpa wazae,
xo xadtoval ce Bpeld xat Mdvdovduw ovvoualpou| s| (”) dolpa Seay én(i\lanua xar’ odpavdy dvy(?)€dA(?)ovT a.
ai At
—1W— [6] Kat ride cot oletrye(t)o (2)... a. dzew avtds anaase
L’établissement critique de ce texte a déja donné lieu 4 trois commen- taires, et je n’entreprendrai pas de refaire 4 nouveau cette étude. Je me bornerai simplement 4 ajouter aux explications de MM. J. B, Bury, Henri Weil et Erwin Rohde les quelques remarques suivantes, qui m’ont été suggérées par la revision attentive de loriginal.
Vers 1. la lecture EBAN (ar) de M. Sayce ne se justifie pas plus que sa lecture HPEMIAC (sipewéas); il y a bien ny et #peudns. Il est bon a noter, du reste, 4 propos de cette derniére forme, que notre auteur emploie constamment l'accusatif en yy et le génitif en ys (au lieu des formes régu- liéres en a» et as) pour les substantifs de la premiére déclinaison dont le radical est terminé par un p ou une: cf., par exemple, xax/ns (vers 4), Pavracins (vers 11), yAuxepyy (vers 25).
Vers 2. La lecture A€PITE (déprre) au lieu de AEPITO (dép 72), proposée par M. Bury, n’a aucune raison détre, pas plus que sa réflexion sur omission de I’article. La lecon éwavetras (pour éraveivac) est également injustifiée.
Vers 3. La lecture MANTOCOEN de M. Sayce, admise encore par Erwin Rohde, n’a aucune raison d’étre; elle donnerait, du reste, un vers faux; loriginal porte clairement NANTOOEN (wdvrober ).
Vers 4. Toutes les conjectures et remarques grammaticales, si subtiles soient-elles, de MM. Bury et Weil ne sauraient prévaloir contre le texte, qui porte bien clairement ce que nous avons donné.
Vers 5. Ily a bien KIKAHCKE (xéxAnoxe), et non KEKAHCKE, comme le porte a tort 1a transcription de M. Weil.
Vers 8. L’original donne AHAONOTE (diAov are) au lieu de la forme correcte AHAONOTI (diAo» dre).
Vers g. La lecture EA‘xov de MM. Bury, Rohde et Weil est fautive : le
tee — 72 —
texte porte, sans contestation possible, EAIKWNI (Exar). M. Sayce ayant lu, aprés.ce mot, XAWHG. (xAains), M. Bury dit que cest 14 une faute pour yAo#s due, non pas au copiste, mais l’auteur lui-méme. M. Weil accepte aussi cette lecture fautive xAadns. Or, il se trouve que Voriginal porte fort nettement la forme correcte XAOHC (xAovs), ce qui coupe court a toute espece de discussion.
Il y a bien ANOEMON (dvbezov) et non ANOIMON, comme le propose M. Weil; de méme, le dernier mot du yers est nettement KWMON (x@pov) et non xépov, comme voudrait lire M. Weil.
}
Vers 11. La lecture TPANHNAI (spamivat) pour le dernier mot, admise sans réserve par les divers commentateurs du texte, n’est pas absolument —__ certaine, les caractéres étant assez effacés. M. Bury déclare se défier de la . forme épique ®ANTACIHC (Gavtactys); voir, d propos de ce mot, la remarque qui a été présentée plus haut (vers 1).
Vers 12. Je ne sais trop pourquoi M. Sayce a lu AEWAC (Aebas), ni pourquoi les commentateurs ont maintenu cette forme, bien quelle les génat; MM. Bury et Weil ont cru se tirer d’affaire en conjecturant un mot [x]Adbas, qui n’offre aucun sens satisfaisant; original porte clairement AEIVAC (Aetbas) : le sommeil m’ayant abandonné.
La fin du vers est trés douteuse : la restitution Q/[Anv y|fv de M. Weil, acceptable en ce qui concerne le sens, devient beaucoup plus douteuse — lorsqu’on examine attentivement les lettres subsistantes : ces lettres paraissent étre, en effet, OP... TPHN. M. Bury conjecture, sans plus de vraisemblance, Qopnrdy en apposition au pronom accusatif ye. |
Vers 14. Le dernier mot a été lu MPOC[H|NWC (apoa|n|vds); mais, : en réalité le C est assez douteux. M. Bury prélérerait @poonvots, ce qui i; est complétement impossible. ff
Vers 15. Tous les commentateurs ont admis apres Sayce, pour le premier mot, la lecture WOMHN (eum), alors que le texte porte rement WPMHN (épymv), substantif & Taccusatif qualifié par Pépi cepyvny. Les deux lettres HN que Sayce a lues & tort aprés WPMHN, et que Bury considérait comme une répétition fautive des deux derniéres lettres
<< de ce mot, n’existent pas sur loriginal; il n’y a done aucune raison de les
_ maintenir, méme entre les crochets () dont les a entourées M. Weil.’
Vers 16. Tout ce vers ayant disparu, sauf deux lettres, sous le ciment qui a servi 4 combler le joint entre deux assises de pierre voisines, on ne saurait trop se décider entre les deux lectures proposées par M. Bury :
wdcoot peony ou wdévas ugoonv. M. Weil transforme tout le vers de la _ fagon suivante :
N(tuQ)as dpe wdcas [2]ue o(¥)v[y]vapor dedew, e " tandis que la copie de M. Sayce porte : ; : N(tpQ)ous dua woloass us(a)onv xBpov aeldew.
____ Jai adopté, sans y rien changer, la copie de Sayce, regrettant que l'état _” de original ne permette plus de la vérifier.
Vers 17. Lisant, comme tous les autres commentateurs du texte, xé7d Bpayd (ou xdmobpay), Weil), M. Bury a été obligé de. supposer, pour la mesure du vers, que I’o de 4d devenait long devant les deux consonnes A initiales de Boxy), ce qui n’aurait aucune vraisemblance; or la difficulté est levée si on lit le texte comme il est clairement écrit KATWBPAXY (xdiyes
Bpax)). Vers 18. Le premier mot est bien FPANTON (yparTov), et non fan7dv, comme le conjecture Bury.
Vers 19. Voriginal porte PABAW (f46dw), non PABAWI (faGdax ou pa6d~), comme lisent MM. Rohde et Weil.
Le dernier mot du vers est incertain, parce que Iégérement mutilé : Rohde le lit AONHCEIC (doves), ce qui n’offre aucun sens, et Weil AONHOEIC (dovnfels), participe aoriste passif du verbe dovéw cagiter, secouer ». Il ne reste plus, en réalité, que AONHC4(?). . ., mais il est cer- tain que la derniére lettre visible doit étre un ©, non un C.
_ Vers 20. Leydevmier.mot de ce vers est également douteux. J’ai cru pouvoir lire XA. .T() TEIN (1), xa|pa|r ew, au lieu du yapdrles de Rohde
et du yapa(E)e(s) de Weil. Je dois dire que cette lecture est aussi celle de Sayce, et que Bury la déclare vraisemblable.
/
[9] ee
Vers 22. La lecture KAHZEN 0 (sic) (xAx€evto) que je donne est abso- lument certaine; il faut donc renoncer aux explications auxquelles a donné lieu ce vers; les lectures xA#eMOCrd coPdv de Rohde, apy) J éméxdnPé pou coQev de Bury, et 2xAn?’ x(t) +2 coPdv de Weil ne sont pas plus l’expres- sion de la yérité l'une que l'autre. Le pluriel xAyfevro ne peut avoir pour sujet le singulier éex); donc ce dernier mot est un datif adverbial : au début, au commencement, et non un nominalif. Enfin, il n’y a pas @ofnue, mais MOHMA (aénua).
Vers 25. M. Rohde propose yrurepdy, plus correct que yhuxepily ; mais loriginal porte nettement TAYKEPHN, comme je [’ai déja fait observer plus haut (p. 71).
Vers 27. Sayce n’ayant pas lu convenablement le mot AOZAN (dé&av), Rohde a suivi sa copie qui portait AOTAN, et Weil a proposé la correction & o(?) dv, qui n’offre aucun sens satisfaisant. Le mot dé&a» est, en réalité, certain.
Vers 29. Le texte porte bien EZEQENAYXE! (eEéev aiyer), non ex adder ayes comme le prétend Weil, ni e0ev ayer Y(v), comme ont lu Sayce et Bury.
Vers 31. Rohde fait un seul mot de C€ et BPEIO et pense que Leper
est le nom d’un dieu nubien apparenté 4 Mandoulis; il rapproche ce nom —
_ de celui de Ja tribu éthiopienne des Ye€p/daz et de celui du nome égyptien dit Ze6p:O/rns. M. Weil pense au contraire que ce est Vaccusatif du pronom
personnel, deuxiéme personne du singulier (cf. au vers précédent oe oer), ,
tandis que Bpe/O seul est le nom du dieu apparenté a Mandoulis. Je pense quil a raison, quoique ce nom de Bpelé soit absolument inconnu par ailleurs. Tous les commentateurs du texte ont lu le dernier mot CYNOMAIMOYC (cuvoyaiyous); je ne vois plus IC final, mais la lecture
n’en est pas moins certaine, car il nous faut un accusatif en apposition avec
Boel et Madvdovduv.
Vers 32. My acertainement ENICHMA (éx/anyue), non évznpa (Rohde) ou év gua (Weil). — A la fin du vers, je lirais ANTEAAONTA (dvyéAAovtar, pour dyyédovta) de préférence 4 ANTEAAONTA (dxtéAAovta, pour dva- téhdovta).
ee ee Pe
—% — : [10]
Vers 33. Ce vers présente beaucoup de diflicultés de lecture : les divers
~ commentateurs ont lu :
nal ride cor olelyovta yapdocen p’ altos Aebas, 4 tandis que Yoriginal semble plutdt porter ceci : —. xolrdde cor olerxe(?)o(?) ...a.@c¢ew altos eefas. Je ne propose, toutefois, cette derniére lecture, qu’avec certaines réserves ,
en raison du fort mauvais état de la pierre et des caractéres en cet endroit.
Vers 34. Je ne puis arriver a lire les mots wdow dbwmevrws que Sayce
wa proposés et quont admis, aprés lui, les divers commentateurs du texte :
il existe bien, du reste, un adjectif é6<mevros, mais je n’ai pas connaissance de 1a forme adverbiale en ws. Il me semble voir plutdt ceci : MAPAOEOIC METICTOICECOPACOAI (wapd Sevis peyloTors éoopaobar|? |); je dois pour- tant avouer que toute cette fin de vers est si mutilée que presque aucune lettre n’en peut ¢tre lue avec certitude; éropaofar est une forme poétique
de Vinfinitif eicopaoOeu. Vers 35 et 36. Ces deux vers ont été omis par MM. Sayce et Mahaffy,
qui ne paraissent pas les avoir vus. Le vers 35, en réalité, n’existe plus; il a été, en effet, recouvert par le ciment destiné a aveugler le joint entre deux assises de pierre voisines; mais rien ne permet de dire s'il existait encore en 1894 et s'il était lisible. — Quant au vers 36, il est extrémement mutilé et indistinct; apres beaucoup d'hésitations, j'ai cru pouvoir y lire (le début manquant) ces mots: ... .xa xa) duol(?) rots apadirors ypdppase wetOipevos, dont le sens reste forcément obscur, 4 cause de la longue lacune
qui les précéde.
Je ne reviendrai pas sur ce quia été dit par les savants commentateurs relativement 4 1a division du morceau en deux (ou trois) parties, a la métrique, enfin au nom de l’auteur; ce dernier est écrit en acrostiche au moyen de la premiére lettre de chacun des vingt-deux premiers vers : MaEtuos Jexovpicw éypaya; M. Gastinel, quien a fait le premier la remarque, a attribué 4 ce Maximos inscription de Maharrakah (Nubie), l’ancienne Hierasikaminos, publiée au Corpus inscriptionum grecarum de Beckh, sous le n° 5119, et le titre de décurion (militaire) porté par notre auteur lui a permis de situer avec certitude la composition du morceau en pleine époque
(44) a a oe
romaine, entre Hadrien et Dioclétien (voir, au début du présent article, p- 67, le renvoi Particle de M. Gastinel). La traduction de M. Weil est également trés suffisante dans l'ensemble, et il n’y a pas lieu d’y revenir; si les quelques lectures et conjectures nouvelles que nous avons proposées sont exactes, le sens devra étre modifié par endroits sur de petits points de détail, mais sans que ces modifications altérent sensiblement la teneur générale du morceau. Malgré notre revision - Voriginal et nos corrections, certains passages n’en continuent pas moins a n’offrir aucun sens salisfai- sant; je ne sais trop davantage comment traduire les mots du vers 36 que jai ajoutés au texte antérieurement connu, ni comment les rattacher a ce qui les précéde.
Enfin, avant de passer aux textes suivants, je liens A faire remarquer que la composition de Maximos parait écrite de la méme main que les deux inscriptions qu'on va lire maintenant (n™ II et IIL). Il semble bien que ces trois morceaux (qui ont, du reste, des passages communs, presque identiques de l'un 4 l'autre), s‘ils ne sont pas forcément Peuvre du méme auteur, aient du moins été peints par le méme scribe sur les parois de la cour du grand temple de Kalabchah.
Voici ces deux autres inscriptions.
II
Ce texte est peint en lettres majuscules rouges, mal formées, sur la -paroi sud de la cour du grand temple, 4 quelques métres 4 gauche du pré-
cédent. Il a été copié pour la premidre fois par Baillie, publié par Gau, dans ses Antiquitds de la Nulie, pl. Il, n° 1, et commenté par Niebuhr, aux pages 8 et 9 de ce méme ouvrage. :
Il figure au Corpus tscriptionum grecarum de Beckh sous le n° 5039 (= n° 10293 de Kaibel) et dans les Denkméler aus Aegypten und Aethiopien de Lepsius, Abteilung VI, Blatt 97, n° Ado.
Une copie récente de Mahaffy, prise sur original pendant Vhiver 1893- 1894 et publiée dans le Bulletin de Correspondance hellénque, t. XVII, 1 894, p- 192, ajoute quelques heureuses corrections au texte du Corpus.
Enfin, cette méme copie a été éditée, simultanément avec Mahaffy, par le professeur A. H. Sayce dans la Revue des Etudes grecques, t. VII, 1894, p. 2 g2 , et commentée fort savamment par M. Henri Weil (thd., p. 293-294).
ne [12]
a Cette inscription est beaucoup moins bien conservée que la précédente, et moins intéressante aussi. Le sens en est si peu clair que nul n’a osé en __essayer jusqu’a présent une traduction.
Voici d’abord le texte tel qu’il se présente sur la paroi du temple :
4 XPYCOXEAEN P«sic) ANMANAOYAIA@HNACALFANHMAEIAIANENICEMOC
_ AATOYCFONHXPHCMOAEAYPOKTY()N. HT... 1EANOAAWN
__ OTHNMEAANOCTOAONBACIAICHI]CEIAIE. ..MA _ ICAOPHCACAET WENO AEC") HCIKANGCMPOCKYNHCACOE[ON] 5 TONMPOKAOHTHMAMANAOYAIKAIMPOOPON...... __ THNCHN[MAJNTOCYNHNTICAANKOMICAIEMINEYCANTW) [TAA@IMOIMANAOYAIAIOCTEKOCHAHMIN[E]YCON CWZEMEKAIKH. .HNAAOXONK[AIMAI[AAJCAPICTOYC
~ KAHCZWCENANTOTEKAIE[TA|CKAIAMOACIATPIAIIKECO[AII
10 NOCOINATEP[N()JOCOYKAI. ,. ATH()PXAAEMOFINJOIW
AAMMPO(sie) MAPELA]®EPWNKAIAEZIOCICIAIBAINWN
__ KAIFAPET[W]TACCACICTOPIACMANTOCYNA. . A®PAC[WMAINTH(?) _ {MAT]PIAIMOYCAIECTIN[AM] MWNIAKHKA: CI[P(?) NJTOYCA[MM]WN. . _ AC)OPENAIIICEK. FONCH)XYNACIKAIL.IKAN[OICI]..........
_ La transcription d’un texte aussi incorrect et aussi mutilé n’est pas sans _ présenter d’assez grandes difficultés; je ne la propose done que sous toutes réserves :
Xpurdyere wPav Mavdours AOnvas dyna ebay émloepos” (sic) Aarods yéun xpropuo 52, Aupoxtu(?ym. .nT.. «48 Ardddwv. O tiv pedavocldrov Basidton Toe €.. ya [elicabprcas & 8yw Mba. eins inavds wpooxvyfcas eld] tov @poxabitynua Mavdovds xat apoopor(?)..... Thy ony [pa|yrosdyny tis 3 dv ndpioos emwvevszdvtw.(?) [TraBi |] wor, Mavdovrr, Ards téxos, dn alr[elucor. sate ue, xa) eg at Groyov, x x[a)] wail da|s erat Néo@iv rep [v|écou xab... drn(r)p xarero| tv|ou amped (sic) poor] Oépov xa) dé€s0s Laid: Balvon. Kal ydp éy|()| tas ods iolopias pavtocuva(?). - 4Ppeta[coper|yrm (2) [war] olds (2) potras éoTly [Ap] pcive xnxa. ot|y(2)»] tous Aue lov . é Arjoper d[I]s ex. (rove (2) ywvace nad. indyfors....... |
13] VEG
Je laisserai 4 des hellénistes, plus compétents que je ne saurais létre, le soin de risquer une traduction de ces quatorze lignes, assez barbares et tr’s obscures. Je me contenterai de faire remarquer que cet hymne 4 Man- doulis se divise en deux parties bien nettes : les lignes 1 4 6 sont de la prose, tandis que les lignes 7 4 11 sont des vers hexamétres, puis la prose reparait aux lignes 12 4 14, L’auteur, qui semble bien étre le méme que lauteur de l'inseription n° I, expose d'abord, dans le langage commun, les circonstances qui l’ont amené a adorer le dieu Mandoulis en son temple de Kalabchah et 4 rédiger cet hymne, puis ’hymne lui-méme est concu et écrit sous la forme poétique. Quant aux trois derniéres lignes, elles n’offrent qu’un sens vague.
Les copies de Gau et de Baillie (cette derniére un peu moins incorrecte déji que la premitre) sont, par endroits, absolument différentes de celles de MM. Sayce et Mahaffy, au point qu’on se demande comment plusieurs copistes ont pu lire et interpréter de fagons aussi diverses un méme texte. Venant encore aprés les deux savants anglais, je n’ai_pas été tres favorisé pour établir ma nouvelle copie; les lavages auxquels avait été soumise la pierre afin de recevoir les coulées de ciment qui furent insérées entre les joints des divers blocs avaient contribué plus encore que les rayons du soleil & effacer la peinture rouge et & détruire un assez grand nombre de lettres. Voici les observations que m’a suggérées néanmoins mon nouvel — essai de copie.
Ligne 1. ll y a bien, aprés le premier mot, le groupe TP (sieyAN, dans lequel on ne sait trop que faire du second signe. M. Sayce a lu ce signe TP et proposé NTPAW pour le groupe complet; son interprétation de Ten- semble : Xpucoxddum7pos, & Mavdovds, est acceptable en soi, mais a le grand tort de défigurer complétement le texte. Franz, qui longtemps avant, avait cherché a tirer parti des copies de Gau et Baillie, avait eru voir dans _
le signe Oi diphtongue Al, et lisait ainsi les deux premiers mots : Xpucoyév Tafay, ete. Le dernier commentateur du texte, M. H. Weil, n’a risqué aucune opinion ni conjecture au sujet de ce début.
EIAIAN est probablement, comme le pense Sayce, une faute pour IAEAN (idgav). De méme €ENMICEMOC est incorrect pour €nICHMOC (éxionuos).
ee [14]
___ Ligne 2. TONH est a lire TONE, yér(2), et XPHCMO est A lire _ XPHCMW, xpiou(y). AYPOKTON, est corrigé par Franz en Avpoxz(v)x(e). Je ne crois pas possible, 4 la fin de la ligne, la lecture ire Anddov proposée par Franz, car il y a la place entre les lettres nz (?) et les lettres se, pour au moins dewx, sinon trois signes.
Ligne 3. La lecture ICEIAI (iced), donnée pour la premiére fois par
_ Sayce, est exacte et absolument certaine. Il lit, aprés le nom de la déesse,
les quatre lettres €IMA; mais, outre que je n'ai pu voir le 1, il me semble
'y avoir entre € et M un vide assez large pour autoriser la restitution de
trois lettres. Je ne saurais trop dire, du reste, quelles peuvent étre ces lettres.
Ligne 4. Les premitres copies portaient ENEACIHC, qui n’offrait aucune signification; la correction ENOAEIHC (2Ga eins) est due 4 Franz, et la. revision de Yoriginal permet d’affirmer qu'elle est exacte. Quant au premier mot, ICA@PHCAC, si on le rapproche du dernier mot du vers 1 de linscription précédente, ECAOPHCAI, on admettra que ces deux formes sont a corriger en eicdbpnoas et eicabpnoa. A la fin de la ligne, Niebuhr propose wpoole|xvvnca Seley]; mais, outre que I’e n’existe absolument pas, les deux lettres conséculives C et © sont certaines; il faut donc se résigner d lire ici un second participe aoriste analogue a [elicdbpncas, soit — Bwpooxivycas Seer].
Ligne 5. On ne sait trop 4 quel mot se rapporte larticle accusatif masculin r2v, suivi d'un mot neutre wpoxa4fynua. Franz avait proposé, pour tirer parti de la copie trés défectueuse de Gau, wpoxabn|yérnr], et Sayee a lu TON MPOKAOHTH (ee) MANAOYAI; mais original porte bien visiblement la syllabe MA deux fois répétée : tov wpoxabifynua Mavdouds eae Le nom de Mandoulis est 4 l’accusalif, en apposition 4 Sov, et doit étre corrigé en Maydoud.[v]. Le dernier mot est bien MPOOPON, que Sayce a lu fautivement NPOOPOM(sic), et qu'il faut, sans doute, corriger en @poop(a)y. Il semble manquer un mot & la fin de la ligne, apres a@poopav; Franz a proposé éxdpny.
Ligne 6. Le dernier mot est bien ENINEYCANTW (émvevoctrtw), et non
[15] = 80 =
émiwevcavtos comme ont voulu le lire Franz et Niebuhr. Le ze] intercalé par ces deux commentateurs entre xépica: el éxwvevodytw n’existe pas sur Yoriginal et n’a aucune raison d’étre.
Ligne 7. Cette ligne et les quatre suivantes (8, 9, 10 et 11) sont des vers hexamétres. Toutes les copies antérieures, méme celle de Sayce, donnaient IAA@I pour le premier mot. Je crois pouvoir corriger avec certitude ce mot en TAAOI (7A0«) impératif deuxiéme personne du singu- lier du verbe rAdw. Je ferai pourtant observer que ce mot se retrouve au début du vers 8 de Vinscription n° III, que nous étudierons plus loin et qu'il semble étre 14 IAA@[I]; la premiére lettre est, il est vrai, incer- taine, el pourrait étre un 7 aussi bien qu'un |. La fin du vers est bien HAHMINEYCON, non 90’ [¢|x/vevoor, comme lit Niebuhr; ef. Sayce.
Ligne 8. Niebuhr restitue K[EAN]HNAAOXON, mais Yoriginal porte visiblement KH..HN, comme T’a lu Sayce; il faudrait done lire xn[d»]:}» édoxov; cette incorrection n’est pas, du reste, de nature a rendre impos- sible une telle restitution.
Ligne 9. Sayce lit le premier mot KAHCZW (xAxgw, ou mieux xArfiZo, suivant la lecture de Mahaffy); mais 1a véritable orthographe du mot est KAHCZW (sic) sur Toriginal. Les deux | de warptd: ixéoOax, lus par Sayce _ et réduits 4 un seul par M. H. Weil, sur la foi des copies antérieures, sont absolument certains.
Ligne 10. La double orthographe ATEP et ATHP pour le méme mot est certaine (cf. Sayce). XaAewowofw me semble ¢tre un adjectif pris sub- stantivement «le mal», au génitif poétique, et jouant le méme role que le génitif yécov «la maladie» au début du vers; Yinterprétation yaAemod|o wol- votlo| de Niebuhr et Franz me parait absolument inutile. Je n’admets pas’ davantage la restitution yaderav oiw[vav| de M. Sayce.
Voir le méme vers, ou a peu pres, d la ligne 10 de Vinseription suivante (n° Ill),
Ligne 11. AAMMPO (sic) pour AAMMPA est certain (cf. Sayce). La lacune est facile 4 combler au moyen du mot wape/a «joues», d’aprés lanalogie
— 81 — [16]
du vers 26 de inscription n° I (voir plus haut), qui est absolument identique.
Ligne 19. A partir dici, la véritable physionomie du texte et le sens deviennent de plus en plus problématiques. Les copies antérieures étaient si mauyaises que Niebuhr et Franz n’ont osé risquer aucune restitution n interprétation. Je ne sais ob M. Mahaffy a pu voir que le vers 19 était a lire :
Kal yivxepalv ue omeiicon 20’ Edrada potzay deloat.
Cette réminiscence lui a été suggérée, d coup sir, par le vers 25 de Vinseription précédente (n° I), qui est identique. Mais je ne puis aflirmer comme lui, que les deux premiers mots ne sont pas douteux. Les copies anté- rieures, que je n’avais pas sous les yeux lorsque j'ai pris la mienne, et qui n’ont pu, par suite, influencer en rien ma lecture, concordent avec ma copie, ainsi, du reste, que celle de M. Sayce. La seule différence entre la lecture de M. Sayce et la mienne est que je ne vois pas aussi nettement que le savant anglais les derniers mots AIAOPACWMANTH. II est possible que des lettres, effacées maintenant par le ciment et l’eau de la restau- ration, aient été nettement lisibles en 1 894. Au lieu de MANTH, M. Sayce propose, pour le dernier mot, la correction pdyrs.
Ligne 13. Je ne suis pas aussi certain que M. Sayce du premier mot, marplsr. M. Weil propose, aprés Appsivia, les mots xa? slo wpopsleye| qui iraient assez bien avec les traces KHKA (non XA, comme lit Sayce) CI[FN]TOYC, qui semblent pouvoir étre lues.
Ligne 14. Cette ligne est trés incertaine. M. Sayce lit le premier mot NOPEN; je verrais plut6t AOPEN ou AOPEN. — M. Sayce lit ensuite AIC EKTONCXYNOICI, que M. Weil corrige en dis gxtov ox(o/)vore, et ot il yoit une allusion au district de la Dodécaschéne, dont faisait partie la ville de Talmis-Kalabchah. Je ne suis pas absolument certain de ces trois mots. — Enfin le texte ne semble pas se terminer avec le mot ixdv(orox); il y avait peut-ire encore un mot ou deux a la fin de la ligne 14, et peut-étre méme cette ligne 14 n’était-elle pas la derniére de cette inscription aussj
barbare que mutilée et peu facile 4 comprendre. Annales du Service , 1909. 6
(17) - Mo Ill
Cette troisidme inscription est peinte en caractéres rouges sur la paroi est de la cour du grand temple de Kalabchah, 4 gauche de entrée. Elle comprend quatorze lignes, comme la précédente, dont les six premiéres ont perdu leur début, tandis que les huit autres sont encore completes, d quelques lettres prés. Le texte parait avoir été écrit de 1a méme main que celui de [inscription précédente, avec lequel il a, du reste, une ligne commune, qui porte le n° 10 dans les deux inscriptions; la ligne 8 présente aussi quelques analogies avec la ligne 7 de linscription précédente.
Ce texte ne se trouve ni dans l’ouvrage de Gau, ni au Corpus inscriptio- num grecarum de Beeckh, ni dans les Denkméler de Lepsius. Il a été copié pour la premiére fois par MM. Sayce et Mahaffy au cours de leur voyage en Nubie, en 1893-1894, et publié :
1° Par M. Sayce, dans la Revue des Etudes grecques, t. VIL, 1894, p- 291, avec un assez long commentaire de M. H. Weil, aux pages 291- 292. :
2° Par M. Mahaffy, dans le Bulletin de Correspondance hellénique, t. XVIII,
1894, p. 151-159; le texte donné par Mahaffy est, du reste, la simple copie de Sayce, qu’il déclare n’avoir pu contrdler sur loriginal.
Linseription est tres fruste, car le mur est fortement dégradé, et
la plupart des corrections et restitutions proposées par les deux savants anglais ont été tirées par eux des textes analogues subsistant sur les murs du temple, et principalement de linscription préeédente (n° Il). Pai revu soigneusement le texte, sur loriginal, en janvier 1909, et voici le résultat de ma collation :
i uabenienats. 42k hy isa AALHIKALAOLAEN(+#)
ere ae [AYPOK|TYNEHPETAMOYCWN
cele ee ea as NOAINIAPYCANTO
ere its [TW|NNPOTEPWNANOPWNWN ee es er @AAOCAMOAAWNA
ie PTE a ae, [OJAOOICI. AME) APOITONWPHON
WPO[C|FAPKA[P]NO...... z(")ATOMACI[B]POTOICIN
TAAO[I|MOIMANAOYAIAIOCTEK[OCHA JENINEYCON
oo
— 83 — [18]
HPQ@AHNNAAINOP()CONCHNECNA(TPIAIKJECOAI
10 NOCOINATEPNOYCOYKA|IJATEPX[AAENO|NOIO TEPNEOMOIWCNAICINENIYZ(?)........, ®OHC WNHNBAPBAPEHNMEIMOY[ME|NOC. » TANOMCOOHKWN AYTOc(s?)ANAZBOYAOIONPOC()A(*)O. . ENP(s#*) HAANA®HNAI CH. .ATANA/CI|BPOTOICIN(s*)T AKENMEAAHCOITENECOAI.
Voici maintenant la transcription-en minuscules, avec la si ong des mots et l’accentuation :
ie great al Beats AAume nad dordi)y ih aie as |Aupéx|rume iyera Movzav Bee oe es wordy idpicarto Bata aHay als su tbai [7@|v apotépaw dvOpaimrev
Re SI Se ia0. 20d Boros Andrrova ee carte . +. []Adoroe. 3(2)8 (2) &POLrov Spor. Ogos yap xalp|md[v xaredé|Earo waor Bpotoiow. Trad por, Mdvdours, Ards téx[os, 10” | exivevcor Hpddny adduv op(?)zov ony és wa|tpic? ix|éobar,
10 © vdaQw drep vovsou xal dep x|aderd|vor0. Tépme épordis wasroly emit (?)[ovorw erép|POns, Peoviy BapSapény perpou|ue|vos(2) [ed]r’ dmd(2) o(?)nxdv, altos, dvak, Bovdoro @poodd| pey|ev(?) 40” dvaPiven on. ate waar Bporoios to xev weddrAn os yerdobas.
Aucun des trois savants qui se sont occupés de ce texte, pas méme ~M. Weil, n’ont osé en risquer une traduction, et je ne saurais étre plus hardi que ces hellénistes. Le mauvais état des six premiéres lignes rend, du reste, la signification générale du morceau assez obscure. Les huit lignes complates permettent, en revanche, de reconnaitre que nous avons 1a un hymne poétique au dieu Mandoulis, assimilé 4 Horus, rédigé en métres épiques. Sans insister davantage sur le contenu de la piéce, je voudrais me borner A présenter, au sujet de l’établissement méme du texte , les quelques observations suivantes :
Ligne 1. M. Sayce lit, 4 la fin de 1a lacune occasionnée par la fracture
de la pierre, ..... EKAIATAAAHI, etc.; je ne suis parvenu a reconnaitre 6.
[19] ee tes
aucun de ces signes avant les deux A. M. Mahaffy a proposé dyAa/ns; mais, outre que les deux A sont absolument certains, il est absolument impossible de voir un C (s) aprés I'H. — Le dernier mot du vers a été lu AOIAHI (datif) par M. Sayce, sans doute par analogie avec le mot AFAAAIHI réuni au suivant par la conjonction xa; Mahaffy a lu, au contraire, deux génitifs dois et dyda/ys. Mais Voriginal porte, sans aucune espéce de doute possible, un accusatif, AOIAHN (sic), dont les deux derniers carac- téres sont liés l'un a I’autre.
Ligne 2. La restitution |Avpéx|ruwe, admise généralement, est autorisée par l'analogie probable de ce vers avec la ligne 2 de linseription préeé- dente (n° II).
Ligne 3. Le A (6) interealé par Mahaffy entre les mots NOAIN et IAPYCANTO n’existe pas.
Ligne 4. Sayce a lu avant le mot NPOTEPWN les deux lettres TI; or il y a nettement un N sur la pierre, et la présence de cette lettre autorise la restitution [7a]v, que nous avons proposée.
Ligne 5. Sayce restitue, a la fin de la lacune, [(*) ATAC]@AAOC.
Ligne 6. L’O initial d’[é]Aéore4 n’est pas certain, et le mot tout entier reste lui-méme assez douteux, aujourd’hui du moins; mais il se peut qu'il ait été nettement visible lors du passage de Sayce et Mahaffy. Sayce ne voit aucun intervalle entre la fin de ce mot et le mot suivant A€; il me semble pourtant y avoir place au moins pour une lettre entre les deux. — M. Weil a attiré avec raison l’attention sur le jeu de mots existant entre dpov, dernier mot du vers 6, nom commun poétique signifiant «année, saison», et Opos, premier mot du vers 7, nom propre servant 4 désigner le dieu Horus avec lequel était souvent identifiée la divinité locale de Talmis-Kalabchah, Mandoulis.
Ligne 7. Sayce a lu le troisiéme ‘mot xapmot; Mahaffy a proposé la correction xapmdv, qui cadre mieux avec le contexte et qui a été admise par M. Weil; Yoriginal, assez mutilé, ne porte, en réalité, que les signes KA[P]NO%. — Sayce alu la fin du mot .... AEZATO, et a proposé, tout naturellement, la restitution [xare]déEaro; on ne voit plus aujourd’hui que ..+..+ATO, et le & lui-méme est incertain.
—' 6 [20]
Ligne 8. Le premier mot a été lu.IAAO par Sayce et Mahaffy; ce mot noffrant aucun sens, M. Weil I’a corrigé en IAAQ[I](?), qui n'est guére plus satisfaisant. Il n’y a pourtant aucune hésitation possible : ce mot est Pimpératif TAAO! (rA%«), que nous avons déja rencontré au début du vers 7 de l'inscription précédente (n° Il). Le vers 7 de ce texte et le vers 8 du texte qui nous occupe actuellement sont, du reste, absolument iden- liques, si bien que la restitution réx[os 10’|émivevcov est absolument certaine.
Ligne 9. Sayce a lu, aprés le premier mot, MAAIN OCON CONEC... etc.; M. Weil a cherché 4 donner une signification 4 ces mots en les corrigeant ainsi: wadlvogloy adv és... .,etc. Mais ily a a ces corrections, 4 mon avis, plusieurs difficultés : OCTON est absolument impossible, le premier O et le C élant séparés l'un de Pautre par une lettre qui parait étre un P, I’C et le second O se touchant d’autre part si étroitement qu’on ne saurait inter- caler entre eux le T proposé par M. Weil. Quant au mot lu CON et CWN, | il est, en réalité, tres visiblement, d lire CHN (ov), accusatif féminin de Padjectif possessif poétique de la seconde personne, et se rapporte a @arptd|a| dont il n’est séparé que par la préposition poétique és (pour eis). La restitution ¢s war| pis’ ix|¢oGar, admise par Sayce et Weil, est certaine; la lacune nest pas assez longue pour autoriser la lecture ¢s wa[tp/da yaiav
ix|éoGoe de Mahaffy.
Ligne 10. Ce vers est identique au vers 10 de Linscription précédente , et beaucoup plus facilement lisible que lui. Je répete, au sujet du dernier mot, ce que j'ai déja dit plus haut : il est parfaitement inutile de restituer, comme le font Sayce et Weil, ylarex|av ofw|rvav], ou, comme le fait Mahaffy, yjaremoto a|évor0; 1a lacune est unique, et non double, et ne serait pas, d’autre part, assez longue pour admettre autant de signes; je crois préférable la lecture y[aAené|vos0, ou peut-étre yx[adrerol|vor0.
Ligne 11. Le A (©), intercalé par M. Weil entre ox et os, n’existe pas; au lieu de répmed por (dds. . . ., ebc., pourquoi ne pas couper les mots ainsi : tépme ouoiws..., etc.? — La restitution émiwé[ovcw] est de M. Sayce, et M. Weil, qui Paccepte, déclare, 4 Ja fin de son commentaire, que le verbe émwew est un mot nouveau; il serait peut-¢tre sage de se montrer un peu
(24) 3 aw GBs
plus réservé a V’égard de cet dwa& Aeyéuevov, car le Y et le Z sont trés incertains sur l’original. — La restitution du mot suivant en each est
également de M. Weil. Ligne 12. Sayce avait bien lu le second mot Capseper et MM. Mahaffy
et Weil ont changé a tort ce mot en celui qu’on trouve au vers 24 de linscription n°I : GapSapsxx)v. — Le mot suivant est lu MEIMOYM[EN]OIC par Sayce, et peszovgdvw par Weil; je crois que la legon MEIMOYMENOC de Mahaffy ne fait aucun doute. — La fin du vers est lue sans lacune par les trois commentateurs edt’ dd onxév; les lettres EY ne sont plus visibles.
Ligne 13. Le mot MPOCA@PEMEN (apoodOpener) a été lu sans difficulté ni hésitation par les trois commentateurs. [1 est beaucoup moins apparent aujourd’hui. La ligature N a la fin du mot, bien que dépourvue de raison
d’étre et de sens, est absolument certaine. Si le mot est exact, nous avons”
encore 1a, suivant la remarque de M. Weil, un verbe nouveau wpoza0péw (cf. eicabpéw, rencontré déja a Vinfinitif aoriste dans les inscriptions n* I
et Il).
Ligne 14. Le premier mot a été lu CH[MA]TA par Sayce, o[fualro par Mahaffy et Weil. Il n’est pas certain, et la lacune parait un peu large pour n’ayoir contenu qu'un M entre lH et le premier A, original portant CH..ATA; le mot oyyara est pourtant celui qui s’accorde le mieux avec le sens général et le contexte. Tout le reste du vers est certain et facilement lisible.
IV
Voici maintenant deux autres inscriptions, de longueur inégale, qui ne présentent aucune relation ni analogie avec les trois précédentes, mais que j'ai cru bon de joindre a elles en raison de leur caractére spécial. Ce ne sont pas, en effet, comme la presque totalité des inscriptions grecques peintes en rouge dans la cour du grand temple de Kalabchah, de mono- tones proscynémes de soldats et de sous-ofliciers des légions romaines cantonnées 4 Talmis; ce sont encore deux morceaux d’allure littéraire, et qui, par ce caractére, se rapprochent plus des trois piéces podtiques
précédentes que des simples actes d’adoration 4 Mandoulis, enserrés |
dans le cadre étroit de formules rigides et toujours les mémes.
———— eS ee
— ee
10
15
20
Het = [22]
La premicre de ces inscriptions, qui est aussi la plus longue et la plus
intéressante, a déja été publi¢e par Lepsius, dans ses Denkmdler, mais en
trois fragments isolés (Abteilung VI, Blatt 97, n* 451, 455 et 463). Elle compte vingt et une lignes. Beaucoup de lettres, lues jadis par Lepsius, ne sont plus visibles aujourd’hui, la peinture rouge s’étant considérablement atténuée ou effacée; j’ai entouré ces lettres de crochets [ |. Le K est toujours écrit (@, comme un W incomplet, ainsi que dans beaucoup d'autres textes peints dans la cour du grand temple de Kalabchah. Voici d’abord le texte écrit en majuscules, tel qu’il se présente sur l’original :
A|KT]INOBOAGAECNOTA MANAOYAITITANMAKAPEY CH[MIJACOYTINAAAMMPA@EAMENOC EMENOHCAKAIEMOAYMPATMOCAA (se) ®AAWC [AENAJOEAWNEICYIO(+¢) HAIOC: Alsi) AOTPION EMAYTON[ENOIH]CAMHNMACHCKAKEIAC KAI[MACHC. . .]OTOCKAIATNEYCAC[ETIOJAYN
XP[ONON........ TIGEIACEYCEBIACINEK....| CINE ies. KAIENGEACAMENOCANE....| NG PEMae s,s EAEIZAC(?)MOICEAYTONENTW | XP[YCW(?).. 2. KA®OCAI..T..PWNTATON](?)
OYP[ANIWEIAWAOJNKAICTONI. A(?),.NAEMMATA KAT[AAEINONNY]KTIAPOMON. .NI(?)AA. MIATONMOIHCAMENOC ENW[KAIATIWTWT|HCAQANACIACYAATIAOYCAMENOC OfAl....... OJNHA@ECKAT AKAIPONANATOAAC nojlo...... €1] CTONEONCHKONAOANWTECWKAINAWEMMINOIAN MAP[EXWNKAIJAYNAMINMEF AAHNENOACEET N[W|NMANAOYAI HAION[TONMAN|TENONTHNAECMOTHNATANTWNBACIAEA AIWNA|MANTOKP]ATOPAWTWNEYTYXECTATWNAAWNTWNKATOI [KOYNTWN [H] NOHA[IOCMANAOYAI]CATAMATHNIEPANTAAMINHTICECTINYNO [TJACKA[......... OJEIPACMYPIWNMOYICIAOC.
_ La transcription en lettres minuscules, avec séparation et accentuation des mots, n’est pas partout tres facile, 4 cause des nombreuses lacunes.
La voici, telle que je crois pouvoir la présenter :
Alur]io6sre deonéte, Mavdouds, Titdy polnap ev-
on|ullas otriva Aapmpd. Sedpevos ,
(23) se,
émevinga xa) émodhumpdypoca doPadis
5 Fdévas Saw els uso (sie) Atos’ AASTpLOV (sic) uautoy [érom|oduny wacis xaxelas xat [waciis...loros xa) dyvedoas [és ao]ddy
xplévor]...... [r:Delas evoeGlas w ex... .|
Anes tenho. xal évfeacdpevos dive... .| 10 Ve[VO. ee ese ee BMerEds por ceavtdy ev 743]
xplucd.....- xaQos dt... . pavtaror|(?)
odp[avin, eldwdoly xal olom.a(t). .» déupata xat|d dewdy vulxrd dpéuov. .vi(t)an. marov woinsdpevos évw| xed dyin 7 t] is Bavactas Wats Kovedpevos iY eee oly HAdes xara xospov dvarddas molto. ..... ells 70 (sic) vedy onxdy & 0 avwtecw xal vaw éumvotay wapléxeov xat|ddvapw peyariy evOdce éyr{w|v, Mavdovrs, whet Hrrov [roy wav|temdn Inv derndtyy, dmdvtav Bagsdéa, aidiva [wavtoxp|déropa wrav eltuyer lore hadv Tév xatoixolytoon 20 [4 |v 6 WAltos Maydouds|s dyama tiv lepdy Toru, ites coy im [z]as a Slerpas puptor pov Todos.
La signification générale de cet hymne au dieu Mandoulis, assimilé au soleil, est assez claire, 4 l'exception de quelques passages incorrects que le mauyais élat de la pierre ne permet pas de lire avec certitude, et que Lepsius ne semble pas avoir déchiflré d’une maniére bien satisfaisante.
V
Varrive maintenant, pour terminer, 4 la cinquiéme et derniére des inscriptions littéraires qui font objet de ce travail. La multitude des pros- cynémes de Kalabchah sera éditée plus tard dans Pouvrage qui contiendra la description complete du temple, et ot seront publiés in earlenso tous les
monuments hiéroglyphiques, coptes, grecs, latins et arabes que contiennent |
les diverses parties de ce temple.
Cette derniére inscription, assez courte (elle ne comporte, en effet, que douze lignes), est peinte sur la paroi est de la cour, 4 gauche de entrée, comme la précédente. Elle forme, en quelque sorte, la transition entre les
a a
tee
— 0 = [24]
textes purement littéraires et poétiques et les simples proscynémes d’ordre
uniquement religieux. Elle n’a pas. été encore, 4 ma connaissance, copiée
ni publide.
Voici le texte, sous sa forme originale :
10
MNANTOTECEY(?)MNHCWM()TO. MONEMI()O1OANOAAON A@ANATWNIPOKAOAT E(si)M AKAPXPYCOXEAM(?) AIAN KAITAPEPWNAPACOICNPOOYPOICHAOONAMANEYON KYPIETACMP(*)OKE. .C()MENCUITPATIHMEL AAA
N) APMOLAOIHCKAT . WAWB)AICANOAWCW OIAGEWMETAAWKAI-ICIAITHBACIAICCH CNEICWNANTOTEFWTOICAYCITWNNPOKONWN AEM) NAIE)FNGNAIKAITOYNOMATOYFPAYANTOC AIETACAIAKOCIAC F (+) F (sie) ICONITEMIANT (si) TOMPOCKYNHMATOYFPA¥ANTOC KAITOYANAFNONTOCCHMEPON NAPAOEWMANAOYAI\ . (ee)
Sauf quelques lettres douteuses, l'ensemble du texte est fort nettement lisible; la transcription en minuscules n’en est pourtant pas toujours trés aisée, 4 cause de Tincorrection de certains mots qui ne se laissent pas
identifier de facon certaine. Voici cette transcription :
10
Tdvtord cev(?) wrtow y2(2)t0. mov e(:), Td2)O10 Amdd2ov, Baverav apoxabdyeue (sic) xap Xpuodyer aw(?)arav Kai yap ¢y@ wapa cots apolipos HAOov dmavevov
_ xUpie tas Bpox. . .o(?)mev o]patin ueyarda
@?)ap wot dotns nat. wrw6(t)ors dmoddow
ola Seq peyars nad Lords tH Baowdtoon. Zmelow wdvtor’ eye tois dios tHv wpoxonsv, ide(?)ivas, &(ryyvver xab todvopa tod ypabartos , Otetas dtaxoctas by Qicov(?) ireplav.
To awporxvvnua tod ypobaytos
xak tod dvayvévtos onpepov
wapa Sed Madvdovkt .\*
Le M venant apres prow a la ligne 1 n’est pas certain; il se pourrait
>
[25] | oo
qu’on dit lire deux A (AA) a la place, ce qui, je dois le reconnaitre, n’offrirait guére plus de sens que M.
Ce petit texte parait avoir quelque parenté de facture avec l’inscription n° II précédemment publiée, car il présente avec cette dernitre quelques mots communs : XpuedyeA waren (1.9) [= Xpuodyere w Pav]; wpoxabdyena (1. 2) |= apoxabtynya] ; lod: 1% Basidicon (1. 6) [= Baosdéon li|oesd:].
L’avant-dernier mot de la ligne 1 est probablement 4 lire NY@1O (Apollon Pythien).
Les trois derniéres lignes sont une déclaration de proscynéme de la part de celui quia écrit inscription et de tous ceux qui la liront, en faveur du dieu Mandoulis.
H. Gaurnier. Lyon, le 1 juillet 1909.
ee
THADEE SMOLENSKI
(1884-1909).
Bien que Smolenski ne {tit pas attaché officiellement au Service des Antiquités de V Egypte, il lui tenait par tant de liens et il s’y était fait tant _ damis que sa mort y est pour tous une perte et un deuil personnels ‘"),
Il était né le 16 aodt 1884 a Jaworze, en pleine Silésie autrichienne, @une famille connue honorablement dans la science. Son pére, le docteur Stanislas Smolenski (+ 188g), directeur d’un établissement d’hydrothérapie a Jaworze puis a Szezawnica en Galicie, professeur 4 Université de Cracovie, laissa des ouvrages de médecine fort appréciés des spécialistes. Ses deux oneles paternels, Mathieu Smolenski (+ 1899) et Stanislas Smolenski, membre de |’Académie des Sciences de Cracovie, se sont fait un nom dans Phistoriographie polonaise. D’autre part son oncle maternel , Jean Babirecki (+1902), publia des mémoires estimés sur la cartographie de son pays. Ce fut lui qui recueillit le jeune Thadée, devenu orphelin de pére et de mére en 1889, et l'on ne s’étonnera pas que l’enfant, plongé des l’dge de raison dans un milieu d'études désintéressées, se soit senti de bonne heure le gouit de la science pure. Aprés avoir terminé ses classes au Lycée Jean Sobieski 4 Gracovie, il se fit inscrire en 1902 4 1Université, dans la Faculté de philosophie, et, comme il était naturel, il s’adonna tout d’abord avec passion 4 l'histoire. Dés le milieu de son premier trimestre, il était capable de donner au Cercle historique des Etudiants une conférence sur un homme d’Etat polonais du xtv° siécle, le magnat Spytek de Melsztyn, et, comme contribution de sa part aux travaux du séminaire historique, il préparait une dissertation sur Les origines et les débuts de la Didte de Galicie. Toutefois son ambition, dans ce temps-la, le tournait de préférence vers la géographie politique, et il se proposait pour but de sa vie scientifique de composer
“) Je dois 4 Pobligeance de M. Kocha- qui m’ont permis d’écrire la partie de cette nowski, directeur de la Revue historique nolice relative & la premiére jeunesse de de Varsovie, les renseignements délaillés © Thadée Smolenski.
[2] —~ e—
et de mettre au jour un grand atlas historique de la Pologne. Son professeur Czerny le confirma dans cette idée, et l’aida de ses conseils 4 déterminer le degré d’influence que le célébre Sébastian Minster avait exercé sur l'un des meilleurs historiens polonais du xvi° siécle, Martin Bielski. Dans le méme ordre d’idées, il choisit pour sujet de sa these de doctorat la vie et leuvre de l'homme d’Etat et écrivain polonais Stanilas Orzechowski, qui florissait au xvi" sidcle.
Et, comme si ce n’était pas assez d’un labeur aussi ardu, il se prodiguait dans les clubs et dans les sociétés savantes de Cracovie, 4 la Jeunesse, d T’Eleusis, 31a Concentration de Véducation nationale que le professeur de philo- sophie Vincent Lutoslawski avait fondée. Il collaborait 4 divers journaux et recueils, 4 la Revue de I’Kcole populaire, d 1a Réforme Nouvelle, ot il inséra, sous le pseudonyme de D‘ Samuel Socha, des notices étendues sur le géné- ralissime Branicki et sur la mort du général Sowinski, 4 la Critique, d la Grande Encyclopédie universelle illustrée qui lui doit des articles sur Kléber et sur Barthélemy Nowodworski.- Cet exeés de travail, agissant sur une constitution déja faible par hérédité, y développa les germes de la consomp- tion : il tomba gravement malade au printemps de 1904. Lorsqu’il se releva et quil voulut se remettre d la tdche, il constata avec une douleur que chacun comprendra qu'il ¢tait incapable de supporter longtemps les froids de la Gallicie : il chercha pour y s¢journer, et pour y guérir si c’était possible, un pays ot les hiversTussent plus doux. Au temps qu'il amassait des matériaux pour son Atlas, il avait commencé d apprendre l'arabe, afin d’étre 4 méme @utiliser directement les historiens et les géographes musulmans qui ont décrit les régions orientales de Europe au moyen age : Vespoir de se perfectionner dans cette langue le décida a venir en Egypte. Il débarqua a Port-Said au mois de mars 1905, et aprés avoir passé quelques jours a Rassoua chez un de ses compatriotes , M. Geniusz, il se rendit au Caire. Il avait pour toute ressource une bourse de voyage que Université de Craco- vie lui avait accordée, mais qui subvenait mal a son entretien : il entreprit
courageusement de gagner le complément nécessaire, et il y réussit par des’
travaux d’écritures commerciales et de comptabilité. [1 eut vite fait d’orga- niser son existence de sorte que, sacrifiant ses soirées au métier gagne-pain , il edit Ja libre disposition de ses journées pour la science. C’edt été temps perdu pour lui que d’essayer de continuer ses études sur l'histoire et la
——”
ae ail [3]
géographie de la Pologne : il n’aurait trouvé, mi dans les bibliothéques publiques, ni chez les particuliers, les livres ou les manuscrits dont il avait besoin. 1 reprenait donc l'étude de arabe, lorsqu’une visite au Musée égyptien de Kasr-el-Nil lui inspira des curiosit¢s nouvelles et changea le cours de sa vocation.
Un matin du mois d’avril, je vis entrer dans mon cabinet un jeune homme d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, mince, étroit d’épaules, au visage pale et amaigri par la maladie, avec des cheveux et une petite barbe
_ rare d'un blond terne. Il me présenta une lettre par laquelle Agence diplo- matique d’Autriche-Hongrie recommandait 4 ma bienveillance M. Thadée Smolenski, étudiant et boursier de l'Université de Cracovie, momentanément de résidence en Egypte pour raison de santé. Il me confia, dans un frangais un peu entrecoupé, qu'il désirait s’adonner désormais a l’archéologie égyptienne, et il me pria de lui indiquer 4 quels auteurs et 4 quels livres il deyait s'adresser pour les commencements. Apres lui avoir recommandé Pusage de quelques livres élémentaires, la Grammaire de Loret et celle dErman, le Reading-Book de Budge, la Chrestomathie et le Glossare d’Erman , je le menai a la Bibliothéque du Musée et je le présentai aux égyptologues qui y élaient réunis, plus particulitrement 4 M. Lacau. Tous les huit ou dix jours j’examinais rapidement ce qu’il avait fait, je lui expliquais les passages qui lui ayaient paru obscurs dans les Grammaires dont il se servait, et je
_ corrigeais ses premiers essais de traduction. Rarement débutant manifesta des aptitudes aussi heureuses : aprés six mois, il avait lu le Conte des deux
Jréres dans la transcription hiéroglyphique de Budge et la plupart des textes
imprimés dans la Chrestomathe dErman. Cet effort assidu, loin de nuire
4 sa santé, sembla la raffermir : au printemps de 1906, il crut pouvoir rentrer dans sa patrie pour quelques mois. Il présenta 4 Académie des Sciences de Cracoyie une note Sur [état actuel des recherches éeyptologiques , qui fut fort goditée et qui lui valut des subsides nouveaux.
(était une imprudence que d’étre revenu, méme pendant Vété, dans un pays oi la température est aussi variable qu’elle l’est en Pologne. Il aurait di agir comme ce Hollandais, Insinger, qui, émigré presque mourant aux bords du Nil dans les derniers jours de 1880, ne les a plus quittés que deux ou trois fois depuis lors et doit 4 1a continuité de son s¢jour la fortune de vivre encore aujourd’hui. Smolenski regagna Egypte plus faible qu'il
(4) — % —
nen était parti, mais d’abord 1a douceur de la température sembla le ranimer. A ce moment, un négociant hongrois du Caire, M. Philippe Back de la maison Orosdi-Back, désireux de donner au Musée national de Budapest le commencement de Musée égyptien qui lui manquait, me demandait si je ne connaitrais pas un jeune savant, sujet autrichien, auquel il pdt confier le soin d’opérer des fouilles sous la surveillance et aux condi- tions ordinaires de notre Service. Je lui désignai Smolenski, 4 qui Pidée de passer quelques semaines sous la tente sourit aussitét, et l'accord s’établit tres vite entre les deux hommes. Je leur accordai comme champ de recherches le district de Cheikh-Fadl et de Charrounah, et Smolenski alla s’y installer aux derniers jours de 1906. Charrounah lui fournit peu de choses, un tombeau de la VI° dynastie déja connu partiellement, les ruines d’une chapelle ptolémaique, un petit nombre de menus objets. Au début de février, il transporta ses chantiers sur la rive gauche du fleuve, prés de Tell-Gamhoud, dans la nécropole de l’ancienne Héracléopolis, et il y trouva un cimetiére presque intact de la basse époque ptolémaique. Pendant trois semaines il s’acharna sur les tombes, et il en tira des cercueils, des cartonnages, du mobilier funéraire, puis Pardeur méme qu'il mettait 4 sa besogne P’épuisa : il me pria de le remplacer par un de nos conserva- teurs, Ahmed bey Kamal, et il courut se reposer au Caire, Ses repos n’étaient jamais bien complets, et il se délassait d’une fatigue par une autre : il aborda l’explication des Mémoires de Sinowhit et, tout en se perfectionnant 4 la lecture des textes hi¢roglyphiques, il envoya des communications 4 divers journaux d'Europe, au Pays de Saint-Pétersbourg, au Livre et a la _ Revue historique de Varsovie, au Peuple et d 1a Parole polonaise de Léopol. Une fois méme en 1908, il donna dun journal du Caire, U’Etendard égyptien, un article de fond sur 1’Allemagne et la Pologne, dans lequel il exposait la guerre que la Prusse poursuivait contre ses compatriotes dans le grand- duché de Posen : mais trouvant que les tendances politiques du parti nationaliste étaient trop accusées, il en demeura 1a.
Quelques jours passés sur la concession de M. Bach, pres de Tell-
Gamhoud, vers la fin de 1 907, lui montrérent que Vactivité des fouilles lui était désormais plus nuisible qu’utile : il renonca d cette chasse aux antiquités qui lui plaisait tant, et il tourna ses énergies d’un autre cété. Il profita des fétes de PAques en 1908 pour parcourir rapidement avec son ami Geniusz
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la Palestine, la Galilée, une partie de la Syrie, et pendant les semaines qui suivirent il ne médita plus que voyages futurs. C’étaient malheureuse- ment illusions de malade, que l’on entretint soigneusement pour ne point Yattrister, tout en cherchant comment lui assurer dans T Egypte méme les moyens de se suffire honorablement pendant le peu de jours qui lui restaient a passer parmi nous. Le Comité d’organisation du deuxiéme Congrés international d’archéologie classique, qui devait se tenir au Caire vers les Paques latines de 1909, les lui procura. Il en fut nommé secré- taire adjoint, et il assuma sa fonction nouvelle a partir du 15 juillet 1908, sous ma direction. Pendant les premiers mois ce fut presque une sinécure , mais, ) partir de la derniére quinzaine de décembre, 1a correspondance augmenta dans des proportions considérables. Cependant ta maladie faisait des progrés rapides, et chaque jour qui s‘écoulait le laissait plus affaibli pour fa t4che du jour suivant. Les jeunes gens attachés au Comité, pour la plupart membres de 1’Institut d’archéologie du Caire, s’ingéniérent a le_ soulager sans qu'il s’en aperciit, mais malgré leur aide constante, il était contraint de s’arréter assez souvent pour reprendre haleine. Pendant la durée entiére du Congrés, du 2 au 16 avril, bien que sa fatigue fat grande, il tint a receyoir du matin au soir les arrivants, 4 les renseigner, 4 leur remettre les piéces justificatives dont ils avaient besoin, et sa souffrance n’eut jamais raison de sa bonne grace. Les congressistes partis, il voulut s’occuper encore de classer les documents relatifs aux séances et de préparer la pu- blication des Actes. Ce fut Paffaire d’un mois et demi, puis dans les premiers jours de juin, il partit pour Cracovie. 1 y tomba malade presque aussitot, et, accueilli 4 l’hdpital des Bons Fréres, il y mourut en paix le 2g aot : il fut enterré deux jours plus tard, dans l’un des cimetiéres de la ville.
La liste complete des articles et notices publiés par lui est trés longue pour une vie si courte. Je me bornerai 4 indiquer ici celles de ses cuvres quil avait composées pendant son séjour en Egypte, et, de préférence, celles qui ont trait 4 Pégyptologie :
1. Skargiana, étude sur Pierre Skarga, célébre prédicateur et écrivain polonais du xv" siécle, dans le livre dédié a la mémoire de Nicolas Rey, Zwieku Nicolaja Rea, Varsovie, 1905. — En polonais.
2. Sur V'état actuel des recherches égyptologiques, dans le Bulletin de I’ Académie des Sciences de Cracovie, 1906. — En polonais et en francais.
[6] — % —
3. Les fouilles austro-hongroises en Haute-Egypte en 1 907, dans le Bulletin de V’Académie des Sciences de Cracovie, 1907. — En polonais et en francais.
4. Wykopaliska Egipskie 1901-1906 (les dernidres fouilles failes en Egypte de 1901 21906), dans la Revue trimestrielle historique, 1. XX1, Léopol, 1907. — En polonais. :
5. Le tombeau d’un prince de la VI* dynastie a Charouna, dans les Annales du Service des Antiquités , 1907, t. VIII, p. 149-153; tirage & part de 50 exemplaires. — En francais.
6. Les vestiges d'un temple ptolémaique d Kom-el-Ahmar, prés de Charouna, dans les Annales du Service des Antiquités, 1908, |. IX, p: 3-6; tirage & part de 50 exemplaires. — En francais.
7. Komedye Menandra (les Comédies de Ménandre), dans la Revue polonaise , Cracovie, 1908. — En polonais.
8. Une intaille gnostique provenant du Fayoum, dans les Annales du Service des Antiquités, 1908, t. IX, p, g2-93; tirage & part de 50 exemplaires. — En franeais.
9. Le nom géographique SS es ou en , dans les Annales du Service des Anti- quités, 1908, t. IX, p. g4; tirage a et de 50 exemplaires broché avec le préeédent. — En francais.
10. Fragment d'une inscription grecque de l'empereur Trajan, dans les pp. du Service des Antiquités, 1908, |. IX, p. 190; tirage & part de 50 exemplaires. = En francais.
11. Le couvent copte de Saint-Samuel a Galamoun, dans les Annales du Service des Antiquités, 1908, t. IX, p. 20h-907; tirage & part de 50 exemplaires. — En franeais.
12. Nowveaua vestiges du temple de Kom-el-Ahmar, pres de Charouna, dans les Annales du Service des Antiquités, 1909, t. X, p. 26-27; tirage a part de 50 exem- plaires. — En francais.
Il laisse de plus en manuscrit un ouvrage sur Les peuples maritimes du Nord a P'époque de Ménephtah et de Ramsés IIT, et une Traduction des anciennes fables égyptennes : Yun et Yautre sont en polonais.
G. Masprro. Caire, le 28 novembre 1 go9.
Annales du Service des Antiquitées, T. X.
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Statue trouvée 4 Tell-Tiblah.
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Une des faces de l’autel de Ptolémée. Neos Dionysos.
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Annales du Service des Antiquités, T. X.
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Annales du Service des Antiquités, T. X.
Statue de la IVe dynastie.
DECOUVERTE
D'UNE
STATUETTE DE LA DEESSE NEITH DANS LE SOL DE PARIS")
PAR
M. PAUL HEURE.
La découverte d’une statuette égyptienne dans le sol de Paris est un fait assez rare pour ¢tre signalé I’attention des savants. Il s’agit d’une figurine de bronze de la déesse Néith, de o m. 072 mill. de hauteur. Malheureuse- ment la partie inférieure du corps a disparu : les jambes ont été brisées au milieu des cuisses, vers une ¢poque difficile 4 déterminer; toutefois la cassure est ancienne.
Ayant sa mutilation, l'objet devait mesurer environ o m. 110 mill. de hauteur.
Vers 1902, on pratiquait des lerrassements a Paris, sur la place de la Bastille , pour poser des tuyaux de conduite parallélement au Métropolitain; un tas de pierres provenant du lit de la Seine était placé en bordure des tranchées, et nous regardions machinalement si quelque épave de I’époque préhistorique ne se trouvait pas parmi les cailloux du diluvium, ou il n'est pas rare de rencontrer des silex taillés par la main de ’homme et recouverts du poli de riviére, mais rien d'intéressant ne s’offrait de ce cété-la. La tranchée avoisinante était creusée 4 une profondeur variant d’un métre a
© Ti nous a paru intéressant de pu- blier cette notice, ne fit-ce que pour altirer l’altention des savants sur les objets égypliens qui sortent parfois du sol dans les grandes villes de !Europe. J’ai vu naguere, il y a plus de trente ans, boulevard Saint-Germain, pres de la
Annales du Service, 1909.
ruelle, aujourd’hui disparue, du Port-a- TAnglais, dans le dallage du troltoir, un fragment de stéle en grés de l’dge mem- phite, portant des signes presque efla- cés. Je crois qu’avec un peu d'attention il serait facile de multiplier les exemples. —
G. M. 7
[2] <= 9 =
un métre et demi, presque au-dessus du tunnel du canal qui passe sous la colonne de Juillet. La terre provenant de cette tranchée était mélangée de débris de briques, de carrelages et d’ustensiles de terre cuite et de céra- mique de l’époque moderne et provenant de démolitions. Lorsqu’on creusa le canal Saint-Martin a différentes reprises, les terres qui se trouvaient sous la partie couverte actuellement par le tunnel du boulevard Richard-Lenoir furent rejetées dans les terrains des maraichers et dans les jardins situés non loin de 1\, tandis que celles provenant de la partie découverte du canal qui s’étend jusqu’a la Seine furent mélangées a des débris de toute sorte et servirent 4 remblayer les terrains avoisinants et notamment la place de la Bastille, ol de nouveaux apports ont servi a élever le niveau du sol a différentes époques depuis un demi-siécle. La partie basse du canal était creusée bien avant I’établissement du canal actuel; un large fossé amenait les eaux de la Seine aux pieds du chAteau fort, et les vieux mariniers de l'Yonne et de la Seine continuent d’appeler cette partie «les fossés de la Bastille », suivant la tradition de leurs ainés. C’est au milieu de ces débris que nous avons trouvé Ja statuette qui nous intéresse. )
D’autres collectionneurs ont sans doute découvert au méme endroit des objets de méme provenance, car, quelques jours aprés notre trouvaille, le Journal et Echo de Paris mentionnaient, sans plus de détails, que des bibelots égyptiens avaient été retirés du sol place de 1a Bastille. On pourrait se livrer 4 bien des suppositions sur la provenance de cette statuette et des objets mentionnés par les journaux. Le plus simple est dadmettre quils proviennent du cabinet d'un collectionneur et quils sont tombés ensuite en possession du premier venu, qui les aura mis au’ rebut, surtout sils étaient mutilés, et c'est le cas de notre statuette.
Y avait-il, dans le quartier Saint-Antoine ou dans les environs de la place de la Bastille, quelque artiste ou quelque amateur possédant une collection d’objets orientaux? Nos souvenirs de famille nous permettent d’affirmer que l’ainé des Chenavard, Antoine, avait chez lui et dans une maison amie, rue de la Roquette, quantité de documents et dobjets dart lui servant & la composition de ses dessins; 1a plupart de ces documents ont été dédaignés ou dispersés, du moins ceux qui se trouvaient rue de la Roquette; voila ce que nous pouvons ayancer. Tombant entre des mains quelconques, un débris comme celui qui nous occupe ne pouyait guére ¢tre
es se.
—s — [3]
considéré comme intéressant, et il se pourrait quil edt été abandonné au hasard, Hatons-nous de dire que ce n’est qu'une supposition bien vague, il faut en convenir, mais elle n’est pas invraisemblable. Les collectionneurs étant rares, autrefois, surtout ceux qui s’occupaient d’égyptologie, il est done permis de supposer qu’un savant artiste du quartier de la Bastille ait pu posséder une statuette égyptienne parmi ses curiosit¢s orientales.
Il serait curieux que cette statuette provint d’Antoine Chenavard ). Sous le régne de Louis-Philippe, cet artiste fut chargé, par I’Imprimerie royale, de dessiner les encadrements, les tétes de chapitres, les culs-de-lampe et les ornements divers de la Collection orientale. Le fleuron qui figure sur la couverture et sur le titre des ouvrages de cette époque sortis des presses de 1Etat fut dessiné par Antoine Chenavard et gravé par Breviére; la signature des deux artistes figure au bas du fleuron de grand format qui représente un faisceau de drapeaux tricolores entourant un écusson chargé de la Charte, orné du collier de la Légion d’honneur et surmonte de la couronne royale du gouvernement de Juillet.
La statuette qui nous intéresse représente 1a déesse Néith, coiffée de la couronne rouge, la t¢te légérement inclinée a droite et le cou entouré d’un
_ collier 4 cing rangs; le rang inférieur retombe sur la naissance des seins;
le corps est nu et les bras sont allongés verticalement sur les cdtés. La figure se distingue par une apparence joufllue que l’on rencontre
() Les Chenavard étaient deux fréres; le plus jeune, Paul, s‘illustra dans la peinture. Eléve d’Ingres, il exposa plu- sieurs de ses oeuvres en s'inspirant de cette maxime que le but de I’art est de traduire les pensées philosophiques. A une remarquable connaissance du dessin , il joignait une science approfondie de Yhistoire. Il envoya a l’Exposition univer- selle de 1855 sa Convention nationale et Jes meilleurs cartons de lHistoire de VHumanité quwil avait préparés en 1848 pour la décoration du Panthéon. — Antoine Chenavard, celui qui illustra la Collection orientale, était architecte. Né a
Lyon, comme son frére Paul, qui était de vingt ans plus jeune que lui, il fut professeur a I’Ecole des beaux-arts de sa ville natale et correspondant de I’Institut. Il a publié plusieurs travaux illustrés : Sur le goiit dans les Arts (1831); Voyage en Gréce et dans le Levant (1849-1858); Tombeaux (1851); Lyon antique restauré (1851), et plusieurs autres ouvrages artistiques. Il mourut presque centenaire a Lyon vers 1883. Ses dessins de la Collection orientale révelent une conception féconde par l’abondance des détails dans la composition d’ornements orientaux
dun style dégant. q °
[4] | — 100 —
rarement, nous semble-t-il, dans les effigies égyptiennes, qu'elle qu’en soit I’époque.
Vue de cdté, la déesse offre le profil d’un soldat a la position fixe. Ce rapprochement est d’autant plus apparent que la coiffure est ornée, au-dessus du front, d’un faisceau de plumes formant panache. Au sommet de l’arriére de cette coiffure il y avait sans doute un ornement qui a disparu; une légere cassure semble l’indiquer, ce qui contribue a rappeler la forme d’un képi dit 4 Ja Saumur, moins la visiére.
La face, les seins et le ventre de la déesse sont nets et d’une belle couleur de bronze; le reste du corps est recouvert d’une couche trés mince doxyde de cuiyre solidifié par le temps, ce qui donne a Pobjet une légére patine d’un marron yerdatre.
La fonte n’est pas de métal compact; cette statuette est creuse, ete peu d’épaisseur du bronze a contribué ad rendre facile la mutilation.
Nous laissons aux égyptologues érudits le soin d’étu- dier cette divinité qui n’a peut-étre de particulier que Vendroit ot elle fut trouvée“), Nos connaissances en égyptologie se sont bornées, il y a trente ans, 4 com- poser 4 I’Imprimerie nationale les articles publiés par M. G. Maspero dans le _ Journal asiatique, et i réunir typographiquement les signes du Compendium
des hiéroglyphes, toujours en usage 4 ’atelier oriental.
P. Heunt, Correcteur retraité de U' Imprimerie nationale, Bibliothécaire-Archiviste de Sens ( Yonne).
® Gest une Néith de l’époque ptolémaique, sans grande valeur artistique. —G. M.
ae ae
*
NOTES D’INSPECTION
PAR
M. GEORGES LEGRAIN.
LXIIl
SUR LE ROI THOTIEMHAT
ET LA STATUE DE DJAENHESRIT.
Le Service des Antiquités a acheté 4 Louqsor la partie supérieure d’une statue en calcaire jauni, appartenant a un individu nommé Je. tom § ow ; Djaenhesrit. Ce qui fait Pintérét principal de cette statue c’est que sur les épaules se
A trouvent gravés les textes ci-contre : >) | - n (IN8
A est gravé sur l’épaule droite, B sur © l’épaule gauche. £. ee ae
Ces deux textes nous apprennent que A shi BEAL HK celte statue fut octroyée par la faveur royale |@ | * @ du «roi de la Haute et Basse-Egypte Kho- P ed si pirnofirri Khaoui, aimé de Thot, seigneur e > dHermopolis, fils du Soleil Thotiemhat, aimé de celui qui est dans Hermopolis».
_Je ne connais pas d’autre monument od se trouvent l'un ou l’autre car- touche. Nous nous trouvons, trés probablement, en présence d’un pha- raon nouveau. Il convient d’essayer de déterminer Je plus exactement pos- sible l’époque a laquelle il vécut. Il est facile d’y arriver grace aux six lignes de texte vertical incomplétes qui sont gravées au dos de la statue, car nous y avons retrouvé une partie des noms qui composent la lignée de la famille Nakhtefmouti, généalogie publiée sommairement dans le Recueil
[2] : — 102 —
de travaux!) et sur laquelle nous publierons bientét une étude spéciale. Grace, surtout, au texte de la statue n° 378 de Karnak, appartenant 4 un 11,2, + 4 cf, Djotkhonsouefankh, qui vécut sous les rois Osorkon-si-Isit III et Takelot III, nous pouvons rétablir en grande partie le texte incomplet de la statue de Djaenhesrit. Nous publierons les deux textes parallélement, dés qu’ils coincideront, A désignant- le texte de Djaenhesrit, B celui de Djotkhonsouefankh :
AIMINAA4ieh Osha ase
A OO Ae isle ell 27a B 1S o42
MBG aaa == aS 4 B Mi: amt Um Bike ee. Shen
ASITIZ TL DE 4 B 1s. mm etc. V8. + 4s <, titres : a1 SH S—, titres : A ew Ne 1-2 Le 1-398 “| Bp titres: KKM OM SE fe C2903 eee el a alicessee elletesii ty alee
‘bit 2s =O
Recueil de travaux, 1905, t. XXVII, p. 75 et suiv.
= 0s [3]
Arrivé & ce lointain ancétre, le texte B continue : \ LS wa Y Cis oo ~ 1 — 1 > ’ ane 2 tig ee | BS BK Yi «est Yun fils de l'autre dans cette maison, de péres en péres, selon les temps, selon les rois». Puis vient le nom de la mere et enfin la dédicace qui va rattacher la cinquiéme ligne du texte A a la sixiéme. La clausule est possible dans la lacune, le nom de la mére de Djaenhesrit presque certain, la dédicace nécessaire. Celle du texte B est
‘ainsi congue : m= @@ —. {1 S13 VAL P77, puis viennent les
W
titres et le nom; le texte A fournit les titres suivants : ]! > \fa— A Al =c1> Y), et s'arréte brusquement 1a.
Le texte ainsi rétabli ou peu s’en faut, se traduit : « Le prophete d’Amon de Karnak, grand prétre de la demeure de Thot, scribe, ordonnateur, de la demeure de Thot...... de Thot, portant l’insigne i. Djaenhesrit, fils du quatriéme prophéte d’[|Amon de Karnak. Horsiész, fils du quatriéme prophéte d’Amon de Karnak, préposé au sceau], Nakhtefmouti, fils de Djotkhon- souefankh, |fils de Nsipaennoub, fils de Khonsoumehf, fils de Patikhonsou|, fils du pére divin d’Amon Meriouser-Khonsou, fils de Pa|nofirkha, fils de Toumhotpou, fils de Nsiramon, fils de Djanofre], fils de Pahonnounr, fils de Ouserhatmes [fils de Shbn. Sa mére est x. Dédié par son fils pour faire revivre son nom|,/le prophéte de Thot dans le temple de Karnak, [aj ~~, chef, ordonnateur, de la demeure de Thot.... x.»
Dans ma restitution du bas de la ligne 2, j'ai indiqué Djaenhesrit comme petit-fils de Nakhtefmouti. Peut-étre en fut-il larriére-petit-fils, cest-d-dire fils de Djotkhonsouefankh qui, lui aussi, était 4° prophéte d’Amon.
L’étude de la statue elle-méme nous fournit d’autre part quelques indices qu'il ne faut pas négliger d’observer. Le style indique la XXII° dy- nastie et la période qui s‘étend entre Osorkon II, Padoubastis I* et Osor- kon Ill. La coiffure, quoique non rayée, présente une grande analogie de forme avec celle de la statue de Djotkhonsouefankh dont nous nous sommes déja servi. Elle est basse sur le front, sans oreillettes, rejetée derriére les oreilles. La gravure des hiéroglyphes rappelle, elle aussi, celle de cette statue et de celles qui forment le groupe de la famille Nakhtef- moult.
Tous ces indices m’engagent 4 proposer Djotkhonsouefankh comme pére de Djaenhesrit de préférence 4 Horsi¢si. Nous aurons alors le tableau
tee — 104 —
généalogique suivant ob jai combiné les renseignements fournis par la statue de Djotkhonsouefankh et celle de Djaenhesrit :
WK S yk ol [#) x ue Syl = NSS | |
- Be Ab pez wis ress =G=ks Zar (2 ¥Ni-) ( Osorkon 1}
=\=.+ ie PIs Nous avons disposé a gauche les cartou-
—— ches de Thotiemhat qui sont gravés sur les al épaules de la statue de Djaenhesrit et & droite | p J 2. ae) les cartouches gravés sur les épaules de la Low statue de Djotkhonsouefankh et dans lesquels Ask nous reconnaissons ceux d’Osorkon III et de k i ° } Takelot III qui régnérent simultanément pen- <a dant la jeunesse de Shapenapit I", avant que 4 i if Egypte n’appartint a VEthiopien Kashta et la | campagne de Piankhi. Le roi Thotiemhat aoe serait ainsi un de ces nombreux roitelets qui sal aia s‘étaient partagé TEgypte ou plutét avaient ea ee rétabli au moins quelque temps la féodalité Kj sur les rives du Nil. Rien ne nous apprend quelle fut la durée | M1 de son régne, sans doute éphémére, que nous placons avant Kashta et la campagne de {| (hn Piankhi, comme le régne d’Osorkon III et de — | kelot III : a= | bd Takelot III.
La mention du dieu Thot d’Hermopolis, prés des cartouches de
cathy | ee [5]
Thotiemhat, doit-elle nous faire voir. dans ce roitelet un prédécesseur du Nimrod d’Hermopolis que vainquit Piankhi? Ce fait serait intéressant 4 noter pour I’édification future de Vhistoire de la principauté d’Hermopolis qui reste encore a faire.
Faute d'autres documents, nous ne pouvons aujourd'hui qu’y recon- naitre un prédécesseur sinon un de ces $+ ¢ *_'7,, rois de Haute-Kgypte que Piankhi soumit (ligne 17) au moins pendant quelque temps. En résumé, la statue de Djaenhesrit vient nous apporter un nouveau docu- ‘ment sur la période qui précéde la conquéte éthiopienne, époque ot tous les chefs de clan, les grands feudataires soumis jadis aux pharaons se déclarérent indépendants et prirent les cartouches royaux.
Jai peu a dire au sujet de celui auquel fut dédide la statue, c’est-d-dire de Djaenhesrit lui-méme. Par son pére, il descendait du roi Horsiési, par sa mére de Takelot et d’Osorkon II. Sa carriére sacerdotale parait avoir été consacrée particuli¢rement au culte de Thot, mais je crois qu'il exerca ses fonctions 4 Thébes, dans le temple-succursale que devait y avoir Thot, a Yexemple de Ptah et des autres dieux qui formaient la Paout © du dieu et mangeaient 4 sa table comme ¢tant ses vassaux. |
Ce temple doit exister quelque part 4 Karnak. De nombreux textes contemporains le mentionnent ainsi que les membres de son clergé.
Djaenhesrit se présente 4 nous, accroupi, drapé dans un manteau dont le pan tombe du poignet droit: ses deux mains sont étendues a plat sur ses genoux. Sa face est ronde et souriante, avec ses yeux agrandis, ses sourcils bien faits et sa barbe en trapéze. Le souhait qu'il formait est
gravé sur le pan de son manteau : |S 117 O xpi ¥=— 7] f] TD ws —_—_~-_ pi a a W; oe WY, — Y lie t® 78m 1722 a7, mais nous n’en connaissons pas la fin. D’aprés les nombreux textes de ce genre, nous pouvons croire qu'il demandait aux prophétes et lecteurs de rituel qui entraient dans le temple de Thot d’orner sa statue de fleurs et d'intercéder auprés du dieu pour que son double put chaque jour se
repaitre des victuailles qui étaient déposées sur la divine table d’of- frandes.
Karnak, 95 janvier 1909.
[6] 406
LXIV SUR UNE STATUE DU ROI OUGAF.
J'ai déja eu deux fois Poccasion de m’occuper du roi Ougaf, la premidre fois pour faire connaitre son nom méme, inconnu jusqu’alors"), puis en 1907, grace a la plaquette Rubensohn, pour proposer d’adjoindre ce car-
touche a celui de et fournir presque en son entier le protocole
royal de ce pharaon”,
La méme année paraissait The Egyptian Sudan, de M. E. A. Wallis Budge, ott je retrouve (I, p. 484-485) une statue qui ne peut appartenir qu’au roi Ougaf, la plaquette Rubensohn indiquant que le second car-
—
ment M. W. Budge, mais (de=), Ougaf.
M. W. Budge trouva cette statue acéphale dans
le sanctuaire du temple de Tahraqa 4 Semneh. lé Elle est en grés, haute de o m. 20 cent., et re- présente un roi assis, vétu de la tunique courte du Hab-sadou, avec collet dorsal. La poitrine est couverte d'un large collier. Le roi tient serrés lef etlel\. a
Sur le cété droit du siége cubique sont gra- ~ @
touche ne doit pas étre lu (Wor). comme le propose dubitative-
(11 aL Ae =i
a vées assez maladroitement trois colonnes de texte 1K i ‘ 5 — hiéroglyphique, ott, grace 4 la plaquette Ru- ove ‘ | bensohn, nous pouvons lire désormais avec cer- titude :
Je renvoie pour le reste au beau livre de M. W. Budge auquel, grace 4 un document qu’il ne pouvait connaitre lorsqu’il découvrit cette statue, je propose aujourd’hui une lecture différente de la sienne.
(1) ‘ iquité: Annales du Service des een, hogs pe ake, ¥he oe t. VI, p. 130, «Le roi Ougaf et 1a plaquette Rubensohn» , Notes
Ougaf>, Notes d’inspection, § XVIII. inspection, § XLIX. ® Annales du Service des Antiquités,
oe see [7]
Je ferai remarquer que, grace 4 la statue de M. Budge, la plaquette Rubensohn a désormais une valeur historique beaucoup plus grande que jadis, car, auparavant, ce texte pouvait avoir quelque chose de douteux, si on le considérait comme un devoir d’éléve. I] semble aujourd’hui ¢tre la copie fidéle d’un texte ancien que I’écrivain de 1a palette Rubensohn avait sous les yeux et reproduisait maladroitement.
M. W. Budge a signalé (op. cit., p. 486) tout Tintérét que présente la statue ot figure la plus ancienne mention du dieu Tetun, et pense que notre roi était d’origine soudanaise ou nubienne. J’ajouterai que le costume de Hab-sadou que porte Ougaf tendrait 4 montrer qu’il recut jadis un culte funéraire 4 Semneh.
Nous possédons trop peu de monuments de Khoutoouiri Ougaf pour pouvoir aujourd’hui préciser davantage et écrire son histoire, ébauchée en quelques années a peine. Il faut attendre encore d’autres documents.
6 juin 1909. LXV
SUR UN OUSHEBTI DU TEMPS DE KHOUNIATONOU ET LE SCARABEE N° 5993 DE TURIN.
M. Wiedemann") et M. Maspero™) ont publié deux oushebtis de l’époque atonienne; ce ne sont pas les seuls qui datent de Ja révolution religieuse d’Aménothés IV : voici quelques années, j'ai copid le texte ci-dessous qui. couvrait une trés belle statuette funéraire dont un marchand de Louqsor demandait un prix trés ¢levé.
Eile était en bois et aussi joliment sculptée que celle que le Musée du Caire vient d’acquérir, mais la coiffure était composée d’une grande per- ruque a larges naltes et bandeau cervical, comme en portaient les grandes
dames de la fin de la XVIII° dynastie.
® Wievemaxn, On a monument of ) Masreno, Le Musée égyptien, t. Ill, King Chu-en-Aten, dans les Proceedingsde —_ p. 27, pl. XXIII. la Société d’arch. bibl. t. VIL, p. 200, 203,
(3) =~
Je ne sais ce qu’est devenu ce monument; le texte que j'ai copié jadis permettra peut-étre de le retrouver dans quelque collection :
SMI B= 8 CSRS NG
gas i or
Poe UTTAR ISS AS
SYRoMS TRIE ToEiohoh IT) PN d(C SIT SST MSS TAalSi—
\ =e 1 ae <a ran esas Sane Say sabes
mV ST N+
On le voit, la statuette de Pi, la favorite d’Aménothés IV, est couverte d'un texte différent de celui des deux autres oushebtis connus. Il ne débute pas par le proscynéme & Atonou vivant et pour finir, aux dernidres lignes, la formule de l’oushebti ordinaire, le début du chapitre v1 réapparait.
Nous avons 14 un monument de transition, dans le genre de ces Frag-
ments de canopes que nous avons pu- bliés jadis“) et que j’achetai pour le compte du Musée a peu prés a la méme époque ott je copiai le texte de la statuette de la dame Pi. Puisque nous sommes, dans cette note, a l’époque atonienne, je puis, grace & trois estampages que m’a obligeamment fournis M. Ballerini, _ donner une copie du scarabée @Apii' (n° 5993 du Musée de Turin) que je crois meilleure que celle fournie par Lanzone dans le
Regio Museo di Torino, t. IL, p- 209:
+ Aaa ashe Sth omMSoliae SiaTY-o8= Als I pn Strulrate eye one oon eae ae et 6 sah
Lenom de \ Sf) "4A, Apii, n’est pas rare 4 cette époque. Celui du sea-_ rabée de Turin était chef des ouvriers, ou mieux des porteurs de corbeilles de Hatnoub, c’est-d-dire aux carriéres d’albAtre situdées dl’est de Tell el-Amarna.
Lecrain, Fragments de canopes, dans les Annales du Serv. des Ant., t. 1V, p- 138.
AOD [9]
Un autre | Sf" 44g cut son tombeau a Haggi Qandil (n° 10). Il y porte les seuls titres de +i «scribe royal» et de rat «majordome», et aujourd’hui pas plus que jadis") je ne sais si ces deux Apii furent un seul et méme personnage ou vécurent parallélement 4 la méme époque.
Une sttle du Musée du Caire provenant d’Abydos et revue récemment pour I’établissement de mon Répertoire généalogique et onomastique du Musée du Caire mentionne encore un ihe i fils de Abs dont la | sour s'appelait 4 | gf. Celui-ci porte le titre de JSS Sl TNA
“Oo Uf (Rep., n° 268).
Nous savons déja quel était cet Aten Tahen, ce «disque resplendissant » qui 4 un certain moment fut substitué 4 Amon thébain),
Vai, dans mon Répertoe, signalé ceux qui observaient son culte; tout d'abord, ces nombreuses {| =} «favorites royales» (> | = Tf J€ { «de 1a demeure du disque resplendissant, le grand» (Rép., n° 216), puis le
i} | | fe “Kila * loz | | J «Pouvrier du temple d’Atonou,
Houi> (Rép., n° 205), i Me Rome NS RT QD ewekil du sa du disque at Karoaa» (Rép., n° 266), le ih ae ts 1)
KX} «scribe d’Aten resplendissant, Pashodou», le \J =" o Tf = i 4 J «le gardien d’Aten resplendissant, Neb-ansou». J’ai oublié d’y join- dre le ih ry yom 4 bl — , 4 |= «scribe chargé des greniers de la demeure du disque»; —? | \& | 4g «Hataai»®
M. Wiedemann nous a fait connaitre la =,\— J
M. Maspero le Ae yi? RF «wekil Hait».
Peu a peu, la liste de ceux qui adorérent Atonou s’augmente et je crois
edame Qati>,
quil serait intéressant d’en publier une liste plus longue que celle-ci et que celle dressée voici quelques années ‘par M. Aug. Baillet® . Nous le ferons dans un prochain travail.
Le Caire, 7 juin 1909.
“) Bourianr, Lecratw et Jéquien, Monu- ments pour servir a l'étude du culte d’Ato- nou en Egypte, tb,
) Lecrain , Fragments de canopes , dans les Annales du Service des Antiquites ,
t. IV, p. 138.
‘) Daressy, Rapport sur la trowvaille
de — ! h i | NJ, dans les Annales du °
Service des Antiquités, t. Il, p. 1. ® Ava. Baizer, Les fonctionnaires du régne de Khounaton, Recueil de travaux,
1go1, t. VII, p. 140.
[10] — 140 —
LXVI
SUR LA MERE D’AMENIRITIS I".
Dans ma note d'inspection n° XXXIV, «Sur un fragment de statue Osiris» (Annales du Service des Antiquités, 1906, t. VII, p. 48), jémettais Yopinion qu’Ameniritis I" devait étre plutdt la fille de Pabatma que de Shapenapit I". Kashta, ainsi, aurait innové le principe de Vadoption des princesses de sang royal par les divines épouses d’Amon.
Un fragment de statue récemment acheté par le Service 4 Louqsor vient entiérement confirmer cette hypothése vieille de prés de quatre ans. Je décrirai ainsi ce monument.
Srarverre p’Ameniritis 1". — Granit gris. — Hauteur actuelle o m. 45 c. — Parait provenir du sebakh.
Attitude, Femme assise sur une chaise cubique gf, la main n gabe posée
4 plat.sur le genou. (L’autre main et la partie supérieure de la statuette (
manquent. )
Costume. Tunique étroite, lisse, moulant le corps, lombant presque aux chevilles. Les pieds sont nus.
Couleurs. Aucune trace.
~ Inscriptions. Le tableau suivant indique leur disposition : A sur le montant :
gauche du siége, B entre les pieds d’Ameniritis, C sur le montant droit du siége, D sur la face supérieure du socle, 4 cdté du pied gauche, E sur la face supérieure du socle, cdté du